Chroniques du Hellfest 2015 – Volume 2

Par Scred | le 01/07/2015 | Les autres articles sur le Métal

Légendes d’été
Le réveil après un premier jour de Hellfest est toujours un chouilla tendu… Les membres sont un peu douloureux, la gorge légèrement pâteuse, les coups de soleil récoltés la veille se rappellent à votre bon souvenir mais enfin quoi, c’est le Hellfest ! On se caféine la tronche, on se crème le reste et en avant pour le deuxième épisode !
Chroniques du Hellfest 2015 – Volume 2 D’autant plus que mes chouchous de The Answer ouvrent le bal sur la Main Stage 1 avec leur rock seventies qui semble se foutre des modes… Trop court cependant, à mon humble avis, après avoir ouvert pour AC/DC il y a quelques années, les diables d’irlandais auraient mérité une meilleure programmation ! Cela n’empêchera pas la bande de Cormac Neeson (que nous auront la chance d’interviewer un peu plus tard dans la journée) de tout donner une fois de plus, égrenant les titres de leur dernier album « Raise A Little Hell » (indispensable) entrecoupés de morceaux plus anciens comme les désormais classiques « Demon Eyes » et « Under The Sky ». Tout simplement génial.

Le soleil tapant toujours aussi dur, il est temps d’aller se mettre à l’ombre et d’aller faire un petit tour à l’Extreme Market, sorte de marché aux puces du métalleux dominant la place du village éphémère qu’est le Hellcity Square où l’on pourra également retrouver des boutiques de fringues, un stand Marshall et d’autres joyeusetés concoctées par les sponsors du festival telle une taverne d’aventuriers aux couleurs de World Of Warcraft !

Le temps d’aller jeter une oreille au set de l’ami Ace Frehley (ex-Kiss) qui nous prouve une fois de plus qu’il était une grande partie de l’âme du groupe (super final sur « Deuce ») et d’aller applaudir les surprenants ASG, véritable machine à riffs Stoner en provenance de Caroline du Nord à découvrir sans attendre, qui ont fait monter d’une bonne centaine de crans la température sous la Valley, il est déjà l’heure d’aller voir les australiens incontrôlables d’Airbourne !

Incontrôlables certes, mais quand la technique s’en mêle, c’est une autre histoire. Après un départ sur les chapeaux de roue sur un « Ready To Rock » séminal, voilà t’y pas que la sono… saute ! Aucun problème pour Joel O’Keefe qui, après avoir distribué bières et bouteilles d’eau au public, décide que ça va bien comme ça et recommence à jouer en poussant les amplis à fond ! Certes, seuls les premiers rangs profitèrent de « Too Much, Too Young, Too Fast » mais qu’importe ! Quel beau moment de rock n’ roll !

Aucun problème de son pour nos vieilles copines de L7 qui semblent s’éclater sur leurs classiques « Shitlist », « Pretend We’re Dead » entre autres, rameutant souvenirs et festivaliers, le temps d’attendre l’entrée en scène des Inimitables Finntroll sur la scène du Temple, prise d’assaut par une meute de vikings fans de Folk Metal ! Pour la première fois, l’on se dit qu’une main stage n’aurait pas été du luxe pour les scandinaves, d’autant plus que c’est Slash qui occupe la place pendant ce temps là…

Slash. Non mais franchement. Certes, le garçon assure le show, certes, Myles Kennedy chante bien mais comment dire… On a l’impression d’avoir déjà vu ça cent fois ! De plus, les morceaux du dernier album étant ce qu’ils sont (c’est à dire pas géniaux), votre serviteur a ressenti les prémices de ce que l’on pourrait qualifier d’ennui profond ! Un début d’overdose de « Sweet Child O’Mine » ! Les avis semblent partagés sur la question cependant puisque le public a l’air d’apprécier, du coup passons…

Car c’est bientôt l’heure d’aller découvrir un groupe culte sur la Warzone, Bodycount ! Ice T’s Bodycount, les mecs de « Copkiller » et « KKK Bitch » ! Une sorte d’OVNI thrashy rap censuré à l’époque, je ne vous refais pas l’histoire… J’avais mis ce concert tout en haut de ma « wishlist » et j’aurai ADORÉ vous en parler sauf que voilà, premier couac de la part de la programmation, la scène est impossible à approcher. L’espèce de goulot d’étranglement qui marque l’entrée de la Warzone est complètement saturé de gens au point qu’avec la chaleur, cela en devient presque dangereux. Ayant croisé des gens qui s’y étaient pris à l’avance et ont pu assister au concert, je peux cependant vous dire que c’était mortel ! Le groupe aurait dû être programmé sur une Main Stage, voilà tout…

Détail amusant, pour éviter de payer la dîme sur le merchandising aux organisateurs du festival, le crew d’Ice T vend ses casquettes à la sauvette au milieu de la foule ! « Gangsta Paradise », décidément, ces mecs sont des vrais !

Tout comme les vétérans de ZZ Top qui s’avancent sur la Main Stage 1, barbes en avant et blues en bandoulière. On pourrait se demander le pourquoi d’une telle invitation au Hellfest, mais ce serait oublier un peu vite l’aspect « extrême » de la musique des texans… Du blues certes, mais joué comme personne à part eux ne sait le faire, suintant, électrique, torride à souhait. Le révérend Billy Gibbons bénit ses ouailles au moyen d’une superbe Telecaster Roadworn rouge sang et on sent que le salut est à portée de main au travers des grands classiques du groupe qui s’égrènent un par un (mention spéciale au génial « Pincushion » assez rare dans leurs setlists).

La tension monte encore d’un cran alors que le jour baisse et que Faith No More investit la Main Stage 2 voisine… Grosse sensation, le groupe étant extrêmement rare sous nos latitudes, on attend beaucoup de la prestation de Mike Patton d’autant plus que le nouvel album du groupe, annoncé comme la cinquième merveille du monde, ne casse finalement pas trois pattes à un canard. Au final, c’est bel et bien une déception qui nous attend… L’arrogance et la morgue de Patton gâche le talent des musiciens pourtant impressionnants, le plaisir est absent d’autant plus que la setlist évite soigneusement les grands titres mythiques du groupe, à l’exception d’une version faiblarde de « Epic » et d’un « We Care A Lot » assez réussi clôturant le show sur une note positive mais insuffisante pour faire oublier le reste. Dommage.
P
as du tout le même son de cloche chez les barbares d’Obituary, les légendes du Death Metal made in Florida (venus défendre un nouvel album, « Inked In Blood » qui, lui, est excellent !) vont mettre tout le monde d’accord ! Dès les premières notes de « Redneck Stomp », on sait ce qui nous attend, du Death viscéral pratiqué avec détermination et bonne humeur par des buveurs de bières en shorts camouflage qui n’ont plus rien à prouver ! Pied intégral, ça mosh tous azimuts, on revit !

C’est donc à regrets que je quitte l’enceinte de l’Altar pour aller découvrir un groupe qui titille ma curiosité sur la Valley voisine, Triggerfinfer. Des belges, tiens donc ! Des mecs qui ne ressemblent à rien (ou à un mélange de profs de lycée et de proxénète mafieux) mais qui ont tout compris ! Le trio nous propose un rock classique, certes, mais exécuté comme si leur vie en dépendait, étonnant et jouissif !

Alors que les ténèbres se sont enfin emparées du site Clissonnais, quel meilleur moment pour aller applaudir un autre groupe cultissime, j’ai nommé Venom. Inventeurs du concept même de Black Metal, trublions du Heavy Metal britannique, précurseurs de ce que l’on appellera un jour le Thrash, le CV du groupe toujours mené d’un gant de fer clouté par Cronos est impressionnant, tout comme sa prestation. Sombre, endiablé au sens propre du terme, le métal de Venom ne vieillit pas, conserve toute sa lugubre splendeur au travers de titres légendaires tels que « Buried Alive », « Comtess Bathory » ou encore « Black Metal », mais aussi sur les morceaux récents comme l’excellent « Long Haired Punks » !

Un petit détour infernal plus que réjouissant, d’autant que le descendant autoproclamé du Maître des Ténèbres est déjà installé sur la Main Stage 2 pour clore cette seconde journée, le sieur Marilyn Manson soi-même qui, par comparaison, fait pâle figure (et pas seulement à cause de son maquillage). Bouffi, à moitié absent, en manque de charisme, l’épouvantail favori des bigots américains n’a plus vraiment l’air dangereux… Certes, il est toujours plaisant de réécouter « moBscene », « The Beautiful People » et « Antichrist Superstar », mais on aurait aimé se les prendre en pleine tronche plutôt que de hocher la tête distraitement en attendant que quelque chose se passe…

Mais je fais la fine bouche, la journée a été riche en bons moments et ce n’est rien comparé à ce qui nous attend demain ! Hardi !



Photo
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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