Chroniques du Hellfest 2012 - Intermède

Par Manu Le Barbu | le 20/06/2012 | Les autres articles sur le Métal

Axl (de vélo) et le problème du « pipi caca »
Je le dis tout net : ce Hellfest 2012 est une réussite. Malgré les prédictions désastreuses des Cassandre de tous poils et le déchaînement des éléments, j'ai adoré cette édition du festival clissonnais. Néanmoins, il reste des points d'amélioration et j'ai bien envie de mettre sauvagement le doigt dessus pour suivre l'adage archi galvaudé « qui aime bien chatie bien »
Chroniques du Hellfest 2012 - Intermède Premier problème majeur à mon sens : la tête d'affiche du samedi soir, jour de très forte affluence. L'année dernière, le show de Scorpions fut bien pâle. Cette année, on était en droit d'attendre beaucoup de Guns N' Roses. Malheureusement, de mon point de vue de vieux fan des Guns (à qui ils avaient déjà posé un lapin en 1988 en compagnie de l'autre déception du week end, à savoir Mötley Crüe), ce concert était indigent. Nouveaux titres peu à mon goût mais surtout massacre des standards du groupe. Dès ce "Welcome to the Jungle" sans entrain avec un Axl dont la voix ne suivait pas, je me suis dit que c'était mal barré. Ce viol à répétition des brûlots d'"Appetite for Destruction" me rappelait la première pochette de l'album et plus particulièrement la victime du robot violeur...

Mes camarades d'infortune me firent remarquer que j'aurais pu me douter que ce concert serait un four. Sebastian Bach en fin d'après midi semblait nous prévenir quand après avoir dit deux mots sur les Guns, il lançait plein d’entrain un "Monkey Business" bien remuant... Tobias Sammet, bien moins énigmatique, n'hésitait pas en début de soirée, à écorner l'icône GnR. Morceaux choisis : « Vous attendez GnR ? Ah... La dernière fois que nous avons joué avec eux, ils avaient 3 heures de retard... Non, c'est une blague... Enfin, GnR, c'était un grand groupe... ». Tobias a descendu avec sa bonne humeur le gang d'Axl aussi bien qu'il a fait une promo d'enfer aux micros Shure... Et vu le talent du frontman teuton et de ses acolytes, on se dit qu'on aurait préféré passer la fin de soirée avec eux plutôt qu'avec un solo de piano made in GnR...

Au final, ce que je repproche à Axl and Friends (j'ai vraiment du mal à appeler ce groupe GnR), c'est outre le massacre des vieux titres dont il n'est que partiellement responsable car sa voix ne lui permet plus de suivre (même si il pourrait s'arranger avec Vince Neil... A deux aphones, ils pourraient peut être arriver à quelque chose, qui sait...) que de faire son job sans plaisir apparent (et sûrement sans plaisir tout court). Je préfère voir les zicos de Sacred Reich s'éclater avec plaisir sur scène et se remuer comme des diables malgré la surcharge pondérale du groupe qui doit friser les 300 kg au total... Voir Phil et ses potes du line-up initial se remettre goulûment un petit refrain de "Surf Nicaragua" avant de quitter la scène est un vrai plaisir pour moi...

Bref, si en 2013, on pouvait avoir en tête d'affiche du samedi soir un groupe de Metal et pas un produit Lidl à la date de péremption dépassée, ça serait top et j'apprécierais beaucoup ! (Maiden! Maiden! Ndlr)

Ce petit coup de gueule passé, enchaînons sur un soucis très humain et malheureusement très répandu pendant ce Hellfest : le pipi-caca. Ne voyez pas dans cette transition abrupte l'idée de remuer la hallebarde dans la plaie de ce sympathique Axl et d'essayer d'expliquer son arrogance par les soucis de son adolescence. Il s'agit juste d'une dimension logistique qui fut à mon sens défaillante.

En effet, faire vivre environ 40 000 personnes sur un site pendant 3 jours pose bien sûr le problème du ravitaillement, qui fut fort bien réglé avec une attente très raisonnable aux différents points de restauration. Mais, une fois qu'on a mangé, comme le souligne régulièrement mon fils de 4 ans, on fait caca. Avant d'ajouter « et quand on boit, on fait pipi... ». La logique est implacable mais elle semble ne pas avoir trouvée d'écho du côté des organisateurs et/ou des prestataires concernés.

Dès le vendredi après midi, les toilettes à la turc proches de la tente Valley refoulaient un mélange d'eau et urine dans lequel il fallait pénétrer de quelques centimètres pour avoir le droit de soulager sa vessie, déjà pleine après quelques bières promptement ingurgitées... Pour moi, homme en basket, la tâche fut peu ragoutante mais aisée, pour les jeunes femmes en robe, cette épreuve me semble hors d'âge et indigne d'un festival de premier plan. Ces difficultés de pissou (pour reprendre le terme associé par les Guignols de l'Info à notre grand ami Philippe de Villiers, qui comme Axl semble avoir des soucis de stade anal dans sa famille) ont amené beaucoup de festivaliers de sexe masculin à se soulager un peu partout, y compris sur la cloture qui longe la mainstage 2. Écouter les Slash and Kennedy en se faisant pisser sur les baskets est un sport qui peut plaire, mais pas à moi !

Donc, en ce qui concerne la logistique de vidange, il faudrait probablement multiplier les points toilettes et en améliorer le fonctionnement. Installer des toilettes réservées aux femmes est une excellente idée. Nous n'avons néanmoins pas osé en vérifier leur état en fin de fest de peur de déranger... Bref, à mon sens, un des rares points d'organisation à optimiser pour l'an prochain.

En cette période de foot et de décès de Thierry Roland (paix à son âme même si il est difficile de pleurer la mort d'un mec qui porte le nom d'une marque de clavier...), distribuons quelques cartons jaune et rouge pour finir cet article...

Carton jaune... à Candace Kucsulain, énergique frontwoman de Walls of Jericho, dont l'activité hors norme s'explique certainement par un poids plume et un centre de gravité bas. En effet, il semble que la taille de son cerveau soit inversement proportionnelle à son agressivité vocale. Lors de son set, invitant les slammers à plus d'activité, elle désigne les petits gars en bleu responsables de la sécurité des fosses et croit bon d'expliquer : « ces gars-là sont payés pour ça » (rattraper les slammers en bout de course avant que leur dents ne fasse une désagréable rencontre avec les crashbars...). Mauvaise pioche, les mecs en question sont, en plus d'être très sympas, bénévoles et très bien disposés vis à vis des slammers... Ben oui, ma bonne Candace, on n'est pas aux US ici... Il y a encore des gens prêts à faire un job pour servir un projet dans la bonne humeur.

Carton rouge... aux commerçants de la fôret, zone ombragée proche de la Warzone surnommée ainsi par les festivaliers, qui commercialisaient pour 12 € (3 jetons pipo à 4€) des assiettes de bœuf et haricots blanc à peine comestibles et proposaient à 8 € (2 jetons!) le verre des rouges, rosés et blancs du coin servis dans des brocs en plastique... De qui se moque-t-on ? Même à Paris, dans un resto quelque peu bourgeois, à 8 € le verre, on a un produit de très bonne qualité... Virer ces profiteurs me semble indispensables. Faire travailler les habitants de la région, c'est bien, mais les laisser arnaquer les festivaliers, c'est très moyen...

En conclusion, je reviendrai l'année prochaine, surtout si Bruce D. le Pilote d'élite et ses potes, remplacent Axl de Vélo and Friends, si les toilettes sont fréquentables jusqu'au dernier soir, si il y a plein de groupes heureux de jouer dans un fest à la renommée mondiale et si les commerçants du coin ne sont pas là pour rouler le chaland dans la farine (de blé, pas celle qu'Axl se fourre dans les naseaux) !

Rock on and see ya next year mates !
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.