Chroniques du Hellfest 2012 - Volume 1

Par Scred | le 19/06/2012 | Les autres articles sur le Métal

Premières Escarmouches
Quel bonheur décidément de retrouver Clisson… Tous les ans, c’est la même chose, on anticipe, on se prépare mais on a beau connaître la musique, c’est toujours le même frisson qui vous électrise l’échine au moment de franchir l’enceinte du Hellfest… Avec un petit plus cette année cependant, puisque le site a fait peau neuve ! Devant le succès grandissant du festival année après année, Ben Barbaud et son équipe ont décidé de voir plus grand et c’est désormais six scènes au lieu de quatre qui attendent les métalleux de tous poils venus headbanger pendant trois jours au pays du muscadet ! Petite présentation des lieux…
Chroniques du Hellfest 2012 - Volume 1 Fidèles au poste, les deux Mainstages destinées à accueillir les plus grosses stars du week-end se dressent toujours fièrement côte à côte, faisant face à une fosse au volume impressionnant. Un peu en retrait, la tente baptisée « The Warzone » a été installée en bordure d’une charmante petite forêt, cadre presque romantique contrastant radicalement avec les groupes punk et hardcore qui viendront faire vibrer ses montants.
Grande nouveauté, la gigantesque tente comprenant les scènes « The Altar » (Death Metal) et « The Temple » (Black Metal) ressemble presque à un petit Zénith avec deux pôles d’attraction se faisant face, permettant au public d’assister à deux concerts en alternance en ayant juste besoin de se retourner ! Enfin, en lieu et place de l’ancienne tente « Rock Hard », « The Valley » accueillera les fans de Stoner dans son enceinte plus confinée, à l’ancienne…

C’est d’ailleurs vers elle que nous nous dirigeons à peine arrivés sur site, afin d’écouter les excellents The Atomic Bitchwax, du Stoner zepplinien de grande classe qui nous met en train pour la suite des évènements ! Un vent persistant souffle sur le champ de bataille et fait s’envoler des volutes de poussière, bientôt absorbées par les pluies intermittentes qui viennent s’abattre régulièrement sur les festivaliers, un mal pour un bien… Nous explorons notre nouveau terrain de jeu pendant qu’Unisonic déverse son Power Metal millimétré, hérité d’années d’expérience au sein d’Helloween des vieux compères Michael Kiske et Kai Hansen, puis retour à la Valley pour venir applaudir Orange Goblin, l’un des groupes que votre serviteur attendait le plus…

Et je n’étais vraisemblablement pas le seul ! Première petite fausse note, les furieux représentants du Stoner britannique n’avaient pas leur place dans un espace aussi réduit au vu du nombre de personnes venu tenter de les écouter. La tente déborde, on ne voit rien mais ce que l’on entend à tout pour réjouir les oreilles ! On aurait volontiers échangé ce concert avec celui des allemands d’Heaven Shall Burn sur la Mainstage 2 ! Tant pis, on se consolera en allant se détendre devant le hard rock classique pratiqué par Gotthard, suivi de Turbonegro qui commence à rameuter du monde dans la fosse alors que les très planants Color Haze nous permettent de faire une transition douce vers l’heure du dîner qui s’annonce excellente puisque nous retrouvons avec bonheur notre stand de nourriture Bio avec ses frites maison et ses crêpes au salidou !

C’est donc le ventre plein que nous assistons à la première grande claque du festival, les mythiques Lynyrd Skynyrd qui vont régaler le public avec leur rock sudiste millésimé, enchaînant les titres cultes comme « Simple Man », « Call Me The Breeze », l’inévitable « Sweet Home Alabama » qui m’a fait presque verser une petite larme tant l’impression d’assister à un petit bout d’histoire du rock était présente, et bien sûr « Free Bird » qui accompagnait le coucher du soleil avec son solo interminable… La pluie aidant, c’est dans une ambiance boueuse que les remuants Dropkick Murphys viennent réchauffer les festivaliers avec leur punk rock mâtiné de musique traditionnelle irlandaise, simple et efficace, mais sans commune mesure avec ce qui nous attend après…

Car ce soir, la tête d’affiche s’appelle Megadeth. Le groupe de Dave Mustaine nous a habitué à des prestations scéniques aléatoires, alternant véritables moments de grâce et ennui profond mais pour le coup, en ce premier jour de Hellfest, Megadeth avait décidé de frapper un grand coup. Souriant, presque ému, Dave Mustaine a embarqué le public dans un déluge de riffs millimétrés et aligné la setlist parfaite ! Des grands classiques « Peace Sells », « Hangar 18 », « Foreclosure Of A Dream », « Sweating Bullets » ou encore « A Tout Le Monde » repris en chœur par 40 000 fans aux titres cultes que sont « Angry Again », « Trust », « Poison Was The Cure » ou « Symphony Of Destruction », le groupe assure une prestation sans tache, enthousiaste et profondément énergique. Même les titres du dernier album, « Guns, Drugs & Money », « Whose Life (Is It Anyway ?) » et « Public Enemy N°1 », intelligemment joués à la suite, récoltent un vrai succès.

Terminant le concert par « Holy Wars… The Punishement Due » et l’historique « Mechanix » balancé à 2000 à l’heure, Megadeth a mis tout le monde d’accord et est remonté très haut dans l’estime des metalheads, signant avec cette prestation l’un des meilleurs moments du Hellfest. Ce qui ne sera pas vraiment le cas de King Diamond… Malgré un décorum très réussi, le King ne fait plus peur et encourage plutôt les derniers valeureux guerriers encore debout à 1h du matin à aller applaudir dans une ambiance païenne les vikings d’Amon Amarth qui se font un devoir d’incendier la scène du Temple. Brutal et efficace, le set des suédois achèvera dans un rugissement barbare cette première journée du Hellfest « new look » qui a pour l’instant tenu la plupart de ses promesses…

Nous rentrons donc à notre camp de base, trempés mais heureux, afin de souffler un peu et de préparer la journée du samedi, riche en attentes puisque quelques légendes du rock eighties seront au programme, Sebastian Bach (Skid Row), Sacred Reich et bien sûr Guns N’ Roses sans parler de Machine Head, Napalm Death, Entombed, Behemoth, rhaââ, n’en jetez plus ! Rendez-vous demain…
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.