Concert Motörhead - Zenith de Paris - 04/11/09

Par Scred | le 05/11/2009 | Les autres articles sur le Hard Rock

Bêtes de scène
J’ai regardé la Bête dans les yeux et elle m’a souri... Elle a dardé son regard rouge sur moi et m’a dit : « Vois, vois les hordes venues me rendre hommage.
Concert Motörhead - Zenith de Paris - 04/11/09 Vois ces hommes puissants aux cheveux gris et à la peau recouverte de ma marque, chevauchant leurs monstres de métal au mépris du temps et de l’âge. Vois ces enfants aux joues roses arborant ma face sur leurs vêtements, vois la flamme qui brûle dans leurs yeux. A présent, contemple ma descendance, la chair de ma chair, vois Motörhead »

Et j’ai vu...

J’ai vu une jeune vestale prénommée Izia affronter une armée de Motörheadbangers avec un courage et une puissance de feu propre à faire s’écrouler la Montagne du Destin, enchaînant crânement les morceaux d’un premier album à peine sorti de l’oeuf, et s’en sortir indemne. Il fallait voir les vieux bikers revenus de tout applaudir la môme Higelin en hochant la tête en signe d’approbation... Ils ne s’attendaient pas à celle là ! En un peu moins d’une demi-heure sur scène, Izia a mis tout le monde d’accord, avec des titres comme « The Train », « Hey Bitch » ou le déjà fameux « Back in Town », et a réussi un pari que beaucoup avant elle avaient perdu.

Puis j’ai regardé de nouveau la Bête pour voir si elle goûtait le spectacle. Pour toute réponse, elle a ouvert grand sa gueule hérissée de crocs et de ses entrailles ont surgi trois hommes. Le plus grand des trois, tout de noir vêtu et coiffé d’un Stetson a empoigné une basse Rickenbecker gravée de feuilles de chênes et a grondé : « We’re Motörhead and we play Rock n’ Roll » !

Et dans un tonnerre de décibels, la cérémonie commença sur les premières notes de « Iron Fist » et sa suite traditionnelle, « Stay Clean ». Lemmy, l’homme en noir, reste droit dans ses bottes en face de son ampli fétiche (le terrible « Murder One ») malgré le déluge sonore qui souffle des enceintes, pendant que Phil Campbell lutine d’un bout à l’autre de la scène sur le rythme de mastodonte imposé par Mikkey Dee à la batterie.

Pendant une bonne heure, Motörhead va livrer à son public un show total, sans aucun temps mort, en piochant dans son vaste répertoire des titres rares (« Another Perfect Day », « Over the Top »), des vieux souvenirs (« Metropolis », « Bomber ») et des brûlots plus récents (« One Night Stand », « In the name of Tragedy » sublimé par un solo de batterie infernal de Mikkey Dee).

Au rang des moments de grâce, on pourra citer « Just cos’ you got the power », précédé d’un petit discours de Lemmy Kilmister sur le peu de confiance que tout un chacun se doit d’accorder aux politiciens (et l’on se prend à imaginer un certain nabot attaché de force à « Murder One », obligé d’encaisser en saignant des oreilles le solo incendiaire de Phil Campbell) ou encore ce « Whorehouse Blues » texan en diable où Mikkey rejoint Phil à la guitare acoustique pour accompagner un Lemmy plus Billy Gibbons que jamais... j’ai même cru voir une pelote d’herbe sèche traverser la scène !

Motörhead termine son set par le binôme fétiche « Ace of Spades/Overkill » et je jette un dernier regard à la Bête avant de lever le camp. Elle ferme les yeux de contentement et semble ronronner doucement, comme apaisée par l’offrande...

They’re Motörhead and they played Rock n’ Fuckin’ Roll !
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