Concert AC/DC à Paris Bercy le 27/02/09

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Hard Rock

Courant continu
Ahhh, quel plaisir de sortir enfin à découvert, les cornes à l'air...
Concert AC/DC à Paris Bercy le 27/02/09 Plus besoin de se cacher dans la masse, de dissimuler sa vraie nature démoniaque car ce soir à Bercy, les suppôts de Satan sont les bienvenus ! Il n'y a qu'à regarder la foule qui remplit la fosse et les gradins du Palais Omnisport pour s'en convaincre : une personne sur trois arbore fièrement une paire de cornes lumineuses qui, une fois la lumière éteinte, donnent à la salle l'ambiance d'une antichambre de l'enfer.

Les premiers à en bénéficier sont les excellents musiciens de The Answer, groupe irlandais choisi par AC/DC pour assurer leur première partie lors de cette tournée européenne... Sacré honneur fait à ces petits jeunes qui se situent entre Led Zeppelin et The Black Crowes et qui relèvent le challenge haut la main. Pas évident pourtant. Une demi-heure de set balancé avec conviction et une réelle présence scénique, sans complexes. Cela vaudra le coup de jeter une oreille sur leur nouvel album, "Everyday Demons" (comme par hasard) qui sort cette semaine... A suivre donc.

Mais bon ! Si on est tous là ce soir, en famille, c'est pour applaudir les vétérans du boogie électrique, les rois du blues rock avec du poil autour, j'ai nommé AC/DC ! L'attente est d'autant plus fébrile que cela fait huit ans que le groupe ne s'est plus produit sur une scène française... Huit ans, soit un an de plus que la durée de la carrière des Beatles pour donner un ordre de comparaison, c'est long ! Alors soit, l'album "Black Ice" a rassuré tout le monde, AC/DC en a toujours sous le pied, mais le studio c'est le studio. On peut se demander ce que ça donne lorsqu'il faut tenir deux heures d'affilée devant un public exigeant alors que la cinquantaine a été dépassée depuis belle lurette...

Car exigeant, le public d'AC/DC l'est, tant il a eu l'occasion de voir et de revoir Angus Young réaliser des performances incroyables sur les nombreux témoignages live sortis en DVD (notamment l'extraordinaire coffret "Plug Me In" publié en 2007).

Dès le départ, le ton est donné. Le petit film d'intro traditionnel est une petite merveille d'humour graveleux et de cabotinage propre à AC/DC, où l'on découvre un Angus Young diabolique pousser une locomotive jusqu'au point de rupture malgré les assauts de deux bimbos lubriques... Peine perdue, la locomotive déraille et vient finir sa course sur scène alors que le groupe entame bille en tête "Rock n' Roll train", le premier single extrait de leur dernier album, qu'ils enchainent avec un "Hell ain't a bad place to be" fort à propos.

Le son est énorme, tout le monde est à sa place et l'on a d'yeux que pour l'éternel petit garçon en culottes courtes avec sa Gibson SG en bandoulière. On a d'ailleurs pas trop de problème à le suivre du regard tant il semble statique par rapport à d'habitude... Un petit "duck walk" par ci, un bond devant le batteur (Phil Rudd, sacrément esquinté par le temps qui passe entre autre) par là pour marquer la fin des morceaux mais c'est tout. Alors que Brian Johnson est toujours égal à lui-même, Angus Young semble un peu éteint, je suis navré d'avoir à le dire. Cela n'empêche pas AC/DC d'assurer le show en étant fidèle à sa légende. " Back in Black ", " Big Jack ", " Dirty deeds done dirt cheap ", " Shot down in Flames ", les classiques se suivent ponctués de nouveaux morceaux jusqu'à " Thunder struck " où Angus se fend d'un " duck walk " sur un parcours vitré, suivi par une caméra en dessous afin de rappeler le clip de ce morceau d'anthologie...

Par le grand fourchu, le tempo est peut être un peu ralenti mais ça envoie ! Après un "Black Ice" très réussi (quel riff !) Angus Young nous offre son striptease habituel sur "The Jack" pour le plus grand bonheur du public de Bercy, déjà à genoux. Petit retour sur la période "Back in Black" avec "Hell's Bells" (arrivée de la cloche géante, toujours un grand moment) et "Shoot to thrill" puis on revient sur le dernier album avec le très dansant " Anything Goes" et "War Machine" illustré par un film hilarant qui a pour conséquence qu'on en oublie presque de regarder le groupe sur scène !

La dernière partie du concert sera consacrée aux morceaux immortels d'AC/DC, "You shook me all night long", "TNT", "Whole lotta Rosie" (et sa poupée gonflable géante qui tape du pied en mesure, si !) et un "Let there be rock" d'anthologie où Angus semble enfin se libérer et redevenir le petit diablotin facétieux d'antan... Solo à rallonge, crise d'épilepsie au milieu du public, même le volume semble avoir augmenté ! Il était temps...

Le rappel est sans surprises, "Highway to Hell" et "For those about to rock" avec ses indispensables canons viennent clore cette réunion de famille infernale d'où l'on sort heureux et un peu nostalgiques à la fois. D'accord, personne ne leur arrive à la cheville. D'accord, avec un répertoire comme le leur, il y aura toujours des chansons qui nous manqueront, c'est normal. Mais que dire de ces morceaux joués au ralenti ? De notre Angus qui ne court plus de gauche à droite de la scène sans arrêt ? Une seule chose, c'est moche de vieillir.
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