Chroniques du Hellfest 2011 - Volume 3

Par Scred | le 23/06/2011 | Les autres articles sur le Métal

Thrash Test
Deuxième jour du Hellfest et le temps semble vouloir se calmer un peu, ce qui est de bonne augure pour le moral (et la santé) du public qui aurait eu du mal à supporter une seconde journée de douche écossaise, et ce malgré la grande variété de kilts croisés au gré de nos pérégrinations dans les allées du festival !
Chroniques du Hellfest 2011 - Volume 3 D’autant plus qu’aujourd’hui, la programmation va réclamer de l’énergie et de l’endurance puisque sont attendus sur la Main Stage 2 les trois grands du Thrash Metal européen, Destruction, Sodom et Kreator, rien que ça ! Mais avant, allons donc faire un petit tour à l’Extrême Market, sorte de marché aux puces du métalleux qui propose aux fans tout ce dont ils pourraient avoir besoin pour être présentables… Tee-shirts, accessoires, bijoux, piercing et même tatouages, le choix est vaste et chacun y trouvera son bonheur !

Notons au passage la présence dans ce maelström de clous et de têtes de mort du stand de Sea Shepherd, l’association de pirates écolos dirigée par le capitaine Paul Watson, grand pourfendeur (au sens littéral du terme) de baleiniers devant l’éternel et dernier espoir de survie pour ces mammifères marins… La cause semble rencontrer un certain écho auprès des festivaliers puisque les bénévoles ont été dévalisés de leur stock de tee-shirts ! Une preuve supplémentaire qu’en plus d’avoir du goût, le hardos est généreux…

Bon, qu’est ce qu’elle fout Peggy ? On s’était donné quartier libre et voilà dix minutes que je poireaute au point de rendez-vous à proximité de la Rock Hard Tent et… attend une seconde, c’est quoi ces cornemuses ? Il y a deux secondes, c’était un thrash puissant qui s’échappait de la scène et maintenant j’entends des flûtes et des binious ! Ah oui, tout s’explique, Skyforger est en train d’ensorceler son public avec un pagan metal mélodique terriblement entrainant ! Tiens, un troll ! Ah non, c’est un fan légèrement éméché…

Je récupère ma photographe et nous voici partis vers le concert de Thin Lizzy avec une certaine appréhension. En effet, dire que le dernier live sorti par le groupe irlandais était une déception serait bien en dessous de la réalité… En même temps, Thin Lizzy sans Phil Lynott ni Gary Moore, hein ? Et bien, il faut croire que les mecs avaient choisi un mauvais soir pour enregistrer leur live car devant nos yeux, c’est un tout autre groupe qui se produit ! Le rock vintage de Thin Lizzy reste l’un des modèles du genre et avec des titres comme « The Boys are back in town », « Rosalie » ou encore « Whiskey in the Jar », ils comblent de bonheur plusieurs générations de fans massés devant la scène.

Alors que 18h00 sonnent à l’église de Clisson (toujours debout après six années de Hellfest, comme quoi…), on voit grossir le flot des thrashers affluant vers la Main Stage 2 car la grande bacchanale du thrash européen est sur le point de commencer avec Destruction, de retour après une longue absence avec un nouvel album (« Day of reckoning ») et l’envie d’en découdre. Ce sera chose faite avec un set compact et direct comme un coup de latte dans les bijoux de famille, où le groupe fera la part belle à leurs classiques (« Curse the Gods », « Nailed to the Cross », « Total Desaster ») pour le plus grand bonheur des headbangers amateurs de circle pits !

Petit intermède avec les hallucinants Apocalyptica afin de se regrouper un peu et de ramasser par terre les membres qui auraient pu être arrachés pendant la bagarre au son de quelques reprises de Metallica (« Master of Puppets », « Nothing Else Matters »), Sepultura (« Refuse/Resist ») et de quelques compositions originales… Moi qui prenais ces finlandais à cordes pour de sympathiques rigolos, me voilà obligé de réviser mon opinion, car leur musique et leur présence scénique est très loin d’être un gadget, ça envoie du bois de violoncelle !

Comment décrire le set de Sodom sans tomber dans les allusions lourdes et éculées… Là, t’as vu ? Déjà ça commence ! Qu’il me suffise de dire que c’était extrêmement brutal, sur scène comme dans le public. Nos chers amis teutons n’ont pas ménagé leur peine pour offrir à leurs fans venus nombreux (à en juger par le nombre de tee-shirts et de patchs à l’effigie du groupe vus ici et là) une setlist variée, avec des morceaux tirés de la plupart de leurs albums (« Remember the Fallen » et « Agent Orange » d’après l’album du même nom, « M-16 » ou encore l’ultra-violent « Sodomized »). Même si la voix de Tom Angelripper commence à montrer quelques signes de faiblesse au niveau de la justesse, le seul membre rescapé de la formation originale s’en tire tout de même avec les honneurs !

Nouveau break avec la prestation très attendue de Black Label Society, le groupe de Zakk Wylde ayant mobilisé une armée de supporters vêtus des désormais traditionnels gilets de bikers frappés d’une tête de mort… Après l’orgie de violence de Sodom, le son des BLS semble un poil faiblard, malgré l’énergie déployée par le groupe, Zakk Wylde en tête qui entame le concert coiffé d’une superbe parure de chef indien pour le titre « Crazy Horse »! Grâce au ciel, ils nous épargneront les ballades et concentreront leur set sur des titres nerveux et efficaces extraits du petit dernier « Order of the Black » (« Overlord », « Parade of the Dead », « Godspeed Hell Bound ») et des classiques « Mafia » (« Suicide Messiah », « Fire it up ») et « The Blessed Hellride » (« Funeral Bell », « Stillborn ») sans oublier l’inamovible solo de guitare du père Wylde, un petit morceau de bravoure de près de dix minutes tout de même !

La nuit commence à tomber lorsque Kreator monte sur scène pour achever d’épuiser la foule avec leur Thrash millésimé à la limite du speed métal… Là on ne plaisante plus, tant dans la débauche d’agressivité que dans la précision des riffs, et ce même si le groupe propose au public des titres bien souvent tirés de leurs productions récentes, si l’on excepte les grands classiques que sont « Endless Pain », « Pleasure to Kill », le rare « Flag of Hate » ou encore « Tormentor » qui clôt ce concert en forme de missile balistique pointé en direction des oreilles des festivaliers.

C’est enfin l’heure de retrouver Scorpions, l’une des têtes d’affiche principale de ce Hellfest, et l’éthique journalistique me commande de reconnaître que, une fois de plus avec Rob Zombie, c’est une sacrée déception… On comprend mieux pourquoi les légendaires vétérans du hard rock européen raccrochent les gants. Malgré la folie d’un Rudolph Shenker et l’élégance évidente d’un Mathias Jaabs, la mayonnaise ne prend pas, la voix de Klaus Meine cherche un second souffle et les nombreux titres tirés du dernier album « Sting in the tail » ne soulèvent pas l’enthousiasme d’un public venu pour écouter des hymnes… « Blackout », « Rock you like a Hurricane » et « Still loving you » rattrapent un peu l’affaire, mais l’absence d’un « Wind of Change » pourtant réclamé par la foule me laissera un goût d’inachevé.

Un petit coup de Coroner histoire de se remotiver pour retrouver le calme de notre retraite nantaise et nous voilà partis pour une courte nuit avant la dernière ligne droite… Demain, quelques interviews au programme et encore une bonne dose de concerts excitants à se mettre dans les étagères à mégots, hardi !
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