Clara Luzia - "Falling into place"

Par Scred | le 08/07/2011 | Les autres articles sur le Folk

Gourmandise Viennoise
L’Autriche est un petit pays, c’est un fait. Cela ne veut pas dire qu’il ne s’y passe pas de grandes choses et qu’il ne cache pas des merveilles insoupçonnées… En effet, au cœur de Vienne vit une jeune femme à la voix plus douce qu’une après-midi d’été sur les rives du Danube et au talent au moins aussi éblouissant que les jardins du palais du Belvédère.
Clara Luzia - "Falling into place" Clara Luzia n’en est pourtant pas à son coup d’essai, puisque « Falling into place » est son quatrième album, au rythme d’un tous les deux ans. Depuis le premier, « Railroad Tracks » (2006), la jeune autrichienne promène sa poésie mordante et mélancolique sur les rails d’un voyage artistique exemplaire, illustré par son propre personnage au regard rêveur qui orne chacune de ses pochettes.

La musique de Clara Luzia pourrait se décrire comme une pop folk inspirée, à mi-chemin entre les comptines douces amères de Regina Spektor et les envolées mystiques d’une Kate Bush. Chaque chanson mérite une attention particulière, que ce soit pour profiter pleinement des multiples arrangements qui les composent, un mariage subtil entre guitare acoustique, cordes classiques et piano, pour savourer l’ironie des paroles (« Colors »), leur pertinence (« Love in times of war ») ou tout simplement leur beauté simple et directe (« The Waving ones ») ou enfin pour déguster la voix très particulière de Clara Luzia, faite de fragilité et d’assurance.

Et puis il y a les mélodies, immédiatement attirantes comme le parfum de cette fille que l’on croise dans la rue et qu’on n’ose pas regarder de peur de ne plus pouvoir faire demi-tour, sur « The Waving ones » dont nous parlions plus haut, le délicat « Release the sea », le guilleret « Snowwoman » ou encore « Forty » qui envoûte l’auditeur dès les premières notes par l’évidence de son propos et l’harmonie qui s’en dégage.

Clara Luzia ne se limite d’ailleurs pas aux ballades romantiques sur « Falling into place », comme le prouvent l’excellent « Frame » avec ses légères touches électroniques, « We can only loose » qui ouvre l’album sur un rythme faussement désinvolte ou même « The Scale » avec son final digne de Coldplay. La belle ne semble pas vouloir se fixer de barrières, histoire d’éviter de s’enfermer sans doute, et le résultat transpire à chaque mesure d’une liberté et d’une fraicheur indéniables.

« Falling into place » était donc un titre judicieux pour cet album qui tombe à pic pour nous rappeler qu’il n’y a pas qu’en Angleterre que l’on sait composer ce genre de musique, et une raison supplémentaire de redécouvrir l’ensemble de l’œuvre de la talentueuse viennoise... Je ne suis d’ailleurs pas le seul à le penser puisqu’elle est l’égérie du Gals Rock, la boutique parisienne des filles qui écoutent autre chose que Skyrock, depuis un bon moment. C’est elles mêmes qui m’ont mis ce petit joyau entre les mains, et c’est chez elles que vous aurez le plus de chances de trouver ce disque encore très mal distribué par ici. On appelle cela joindre l’utile à l’agréable !
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