Chroniques du Hellfest 2014 - Volume 2

Par Scred | le 03/07/2014 | Les autres articles sur le Métal

Au Phil du temps
Difficile d’émerger après une telle première journée de festival… La chaleur, l’excitation suscitée par les groupes de la veille (qui composaient l’essentiel de ma wishlist) et les quilles de jus de raisin pourvues par un écossais faisant honneur à la réputation de son noble peuple en sont la cause. Mais bon, quand faut y aller… Surtout qu’aujourd’hui, c’est souvenirs au programme ! Retour à l’adolescence, madeleine tout bien, voyage sur la ligne de mémoire comme disent les yankees, je m’explique…
Chroniques du Hellfest 2014 - Volume 2 Pour les lèves tôt, ça commence à 11h00 du matin avec les légendaires et cultes Killers ! N’ayant trouvé personne d’assez fou pour aller headbanger à l’heure où certains viennent à peine de se coucher, je ne pourrais pas vous dire comment le concert s’est déroulé mais les intéressés nous donneront leur opinion dans ces pages d’ici pas longtemps puisque notre équipe a eu la chance de les rencontrer.

Dans la série vieux briscards, un peu plus tard sur la Main Stage 1, ce sera au tour de Skid Row de venir taquiner la fibre de la nostalgie. Certes, Skid Row sans Sebastian Bach, ce n’est plus vraiment Skid Row mais tout de même ! Avec un nouvel album dans les tuyaux et quelques classiques (« Big Guns », « Piece Of Me », « 18 & Life », « Youth Gone Wild »), le groupe parvient à maintenir l’illusion, reste juste à fermer les yeux et on y est !

Plus sérieusement, le groupe qui prend place sur la Main Stage 2 dans la foulée est beaucoup plus excitant… On connaît peu Buckcherry en Europe et c’est un tort. Les californiens qui vont bientôt fêter leurs 20 ans de carrière (tout de même) ont pourtant tout pour plaire ! Un hard rock vintage influencé par AC/DC (une cover de « Big balls » était au menu) et Free, quoi de mieux pour se décrasser les oreilles ? Mords un peu ce « All Night Long » balancé à plein volume, c’est y pas bon ça ?

L’après-midi avance, passons rapidement sur la prestation calamiteuse de We Came As Romans (du Christian Rock au Hellfest, non mais franchement) pour nous intéresser à une autre réminiscence adolescente, j’ai nommé Extreme. Autant vous dire que je n’attendais pas grand chose du groupe de Nuno Bettencourt et Gary Cherone… Si « Pornograffitti » reste une référence du genre, les années ont passé et avec elles, les modes. C’est donc avec désinvolture que je m’installe pour… Et bien pour prendre une claque ! Certes, Cherone ne chante plus comme à la grande époque mais le timbre est encore là, quant à l’ami Nuno, son jeu de guitare n’a pas pris une ride et fait la nique sans complexe à papy Van Halen !

Les classiques s’enchaînent, de « Decadence Dance » à « It (‘s a Monster) » en passant par « Hole Hearted » et une version assez émouvante de « More Than Words » où le groupe de Boston a pu constater (à sa surprise manifeste) que personne ne les a oublié. Grand moment de gratitude réciproque entre des musiciens et un public, c’est pas si souvent et ça fait du bien.

Changement d’ambiance lorsque les marseillais de Dagoba prennent la scène pour asséner leur Death Industriel bien brutal, sacrée transition ! Voilà un groupe qui aurait eu sa place sur une autre scène, histoire de libérer la place pour Clutch qui se produit (encore) sous une tente (la Valley pour ne pas la nommer), programmation maladroite qui a pour résultat un envahissement en règle de l’espace clôt, rendant l’ambiance suffocante et la possibilité d’apercevoir le groupe quasi nulle !

Qu’importe. En seulement une petite heure de concert, le groupe de Neil Fallon va mettre tout le monde d’accord en proposant une setlist idéale alternant pépites de leur nouvel album (« Earth Rocker », « DC Sound Attack ») et grands classiques (« The Regulator », « Electric Worry »), le tout en suant de grosses gouttes visibles depuis le fond de la tente, partageant en cela l’état du public, public qui n’a pas fini de transpirer puisqu’à peine le show terminé, il est temps d’aller applaudir Soulfly !

Le Hellfest, c’est pas de tout repos, ce n’est pas Max cavalera qui dira le contraire… Désormais accompagné par son fils Zyon derrière les fûts, l’ex-leader de Sepultura nous offre une prestation coup de poing agrémentée des traditionnels « Refuse /Resist » et « Roots Bloody Roots », et des quelques classiques que comptent son « nouveau » groupe (« Tribe », « Eye For An Eye ») avec qui il joue désormais depuis plus longtemps que celui qui l’a fait connaître…

Le soleil décline, la chaleur retombe et un énième dilemme se pose à nous. Allons nous toucher le mythe avec Deep Purple ou nous éclater les neurones sur le rock psychédélique de Monster Magnet ? Honneur aux anciens, ce sera le pourpre profond… Le groupe de Roger Glover et Ian Gillan n’est plus de la première fraîcheur, certes, mais cela suffit bien à nous reposer les oreilles ! Quelques titres extraits de « In Rock » (« Into The Fire », « Hard Lovin’ Man »), les trucs mythiques que sont « Hush », « Black Night » et bien sûr « Smoke On The Water » et nous voilà replongés dans l’Histoire de notre musique fétiche ! Pas de fioritures, juste ce qu’il faut de classe, on aprrouve.

En parlant de classe, les clients qui suivent ne sont pas mal non plus… Lorsque Aerosmith prend la scène devant la quasi totalité des festivaliers massés devant la Mainstage 1, c’est l’autre livre de la création du hard rock qui s’ouvre, exit les anglais, bienvenue en Amérique ! Vous décrire la setlist choisie par le groupe de Boston serait fastidieux, qu’il me suffise de dire qu’ils ont allégrement pioché dans le back catalogue (« Back In The Saddle », « Train Kept A Rollin’ »), nous réservant même quelques raretés (« No More No More ») tout en saupoudrant le tout avec les immanquables (« Mama kin », « Love In An Elevator », « Same Old Song And Dance », etc.)

Quant aux gars, et bien… Disons que le rock conserve même lorsque l’on a hérité du surnom « Toxic Twins » ! Steven Tyler et Joe Perry, même dissimulés sous une couche de maquillage plus épaisse que les lèvres du premier, font une excellente impression ! Vifs, impliqués et faisant le show en grands professionnels, ils sont loin de donner l’impression de cachetonner, et ça c’est bien… Il paraît même que Tyler aurait offert au public une très belle version de « Dream On » tout seul au piano. Je dis il paraît parce que j’ai dû m’éclipser au milieu du concert pour cause de rendez-vous avec un vieil ami…

Comment qualifier autrement Philip H. Anselmo, aussi appelé « Philou » dans nos contrées ? Pas sûr que l’intéressé comprenne pourquoi le public de la Valley scande ce petit sobriquet par ailleurs… Non pas parce qu’il ne parle pas français, mais plutôt parce que comme il le fait remarquer avec humour, « les organisateurs du Hellfest auraient dû se douter qu’en me faisant jouer à minuit, je serai pas mal bourré ! ». Peut être étais-ce le but recherché… Car un Phil Anselmo éméché, c’est la garantie d’un concert énergique ! Et plein de surprises…
Pas moins de quatre reprises de Pantera (« Hellbound », « Domination/Hollow », « Death Rattle », « A New Level »), deux de Superjoint Ritual (« Fuck Your Enemy », « Waiting For The Turning Point ») et de nombreux extraits de son dernier album solo, autant de coups de boutoirs qui expliquent pourquoi on l’aime autant, un sentiment définitivement réciproque. Concert de la journée, y’a pas photo !

Et c’est déjà l’heure de rentrer sur les riffs (trop) propres d’Avenged Sevenfold, dernière ligne droite du festival, il faut garder des forces car demain, on plonge dans les ténèbres…
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