Chroniques du Hellfest 2011 - Volume 2

Par Scred | le 21/06/2011 | Les autres articles sur le Métal

Entrée des hard-tistes
La gare Montparnasse a pris des couleurs ce vendredi matin, sombres et chatoyantes à la fois, à l’image des tee-shirts noirs frappés des logos et des pochettes d’albums des groupes que vont applaudir les nombreux passagers du train à direction de Nantes dans lequel je prends place accompagné de ma photographe fétiche, mam’zelle Peggy C, qui n’attend même pas le départ du TGV pour commencer à régler son appareil… Ça promet !
Chroniques du Hellfest 2011 - Volume 2 Une poignée d’heures plus tard, nous pénétrons dans l’enceinte du Hellfest sur la musique de The Answer, le groupe irlandais emmené par le flamboyant chanteur Cormac Neeson qui confirme tout le bien que nous pensons d’eux… Du rock n’ roll vintage remis au goût du jour avec une belle énergie, voilà le programme proposé par The Answer, qui enchaîne les meilleurs morceaux tirés de leurs deux premiers albums (« Rise » et « Everyday Demons »), préparant l’arrivée de leur petit dernier au mois de septembre intitulé « Revival ».

Après un petit tour dans la zone réservée aux journalistes, un jardin agréablement aménagé et agrémenté de sculptures (forcément) métalliques, nous prenons connaissance du planning de nos interviews pendant que les marseillais de Dagoba s’emploient à faire fondre les tympans des festivaliers… Ah, zut ! Il semblerait que je vais manquer le concert d’Alter Bridge pour cause d’interview croisée de The Answer avec miss Maggy May mais casse la tienne, j’envoie Ludo, le webmaster d’Actumusic, me faire un compte rendu. Verdict, un peu mou du genou, cela étant peut-être dû à la pluie torrentielle qui s’est abattue sur le festival et qui ne va cesser de tremper le public pendant cette première journée…

En même temps, les conditions météorologiques ne devraient pas être une excuse puisqu’elles ne douchèrent en rien les ardeurs des incroyables Maximum The Hormone, un gang japonais inclassable qui a dû abuser des émanations toxiques de la centrale de Fukushima pour avoir l’idée de produire une musique aussi dingue ! Du punk mêlé de death metal, de hardcore, j’en oublie, tout simplement jouissif !

Petite pause avec les vétérans de The Cult un peu poussifs avant de se prendre le premier vrai choc de la journée, les monstrueux Down, nés du croisement hautement explosif de membres de Pantera, Crowbar, Eyehategod et Corrosion of Conformity. Le très charismatique Phil Anselmo reste fidèle à sa légende et emprisonne le public dans son poing pendant toute la durée d’un set aussi brutal qu’inspiré, ne cessant de communiquer avec la foule tout en multipliant les clins d’œil à ses acolytes (très grand moment lorsque le chanteur ramasse un soutien-gorge balancé par une fan et le fait passer au batteur Jimmy Bower en le traitant de Jabba The Hutt) en enchaînant les classiques du groupe ("New Orleans is a dying whore", "Ghosts along the Mississippi", "Stone the Crow", "Bury me in smoke") !

On voudrait bien aller écumer les stands de restauration (variés et de qualité, n’en déplaise aux organisateurs d’un festival concurrent à consonance géométrique) mais nos ambitions culinaires sont réduites à néant par les terrifiants Meshuggah qui profitent d’une accalmie de la pluie pour déclencher une tempête sonique sur la foule venue en nombre se masser devant la scène… Il y a des connaisseurs ! Le groupe de l’inquiétant Jens Kidman, chanteur échappé d’un asile psychiatrique situé sur la bouche de l’enfer (au moins) se fait un devoir d’asséner son métal expérimental (certains diraient même mathématique) ultra-violent à un public à la limite de la transe… Impressionnant et unique en son genre.

Bon, on peut se prendre un sandwich maintenant ? Tu parles ! C’est l’heure pour Iggy Pop et ses Stooges de venir nous faire voyager 35 ans en arrière, à une époque où le punk s’appelaient encore rock n’ roll… L’iguane ne change pas, ou pas trop, à la rigueur il se frippe, cela en devient presque comique ! N’ayant qu’une petite heure à passer en notre compagnie, il enchaîne ses hymnes (« Raw Power », « Gimme Danger », « No Fun », « I wanna be your dog ») en donnant de sa personne au delà des limites du raisonnable, participant au pogo général en se jetant dans la foule sous les yeux affolés du régisseur de scène qui pourtant en a vu d’autres !

Après une telle débauche d’énergie, rien ne vaut un petit concert de Morbid Angel pour se relaxer et reprendre des forces. Bon ok, je ne suis pas crédible une seconde ! Les parrains du Death n’ont rien perdu de leur violence et de leur rapidité d’exécution, et c’est à genoux que nous nous dirigeons péniblement vers la Main Stage 1 pour applaudir Rob Zombie ! Enfin, applaudir… Première vraie déception du festival, il commence par expliquer qu’il n’a plus vraiment envie de jouer et enchaîne ses titres comme le ferait un fonctionnaire, sans âme, avec un show limité au minimum syndical… Un peu triste pour une tête d’affiche ! En même temps, ça laissait de temps d’aller se croquer une crêpe au salidoux !

Pour clore cette première journée, le choix était cornélien entre le Black Metal légendaire de Mayhem, le rock psychédélique de Monster Magnet ou le Death mélodique d’In Flames, il y en avait pour tous les goûts, pour peu que l’on ai eu la force de tenir jusqu’à deux heures du matin parce que, hé, ça recommence demain !

La suite au prochain épisode…
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