Chroniques du Hellfest 2012 - Volume 2

Par Scred | le 21/06/2012 | Les autres articles sur le Métal

Guerre de tranchées
Mmmh ? Rhââ, le soleil dans l’œil… Quelle heure il est ? Mince, déjà midi ! Attends, du soleil ? En effet, la météo semble avoir décidé de sa calmer, c’est pas dommage. Le temps de nous préparer et d’avaler une rapide collation, et nous voici partis pour cette deuxième journée aux couleurs eighties.
Chroniques du Hellfest 2012 - Volume 2 L’accès au festival nous fait rapidement comprendre que le tête d’affiche du jour, j’ai nommé Guns N’ Roses, a fait venir du monde… Des voitures garées au petit bonheur la chance, des tentes installées au cœur des vignes voire entre deux véhicules, je n’avais jamais vu ça ! Le site s’en ressent un peu d’ailleurs, la boue ayant séché par endroits, creusant de profondes tranchées en bordure de la forêt, ça va être du sport s’il se remet à pleuvoir !

Mais n’anticipons pas le pire car le meilleur est au programme dès notre arrivée, avec les vétérans de Sacred Reich qui font leur grand retour dans un bonheur partagé avec leur public… « Crimes Against Humanity », « I Don’t Know », leur fameuse reprise de « War Pigs » dédiée à Tony Iommi et bien sur « Surf Nicaragua » électrisent la foule, consciente du privilège de pouvoir applaudir de nouveau ce groupe mythique qui avait pourtant raccroché les gants il y a une dizaine d’années.

Choix difficile pour la suite puisque le hard rock vintage de Uriah Heep rentre en concurrence avec le hardcore fougueux des Cancer Bats, éternel dilemme du Hellfest… Préférant coller à mes racines 70’s, je me laisse séduire par le Heep, au grand dam de quelques potes qui me vanteront par la suite la prestation fulgurante des Cancer Bats avec notamment leur hommage à Adam Yauch des Beastie Boys et leur reprise de « Sabotage » ! On ne peut pas être partout…

Pendant qu’Exodus tente de transformer le public en circle pit géant, je décide d’aller me promener vers l’Extreme Market, sorte de marché aux puces du métalleux, histoire de refaire mon stock de T-Shirts pour l’année. Bien m’en a pris ! En effet, je tombe par hasard sur un stand de camelots suédois disposant d’un stock de vieux merch d’Opeth vendus à des prix défiant toute concurrence ! Oh joie, par ici le T-shirt de la tournée « Delivrance » de 2003 !

Mais je surveille l’heure car l’un des artistes qui m’intéresse le plus aujourd’hui s’apprête à monter sur scène… Comment vous dire ce que représentent Sebastian Bach et son groupe Skid Row pour un gamin qui fût adolescent dans les années 80 ? Concurrents directs de Guns N’ Roses sans jamais atteindre leur niveau de popularité, il furent les auteurs de deux albums cultes, « Skid Row » (1989) et « Slave To The Grind » (1991) avant de sombrer dans l’anonymat… Pour les hardos que nous étions déjà à l’époque, ces deux disques étaient incontournables. Cela semble d’ailleurs n’avoir pas échappé à l’intéressé puisque sur dix titres que durera son concert, huit sont des chansons de Skid Row !

Malgré le temps qui n’a pas été tendre avec lui, Sebastian Bach fait forte impression… La voix n’a pas bougé, la présence de scène non plus, que ce soit sur les énergiques « Big Guns », « Here I Am », « Youth Gone Wild » ou encore l’excellent « Monkey Business » dédié ironiquement à Axl Rose, ou sur les ballades inoubliables que sont « 18 and Life » et « I Remember You ». Une vague de souvenirs nous submerge, ainsi qu’un immense sentiment de gratitude, au moins on aura vécu ça, merci Sebastian…

Une fois le quart d’heure émotion digéré, notre petit groupe se scinde en deux, les uns allant rugir de plaisir devant Edguy et son facétieux leader Tobias Sammet qui, visiblement, n’avait rien perdu de son humour et de son énergie alors que pour ma part, je me laisse tenter par le Doom rageur des américains de Yob ! La vache, ça vibre ! Les basses font trembler la Valley et malgré nos protections auditives, on le sent passer, au point même que nous n’arrivons pas à tenir la totalité du concert, il y a peut-être un truc à revoir avec cette tente décidément…

Profitant du concert mélodieux mais un poil pop de Within Temptation, nous en profitons pour nous restaurer en bordure de l’Altar, profitant du même coup du début du concert de Napalm Death qui semble avoir toujours autant envie de faire fondre les tympans de ses fans ou de leur déclencher des crises d’épilepsie tant la vitesse d’exécution du groupe anglais force le respect (et les acouphènes) avant de nous déporter vers le bar afin de siroter un petit Jäger devant le coucher du soleil pendant que Machine Head prend possession de la Mainstage 2.

Partageant leur set entre le nouvel album (« I am Hell », « Locust », « This is the End ») et les grands classiques (« Halo », « Beautiful Mourning », « Aesthetics Of Hate », « Davidian »), Machine Head assure, comme à leur habitude… Pas de surprise, mais pas de déception non plus, Robb Flynn et sa bande font le boulot !

Un frisson parcours le Hellfest alors que sonne l’heure du concert de Guns N’ Roses… Je repense au choc que fût pour moi « Appetite For Destruction » en 1987, aux regards moqueurs de mes camarades de classe devant mes T-Shirts frappés de l’emblème historique des Gunners, à ma première Les Paul achetée en hommage à Slash… GN’R a été pour moi le passeport vers le rock, ni plus, ni moins. Alors voir Axl Rose et ses potes en live… Je me situe entre appréhension et excitation !

23h30 pétantes, faisant mentir sa légende, le groupe entame son set pile à l’heure avec « Chinese Democracy » ! Comme, globalement, on s’en fout, nous en profitons pour nous placer le plus près possible de la scène, exercice difficile au vu de l’affluence, afin d’être aux première loges pour les titres qui nous intéressent ! Et c’est parti, l’intro de « Welcome To The Jungle » résonne sur Clisson et… le soufflé retombe presque immédiatement. Dans la version originale, Axl Rose simulait un orgasme aussi malsain que provocateur, sur scène, cela ressemble à des cris de mouette !
« It’s So Easy » puis « Mr Brownstone » creusent le même sillon, la même tombe… C’est désespérément mou, attendu, mis en scène, un sentiment renforcé par les vidéos diffusées en fond de scène qui atteignent le paroxysme du ridicule avec « Estranged » qui se voit affublée d’un film digne d’un publicité pour l’Oréal. Après deux jours de rock n’ roll pratiqué par des musiciens spontanés et sincères, le contraste est saisissant ! « Live And Let Die » me fait craquer, je fuis le champ de bataille la queue entre les jambes en regardant fébrilement le programme, vite, il me faut quelque chose pour compenser, un truc bien violent pour noyer mon chagrin et je trouve… Entombed.

Comme une piqure d’adrénaline en pleine overdose, les parrains du Death Métal suédois m’offrent ce dont j’avais besoin, un concert à la fois brutal et vivant, où tout peut arriver, où l’énergie n’est pas simulée, ou le pouvoir du riff l’emporte sur celui du fric. « Wolverine Blues », « Left Hand Path », « Stranger Aeons », je me prends le contenu d’un verre de bière sur la tronche mais peu importe, tout le monde se démonte les cervicales à grand coups de headbanging, et Lars Goran Petrov semble radieux à le vue de cette foule de plus en plus compacte massée devant la scène de l’Altar ! Le bonhomme est à l’image de son public, souriant, en sueur, paré d’une veste à patches, pas besoin d’aller chercher bien loin pour comprendre que l’on assiste là à un truc vrai…

Grâce à Entombed, c’est avec la patate que je retourne à la voiture, direction Nantes, pour nous préparer à la dernière journée de ce Hellfest 2012 qui nous a d’ores et déjà apporté son lot de satisfaction malgré le couac retentissant que fût Guns N’ Roses… Pas grave, demain il y a du Slash au menu et cela sent la séance de rattrapage à plein nez !
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