Chroniques du Hellfest 2014 - Volume 1

Par Scred | le 26/06/2014 | Les autres articles sur le Métal

From Dust Til Damn
Rhâââ ! Après un an de sevrage, on y est, le Hellfest est de retour ! Tous les ans, c’est la même chose, on fait semblant de rien, manière de conserver une certaine objectivité journalistique, on chipote sur le prix des billets de train, les prenant au dernier moment histoire de dire que ce n’est après tout qu’un festival comme les autres et puis vlan ! On replonge comme un amant avec une maîtresse que l’on s’était juré de ne plus toucher… Et pourquoi donc Gédéon ? Mais parce que c’est BON nom de Dieu ! Car même le très Saint Père aime le Hellfest, la preuve, tu peux croiser son Fils à la buvette (véridique). Attachez vos ceintures et planquez les mômes (ou pas, nous y reviendrons), comme chaque année notre équipe vous offre un compte rendu détaillé des festivités, en avant !
Chroniques du Hellfest 2014 - Volume 1 Et en parlant d’équipe, laissez-moi vous dire que pour l’édition 2014, on a vu les choses en grand ! Outre votre serviteur toujours fidèle au poste, mon alter égale des ténèbres mademoiselle Peggy, la photographe que Rolling Stone Magazine nous envie, et l’inénarrable Manu Le Barbu, docteur es interviews fleuves des gloires du métal 80’s d’outre Rhin, l’ami Finn Chaoslord, souverain ombrageux du Throne Of Thanatos a rejoint notre mauvaise troupe pour un partenariat qui augure de lendemains qui chantent (fort) afin de nous faire bénéficier de ses talents multitâches derrière le micro, l’objectif, le clavier et la borne WiFi (les premiers reports en live, c’est lui !) bref, on est arrivés chargés comme un nazaréen en pleine escalade du Golgotha !

D’autant qu’en ce vendredi 20 juin, premier jour du Hellfest, l’affiche donne la chair de poule… Ils l’ont fait. Iron Maiden. J’ai presque envie de finir le paragraphe ici tellement c’est… Iron Maiden quoi ! Le reste du programme en a des allures de bonus ! Mais allez, ne brûlons pas les étapes, le soleil est là pour ça… Parce que que ça cogne mes enfants ! En vieil habitué du Hellfest, j’avais emporté le K-Way dans le sac à dos, grave erreur ! Cette édition 2014 s’est avérée plus sèche qu’un coup de trique ! Conséquence involontaire, un nuage de poussière en suspension accompagnera les festivaliers durant tout le week end, faisant le bonheur des vendeurs de foulards et ajoutant une dimension épique au moindre pogo !

Ce qui ne sembla pas déranger les copains de Loudblast, notre légende Death hexagonale forts d’un nouvel album magistral (chroniqué quelque part dans ces pages) qui aurait d’ailleurs été plus à sa place un poil plus tard dans la journée et sur l’une des Main Stages au lieu d’être confiné dans la tente de l’Altar… Opinion personnelle que je partage et qui reviendra sur le tapis plusieurs fois pendant le festival, j’y reviendrai.
En même temps, il faut dire que sur les scènes principales, il y avait du beau monde ! Entre les irlandais de Therapy ? qui ont fait vibrer la corde sensible du souvenir ému de « Troublegum », Rob Zombie fidèle à sa grandiloquente image de monstre de série Z (plutôt en forme ce jour là), et Sepultura qui reprend du Sepultura (© Finn) avec une belle énergie, il y avait le choix !

Un choix rendu ardu par les options proposés par les autres scènes, et autant de découvertes à faire comme les étonnants teutons de Kadavar qui ont mis tout le monde à genoux avec leur Stoner étonnamment authentique sous la tente de la Valley (dévouée à ce genre aride au parfum de désert qui collait impeccablement à l’ambiance), ou encore les impayables Turisas bien décidés à déclencher le Ragnarok sur la scène du Temple !

Mais tout ça, c’était avant… 21h00, le soleil se couche paresseusement et enfin le moment est arrivé… La Vierge de Fer foule ENFIN le sol de Clisson ! Bruce Dickinson a d’ailleurs du mal à réaliser puisqu’il s’exclame « Bonsoir Paris » avant de se reprendre ! Sacré Bruce… Il nous refera le coup pendant le reste du concert ceci dit, mettant un point d’honneur à s’exprimer dans un français parfait au risque de flirter avec les énormités mais c’est aussi pour ça qu’on l’adore de ce côté-ci du Channel…

De la performance d’Iron Maiden, que dire qui n’ait déjà été dit ? Dernière salve du « Maiden England 88 Tour », le show des anglais nous propose une setlist parfaite, composée en majeure partie de titres du légendaire « Seventh Son Of A Seventh Son » agrémenté de quelques perles telles que « Revelations » ou encore « Phantom Of the Opera », le tout servi avec une splendide énergie qui laissera le public aux anges (façon de parler).

Ah, le public, parlons-en. Quel bonheur de voir le Hellfest s’agrandir, attirer plus de monde chaque année, prouver s’il en était encore besoin que le métal a une audience dévouée qui sait répondre présent, sauf que… Avec plus de 150 000 festivaliers sur trois jours, l’accès à certains concerts devient presque impossible à moins de planter sa tente devant la scène une heure avant ! Certes, la sono permet de passer un bon moment même si l’on se trouve au dernier rang mais tout de même… Fini le bon vieux temps où l’on pouvait se placer près de l’action sur le côté de la Mainstage n’importe quand. Un mal pour un bien en somme.

Et c’est logique ! Plus les groupes sont importants et de fait, accessibles à un plus large public, plus l’affluence sera grande ! D’autant plus qu’on vient en famille au Hellfest, avec femmes, enfants et même poussettes ! Cependant, une fois la grosse tête d’affiche passée, une bonne partie de la foule se disperse et l’on peut un peu mieux profiter du reste du programme qui s’avère à la fois alléchant et problématique… Slayer ou Walls Of Jericho ?

Je décide de couper la poire en deux et d’aller prendre une méga baffe metalcore avec le groupe de Detroit emmené par la délicieusement bourrine Candace Kucsulain qui entame son set sur la scène de la Warzone. Walls Of Jericho c’est toujours un bonheur, une violence calibrée, revendicatrice, cathartique et oui, disons-le, utile ! Le groupe nous offrira quelques uns de ses classiques augmentés d’un inédit dédié aux victimes du cancer, un sujet qui semble tenir à cœur à miss Candace, cette dernière jetant toute son énergie dans la bataille en haranguant le public à grand renforts de « Circle Pits ! », donnant naissance par la même occasion à un nuage de poussière en forme de champignon atomique !

Mais voilà, Slayer joue en même temps, il faut donc s’arracher à contrecœur de la fosse pour aller découvrir sur la Mainstage 2 un Tom Araya barbu, étonnant croisement entre un druide et un clochard, déchainer la violence salvatrice de « War Ensemble », aux côtés d’un Kerry King qui semble bien seul. Premier concert de Slayer auquel j’assiste sans Jeff Hanneman, ça fait bizarre… J’ai donc une pensée pour le furieux guitariste pendant le très malsain « Dead Skin Mask » qui m’accompagne sur le chemin pour ma dernière escale de la soirée sous la tente de la Valley car, mes p’tits chéris, c’est bientôt l’heure d’Electric Wizard !

Les lugubres anglais nous ont réservé un concert fidèle à leur réputation, du doom psychédélique, lent et hypnotique, composé de leur classique « Dopethrone » en deux partie, avec en guise d’interlude le génial « Black Mass ». On perd la notion du temps, les visuels organiques du fond de scène font leur effet et on décolle sans avoir besoin d’user de substances illicites… tant qu’on peut tolérer physiquement les vibrations des basses dans cet espace clôt !

Un petit (re)tour à la Warzone pour aller headbanger sur le death n’ roll des excellents norvégiens de Kvelertak (dont nous vous reparlerons très bientôt) et zou, à la maison parce que demain, y’a du monde au balcon ! (Ceci dit sans aucune référence aux délicieuses vampirettes et autres biker girls sanglées de cuir qui agrémentent de leur présence le carré VIP). Day one, check !
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