Chroniques du Hellfest 2010 - Volume 1

Par Scred | le 22/06/2010 | Les autres articles sur le Métal

Descente aux enfers
Bienvenue… Bienvenue dans un monde d’excentricités capillaires et de musiques velues, où les sexes et les identités se télescopent au gré des tribus en présence...
Chroniques du Hellfest 2010 - Volume 1 ...où les codes d’appartenance pourtant précis donnent naissance à la diversité plutôt qu’à l’uniformité, bienvenue au pays des créatures de la nuit qui marchent sous le soleil, bienvenue au festival de la violence douce, des gros bras au cœur tendre, des vamps aux crocs de velours, bienvenue au paradis en somme, bienvenue au Hellfest !

C’est cette impression d’être absolument à sa place qui domine lorsque je franchis pour la première fois les portes du festival de Clisson, un événement dont je vous rebats les oreilles depuis plusieurs semaines mes chers lecteurs, suite à la croisade menée par quelques bien pensants qui auraient mieux fait de balayer devant leur porte avant de venir nous chercher des crosses derrière les cornes… A ma place, ouais.

Le Hellfest a ceci d’original par rapport à la plupart des festivals de rock qu’il représente une sorte de « Neverland » du hardos, un pays imaginaire qui se matérialise en dur pendant trois jours par an et qui accueille ses enfants avec une générosité plus grande à chaque édition. Tout a été pensé pour que l’amateur de rock n’ roll avec du poil autour se sente chez lui, non seulement accepté dans toute sa différence mais également valorisé, choyé et encouragé dans toute la démesure de sa diversité.

A ce propos, prenons le temps d’observer le public avant d’entrer dans le vif du sujet…

Il existe une foule de tribus au sein de ce que l’on appelle le « Hard Rock » au sens large du terme, c’est d’ailleurs le seul mouvement musical qui peut se réclamer d’une telle variété de sous-genres. Sur la première marche du podium on trouve les vétérans, fans de la première heure ou amateurs du son originel, ceux que l’on appelle vulgairement les « Hardos ». On les reconnaît à leurs pantalons serrés, arborant fièrement des cheveux longs pour les garçons comme pour les filles, bottes de motard ou santiags aux pieds, avec sur les épaules un blouson de cuir noir qu’ils tombent généralement assez vite pour montrer aux autres le maillot de leur équipe, à savoir un T-Shirt (noir) frappé du logo de leur groupe fétiche (Motörhead ou AC/DC la plupart du temps).

Viennent ensuite les « Métalleux » et les « Thrashers », des hardos de seconde génération qui préfèrent le jean au cuir, les baskets aux bottes et portent sur le dos de véritables œuvres d’art textiles, des vestes recouvertes de patches représentant les pochettes de leurs groupes préférés avec au milieu du dos le dossard du groupe numéro un qu’ils supportent (Iron Maiden, Metallica ou encore Megadeth tiennent ici le haut du pavé). Le métalleux a un cœur d’artichaut et possède toujours au moins cinq ou six groupes différents sur son blouson, c’est pas beau ça ?

Et puis il y a les amateurs de Death Metal aux crinières encore plus longues, les « Goths » habillés de dentelles noires et de longs manteaux, les « Black Métalleux » maquillés en noir et blanc et amateurs de symboles provocateurs, les « Glams » aux tenues androgynes et bariolées et aux coupes de cheveux indescriptibles, les « Indus » percés de partout qui tentent de réaliser la fusion parfaite entre l’homme et la machine, etc.

Tout ce monde là s’était donc donné rendez-vous ce week-end du 18 juin 2010 à Clisson pour une grande messe païenne, une immense réunion de famille ouverte à tous dans un esprit de partage et de communion à faire pâlir d’envie les quelques grenouilles de bénitier qui avaient pour projet d’interdire l’événement…

Au programme des festivités, quatre scènes proposant chacune une programmation variée survolant tous les styles de musique évoqués plus haut, des plus obscurs aux plus chatoyants, avec en point d’orgue chaque soir des groupes mythiques qui ont marqué de leur empreinte le monde du rock d’une manière indélébile.

Comme n’importe quel autre festival me direz-vous… Et bien non !

Au Hellfest, on voit grand. En plus des concerts, le public a accès au « Metal Corner », un espace regroupant bars, restaurants, club de strip-tease (!) ainsi qu’un écran géant retransmettant les concerts des scènes principales en alternance avec les matchs de la coupe du monde de football. Il y a également l’« Extreme Market », sorte de marché aux puces du hardos où l’on pourra se ravitailler en T-Shirts, disques, accessoires cloutés, bijoux, jusqu’aux vêtements pour bébés rockeurs sans parler du salon de tatouage et de piercing au cas où l’on aurait envie de ramener un souvenir permanent de l’événement !

C’est dans cette ambiance de village gaulois que je vous propose de plonger pendant toute une semaine sur Actumusic, en compagnie de toute l’équipe du site qui s’est mobilisée pour l’occasion afin de vous faire vivre au plus près l’ambiance de ce festival pas comme les autres, entre concerts et buvette, allongés sur l’herbe (rare) ou au milieu de la mêlée, avec en bonus une paire d’interviews maison avec quelques artistes dont nous avons déjà parlé dans ces pages, je ne vous en dit pas plus…

Accrochez vos ceintures et vos bracelets de force, foutez-moi en l’air ces bouchons pour les oreilles et venez headbanger avec nous au cœur du plus beau festival de métal d’Europe, bienvenue au Hellfest !
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.