Concert Juliette Lewis and the Licks au Bataclan- 13/10/06

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

Quand Juliette s'en mêle...
Une cellule nue, éclairée par un néon blafard, avec juste un lit de fortune coincé dans l'angle de la pièce. Au centre de la pièce, Mallory Knox chante qu'elle est "naturally born bad"...
Concert Juliette Lewis and the Licks au Bataclan- 13/10/06 ...puis se rue contre la porte de son cachot tête la première et s'assome sous les yeux médusés des flics qui la regardaient par le judas (dans le film) ainsi que des techniciens et du réalisateur Oliver Stone (sur le plateau). Juliette Lewis est comme ça... Dans la vie, à l'écran et sur scène où je la regarde débouler en vinyle et débardeur noir proclamant "Je ne regrette rien" en français dans le texte s'il vous plait !

Et c'est exactement le même regard halluciné de Mallory qui me cloue sur place, un regard urgent, implorant et dictatorial à la fois, un regard de tueuse, de folle furieuse...ou de rockeuse !

Je me sens à poil, j'ai vachement chaud, qu'est ce que je fous là?

Retour en arrière.

Hier soir, le Bataclan ouvrait ses portes au festival "Les femmes s'en mêlent" soit trois concerts énervés mettant en avant des nanas qui ont fait profession de foi de notre musique préférée. Passons sur le premier groupe assez médiocre même si très bruyant (chez moi c'est une qualité) pour dire un mot des adorables Plastiscines qui faisaient office de régionales de l'étape ! Quel chemin parcouru déjà... et il parait que l'album se vend bien !!! On comprend pourquoi en les regardant dérouler leur set crânement tout en regrettant d'avoir oublié les protections auditives parce que qu'est ce qu'elles jouent FORT !!!

Des p'tites Ramonettes, de gentilles Paris Dolls, des Heartbreakeuses au chocolat, on pourrait trouver un gros paquet de convergences cradoques comme ça mâtinées de ce petit truc typiquement français et pop au sens Wahrolien du terme... Vivement qu'elles aillent faire un tour à New York voir en vrai à quoi il ressemble le CBGB, gageons qu'il n'en sortira que du bon. Bref, ce serait un plaisir de s'étendre plus longtemps sur ces demoiselles (oops je crains de l'avoir déjà faite celle là...) mais ceux qui me lisent savent déjà tout le bien que je pense d'elles, je ne vais pas me répéter.

Juliette donc...

Exit le nom de famille, c'est "Juliette and the Licks" qu'on est venu voir, comme le Patti Smith Band ou Janis Joplin and the Kozmic Blues Band, etc. Comme on aurait pu dire aussi Jim Morrison and the Doors tant tellement c'est au Roi Lézard qu'elle renvoie le plus dans ses postures, ses danses à moitié chamaniques, ses déhanchements face au pied de micro (art qui se perd et c'est drôlement dommage), son charisme quoi !

En parlant d'indiens c'est avec une plume sur la tête qu'elle entame le concert, symbole de son dernier album "Four on the Floor" aussi indispensable que le premier qui sert de base à cette chronique. La scène est assez troublante, tant cette fille dégage d'énergies différentes, violence, sexe, effort, urgence, autant d'émotions qui peuvent se compléter dans diverses situations mais qui, réunies dans un concert rock, rendent le truc tout simplement jouissif. On a envie de cogner et de baiser, de courir loin ou de sauter sur place, mais surtout, surtout de continuer à écouter cette musique le plus fort possible...

Elle était faite pour ça, elle ÉTAIT ça à l'écran dans la peau de Mallory ou de la vamp de "Strange Days", ça aussi en adolescente naïve dans "Les nerfs à vif" dont elle a gardé le corps pas complètement adulte qui ajoute encore un truc au charme vénéneux de la belle... Me prenez pas pour un pédophile hein? La référence en la matière s'appelait Tracii Lords...Et la musique là dedans? Du rock qui transpire ("Hot Kiss", "Sticky Honey"), du punk déchaîné ("So amazing", "You're speaking my language"), quelques passages plus lents mais toujours empreints de la moiteur de l'ambiance ("I never got to tell you what I wanted" sublimissime), le tout enrobé d'un groove infernal.

Le groupe est bon, c'est une certitude, mais surtout il est cohérent avec Juliette, il lui appartient et on n'assiste pas au délire classique de la bande de zicos recrutés par la maison de disque pour faire bonne figure derrière la star... Star pas bégueule qui prône le contact physique direct avec ses musiciens comme avec le public, comme pour faire tomber une barrière de plus.

Grand.

Comme ce "Death of a whore" ("La mort d'une pute") chanté en partie dans la foule et qu'elle achève en rampant littéralement sur scène en râlant "Oh my god"...En résumé, quand Juliette s'en mêle, ça donne le rock n' roll show le plus authentique qu'on puisse imaginer, où les fans des Stooges comme d'AC/DC trouveront leur compte tout comme les fans de l'actrice elle même !!! En effet, si l'on aime la violence et l'absence totale de retenue qu'elle offrait dans ses films, il est virtuellement impossible de ne pas tomber à genoux en pleurant des larmes de sang devant la perfection de sa reconversion...

"Get up" scande-t-elle pour nous raconter l'histoire de sa nouvelle vie et on ne peut que faire ce qu'elle ordonne, on se lève, on bouge notre cul (dixit Chabat) et on va s'acheter "You're speaking my langage" et "Four on the Floor" édités chez Hassle Records parce évidemment, une minette comme elle ne pouvait pas se faire signer sur une major sans en chopper des boutons plein la gueule !!!

Qui a dit "elle est parfaite"?

Ben j'crois que c'est moi en fait....
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