Coldplay - "Mylo Xyloto"

Par Scred | le 25/10/2011 | Les autres articles sur le Pop

Perfect Pop
Il a du nez, Brian Eno… Après avoir largement contribué à placer U2 dans une autre galaxie (de plus en plus lointaine malheureusement), « Mylo Xyloto » est le second album qu’il produit pour les anglais de Coldplay, le groupe qu’il est de bon ton de détester devant témoins et que l’on ne peut s’empêcher de trouver bon lorsqu’on l’écoute dans l’intimité de son baladeur…
Coldplay - "Mylo Xyloto" Pourquoi tant de haine d’ailleurs ? Trop pop pour être honnêtes ? Très mauvais argument, U2 a bâti sa carrière là dessus. Pas assez rock alors ? Depeche Mode s’en est toujours moqué, ce qui ne les a pas empêché de devenir l’un des plus grands groupes du monde. Des chansons trop accessibles, dans ce cas, trop « commerciales » comme si cela pouvait être un gros mot ? Ben, et Oasis alors ? A ce propos, les frères Gallagher n’ont jamais caché le mépris qu’ils nourrissaient à l’égard du groupe de Chris Martin, non pas à cause de leur musique (ce serait l’hôpital qui se fout de la charité), mais de leurs fringues, argument de poids s’il en est, vous en conviendrez…

On n’aura rien épargné à Coldplay décidément, ni les insultes, ni les avanies d’un procès en plagiat, honte suprême pour un musicien (même si le groupe a été lavé de tout soupçon). Cependant, dans ce petit monde, le seul juge qui compte a rendu son verdict et il est sans appel : le public aime Coldplay pour la justesse de ses mélodies, la grâce de son chanteur, cette impression d’évidence qui accompagne chaque écoute de leur musique et ce nouvel album risque bien de confirmer cet attachement.

En effet, « Mylo Xyloto » (aucun rapport, il est fils unique), loin de montrer le moindre signe d’essoufflement de la part de Coldplay, nous offre la vision d’un groupe ambitieux qui cherche à pousser encore plus loin sa quête de l’harmonie parfaite entre guitares et machines, entre rythmes et mélodies, le tout sublimé par une production impressionnante dirigée de main de maître par un Brian Eno jamais en panne d’idées.

Quatorze titres et presque autant de singles potentiels, voilà ce que nous propose le nouvel album de Coldplay, qui dit mieux ? Naviguant sur une mer d’huile faite de rythmiques entrainantes et d’airs immédiatement accrocheurs, le groupe aligne les perles pop, à l’image de « Hurts like heaven », « Paradise » et « Every teardrop is a waterfall », enchaine avec une poignée de ballades efficaces (« Us against the world », « U.F.O », « Up in flames ») absolument pas anecdotiques, et se permet même de taquiner la bande à Bono sur son propre terrain (« Major Minus », « Don’t let it break your heart »), parvenant même à rendre la voix de Rihanna intéressante ("Princess of China").

Mais au final, ce qui force le respect, c’est que le son Coldplay reste immédiatement identifiable tout au long de l’album… Ce groupe a su se forger une identité avec une immense humilité sans jamais aller piller l’héritage des anciens, pas une seule chanson où l’on pourrait se dire « tiens, ça ils l’ont piqué à X ou Y ». Coldplay joue du Coldplay et le joue de mieux en mieux… Comme disait le Colonel, 50 000 000 fans ne peuvent pas se tromper !
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