Concert Metallica à Paris Bercy 01/04/09

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Métal

Back to the Front
Il y a un paquet de raisons d'aimer Metallica. On peut bien entendu s'attacher à la musique, ce heavy metal que l'on a appelé " Trash " faute de mieux au début de leur carrière et qui a su conquérir la planète entière malgré une démarche foncièrement anti-commerciale (au moins sur leurs quatre premiers albums).
Concert Metallica à Paris Bercy 01/04/09 On peut aussi se sentir proche des hommes, James, Lars, Kirk, Cliff et Jason, et maintenant Roberto, qui font partie des rares musiciens que l'on appelle familièrement par leur prénom, comme si c'était des potes. James résumera ce sentiment en une phrase pendant le concert d'ailleurs, "on est une grande famille Metallica". Ouais, une famille. Qui salue le retour de ses membres après cinq ans d'absence comme il se doit.

Après une ouverture poussive du groupe The Sword, dont l'un des membres doit connaître intimement un gars de la production pour avoir pu se retrouver là, la vraie première partie débarque sur scène dans un déluge de décibels bien lourdes. Machine Head est à la hauteur de sa réputation, impressionnant de puissance tant sonore que physique. Phil Demmel impose sa carrure de colosse en portant sa guitare à bout de bras comme s'il s'agissait d'une plume et Robert Flynn conquiert immédiatement le public en le faisant participer activement.

"Headbang motherfuckers !", on ne se fait pas prier... Mention spéciale pour le titre "Imperium", un classique qui prend en live une dimension infernale et qui me rend personnellement très impatient de revoir Machine "fucking" Head sur scène, en tête d'affiche cette fois !

Mais la tête d'affiche en question ce soir, c'est Metallica. Comme à leur habitude, les Four Horsemen font leur entrée sur "The Ecstasy of gold" d'Ennio Morricone dans un Bercy plongé dans l'obscurité qui sent chaque poil de son corps se hérisser. Y'a pas, je ne connais aucun groupe qui fasse une entrée aussi majestueuse... En même temps c'est normal, nous sommes en présence des rois du genre ! Histoire de ne pas laisser l'émotion de retomber, ils nous balancent coup sur coup les deux premiers titre de leur dernier album "Death Magnetic", "This was just your life" et "The end of the line".

Petite anecdote : au moment d'enregistrer cet album, Lars Ulrich faisait écouter les quelques démos qu'il en avait à ses amis et confrères. Ces derniers, impressionnés par l'agressivité des titres et surtout par leur vitesse d'exécution, lui faisaient remarquer qu'il faudrait les jouer sur scène ces morceaux, et qu'à leur âge cela n'allait pas être de la tarte... Ben fume ! Sur scène, Metallica les joue PLUS VITE que sur l'album ! Et parfaitement en plus... D'ailleurs en parlant de vitesse, les hommes en noir n'ont pas peur de se frotter aux morceaux les plus speed de leur répertoire. "Disposable Heroes", "Damage Inc.", "Phantom Lord", comme au bon vieux temps, n'ont pas pris une ride et se marient à la perfection avec les compositions plus récentes.

De "Death Magnetic", Metallica jouera six titres en tout, dont "The Judas Kiss", "Broken, Beaten and Scarred", "Cyanide" et "The day that never comes". Chaque chanson est accompagnée d'effets pyrotechniques gigantesques, de lasers qui feraient passer un concert des Pink Floyd pour une attraction de la Foire du Trône ou bien d'un mouvement de cercueils monstrueux situés à quelques mètres au dessus de la scène centrale. Grandiose et à la mesure du statut de géants de rock que sont Metallica...

Au milieu de ce déluge de sons et lumière, Metallica nous réserve également quelques accalmies ("The Unforgiven", "One", une version très poignante de "Nothing Else Matters") ainsi que leurs plus grands classiques, "Master of Puppets " en version intégrale jusqu'au rire sardonique final, "Enter Sandman", "Sad but true", "Harvester of Sorrow" et bien sûr "Seek and Destroy" sous une pluie de ballons noirs frappés du logo du groupe.

James Hetfield n'a pas chanté aussi bien depuis des années, Kirk Hamett joue les virtuoses tout en restant très proche du public, Lars Ulrich cogne comme un damné et Roberto Trujillo assure le spectacle comme il l'a toujours fait au sein des nombreux groupes qui ont bénéficié de son talent.

Et puis il y a ce petit cadeau au début du rappel, le petit truc en plus qui fait la différence, "Stone Dead Forever" de Motörhead, comme ça pour le fun ! Qu'un groupe de cette importance continue encore aujourd'hui à rendre hommage à ses ainés et à régaler son public par ce genre d'attention en dit long sur la mentalité de Metallica, encore et toujours les dieux incontestés de cette musique sauvage qu'on appelle le Métal. Un concert énorme donc, qui rassure grandement sur l'état de forme d'un groupe qu'on croyait fini il n'y a pas si longtemps et qui a su tirer de ses déboires (sans jeu de mot) la force de venir botter les fesses de leurs concurrents ! Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ... ("Broken, Beaten and Scarred")
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.