Concert Eric Clapton & Steve Winwood - Bercy 25/05/2010

Par Scred | le 27/05/2010 | Les autres articles sur le Rock

Foi retrouvée
L’histoire du rock fourmille de groupes éphémères aux concerts légendaires dont le souvenir reste gravé dans le cœur des amateurs par le biais des articles des journalistes présents au bon moment au bon endroit…
Concert Eric Clapton & Steve Winwood - Bercy 25/05/2010 C’est le cas pour The Dirty Mac par exemple, qui réunissait John Lennon, Keith Richards, Mitch Mitchell et (déjà) Eric Clapton, ou plus récemment Temple of the Dog (une fusion des membres de Soundgarden, Pearl Jam et Mother love Bone) mais le plus célèbre d’entre eux reste Blind Faith.

Auteurs d’un unique album à la pochette mythique représentant une jeune fille nue, visiblement mineure, tenant entre ses mains une sorte d’avion argenté à la forme phallique, Blind Faith célébrait la rencontre entre Eric Clapton que l’on ne présente plus et Steve Winwood, le chasseur de primes le plus courtisé du rythm n’ blues anglais, récemment démissionnaire de son groupe Traffic avec le bassiste Rick Grech. Ginger Baker, ancien complice de Clapton au sein de Cream venait compléter la formation.

Les retrouvailles de Clapton et Winwood ayant déjà été immortalisées il y a peu sur un double album live au Madison Square Garden, on attendait peu de surprises de ce concert à Bercy, juste le plaisir simple de se retrouver projetés quatre décennies en arrière en fermant les yeux car il faut bien dire que les deux hommes ont quelque peu changé depuis cette époque bénie des swinging sixties…

Belle erreur !

Loin de coller à la setlist de l’album, le tandem a ressorti de son coffre-fort quelques perles inattendues telles que le « Gimme Some lovin’ » de Traffic, « Key to the Highway » dans une version électrique tonitruante contrastant avec un « How long blues » acoustique du meilleur effet, enchaîné à « Driftin’ » joué par un Clapton seul en scène, de la même manière qu’il l’aurait fait assis sous un porche de cabane en bois perdue dans un bayou de Louisiane…

Pour le reste, les gentlemen du blues anglais ont délivré une partition quasi parfaite, sur les titres de Blind Faith bien sûr en ouvrant le concert par un « Had to cry today » qui n’a pas pris une ride et en offrant au public une version acoustique du sublime « Can’t find my way home » enfin fidèle à l’originale tout comme « Well all right » et « Presence of the Lord », mais aussi sur diverses reprises comme le très émouvant « Georgia on my mind » (où Clapton et Winwood se sont fendus d’un dialogue guitare/orgue qui aurait tiré des larmes au grand Ray Charles lui-même) ou encore le « Voodoo Chile » de Jimi Hendrix, sommet de la carrière discographique de Winwood qui tenait déjà les claviers sur l’original.

Quant aux grands hits que sont « Cocaine », « Layla » (en version unplugged, dommage ça…) ou « After midnight », on a beau les avoir entendus douze milliard de fois et regretter le manque d’improvisation histoire de corser un peu l’affaire, cela reste une part de l’histoire du rock qui force le respect et on se console en profitant du groove infernal de « Glad », un morceau plus rare et tout aussi jouissif !

Au final, on était venu chercher auprès de ces deux légendes une petite parcelle d’histoire, une évocation fugitive de l’une des meilleures périodes du rock et c’est exactement ce que l’on a eu pendant plus de deux heures…

De quoi retrouver la foi.
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.