Cokpit - "Break The Line"

Par Scred | le 20/04/2011 | Les autres articles sur le Rock

Décollage immédiat
Je me demande parfois si je ne suis pas un peu snob… En effet, il suffit qu’on me parle d’un groupe de jeunes rockers français pour que je sente mon poil se hérisser ! C’est injuste mais que voulez-vous, cette allergie s’est quelque peu développée au contact du matraquage de la pop faussement garage de certaines formations hexagonales promptes à faire grimper les adolescentes au rideau…

Cokpit - "Break The Line" C’est donc avec un plein sac d’idées reçues (par mail, modernité oblige) que je me suis attelé à l’écoute de « Break the line », le premier EP des parisiens de Cokpit, sans en attendre autre chose qu’une pierre supplémentaire à mon église de la Sainte Détestation des musiciens pré-pubères bien de chez nous. Et vous savez quoi ? J’adore me tromper.

Cokpit est un groupe jeune, nous l’avons déjà souligné. A ce titre, leurs influences transparaissent aussi clairement que les intentions d’un politicien en période d’élections ! Nous sommes en présence d’émules du rock made in Seattle, biberonnés aux Foo Fighters et à Nirvana qui ne cherchent pas à affirmer une quelconque fascination pour les Kinks ou les Who histoire de se donner un genre… Certainement qu’ils aiment ça, mais ils ne s’en vantent pas.

« Break the line » qui ouvre l’album et lui donne son titre et « Someway » sonnent tellement Foo Fighters que l’on doit se pincer pour vérifier qu’on n’est pas en présence d’inédits du groupe de Dave Grohl ! Mais loin de tomber dans le plagiat, il faut avouer que ça sonne plutôt pas mal. Les guitares sentent le soleil, les refrains percutent et la voix de François Bonnet étonne par sa justesse et sa puissance.

C’est d’autant plus vrai sur les titres clairement sous influence Nirvana que sont « Don’t Wait » (qui évoque immédiatement un certain « Stay Away ») ou encore « Sally » qui, s’il peut rappeler vaguement « Polly » au niveau du titre, reprend surtout les codes du groupe de Seattle dans sa construction générale. On remarquera un très beau travail de production, une batterie efficace et fort bien mise en valeur et une fois de plus, des parties vocales très réussies qui soutiennent la comparaison sans le moindre problème avec les groupes anglo-saxons, ce qui est plus que rare.

Pas de fautes d’accent, du coffre, du bon hurlement primaire très loin des jérémiades de la concurrence à propos d’une certaine Houna si vous voyez ce que je veux dire… En résumé, Cokpit a tout du bon college band faisant ses premiers pas dans le métier. On pourrait trouver à redire sur le nom du groupe, à la rigueur, mais en même temps tous les bons noms sont déjà pris ! Il ne leur reste plus qu’à se débarrasser de l’ombre de leurs aînés, un petit poil de maturité musicale afin de développer un style plus personnel, et je ne vois pas ce qui pourrait empêcher ce Cokpit là de voler très haut de leurs propres ailes !
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