Chronique "Warpaint Live!" des Black Crowes

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Hard Rock

On dirait le sud...
Un concert de The Black Crowes, c'est une séance de rattrapage pour tous ceux qui regrettent de ne pas avoir eu leurs 20 ans dans les années 60.
Chronique "Warpaint Live!" des Black Crowes C'est un rituel initiatique qui se déroule toujours de la même façon : les musiciens débarquent sur scène dans un nuage de fumée qui fleure bon le chanvre fait à la maison et prennent position sur des tapis multicolores pendant que Chris Robinson, le corbeau en chef, plante des bâtonnets d'encens dans les amplis de retour sur le devant de la scène.

Tout, de leurs fringues à leurs instruments, semble sorti d'un film en super 8 tourné à l'Ile de Wight et ça ne sent pas la naphtaline, c'est du vrai.

Ces mecs ont arrêté le temps quelque part entre " Surrealistic Pillow " et " Exile on Main St. " et se moquent comme de leur premier shilom de tout le reste. Bientôt vingt ans qu'ils ont ressuscité le rock sudiste à tendance psychédélique avec une collection d'albums classieux sans aucune faute de goût, alors ne comptez pas sur eux pour refiler le frometon aux renards du music business...

Les Crowes ouvrent grand leur bec mais rien de tombe de leur branche, ça reste collé à leurs lèvres comme un vieux pétard éteint !

Le fromage en question cette fois-ci est un album live reprenant l'intégralité de leur dernier disque en date, " Warpaint ", assorti d'une collection de vieux titres et de reprises dépoussiérées à leur sauce. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore le " Warpaint " original, le premier CD pourra être une excellente remise à niveau, mais pas que. En effet, ces onze titres joués live ne dispensent pas de l'écoute de la version studio, bien au contraire. Ils apportent cependant la preuve que The Black Crowes en live n'ont pas oublié ce que le mot " Soul " veut dire...

Chris Robinson chante le blues comme un Otis Redding élevé au LSD et transcende chaque version avec ce qu'il faut de déraillement dans la voix et de sueur sur le micro pour rendre l'expérience extatique. " Walk believer walk ", " Evergreen " ou " God's got it " font chauffer les amplis et laissent l'auditeur pantois tandis que " Locust Street " et " Oh Josephine " nous emmènent très loin du côté de la " Bible Belt ", sous le porche d'une baraque en bois, avec le Mississippi qui ronfle paresseusement là, derrière la barrière défoncée.

Mais le principal intérêt de ce live, c'est bien entendu le second CD où The Black Crowes ont décidé de rendre hommage à Delaney & Bonnie, un couple de musiciens qui connurent leur heure de gloire en partageant la scène avec Eric Clapton dans sa période Blind Faith. " Poor Elijah/Tribute to Johnson " et " Don't know why " (co-écrite par Clapton) résonnent comme des odes à un passé béni où les musiciens se préoccupaient plus de faire de la musique qu'à en vendre.

Du folk blues inspiré qui méritait bien un coup de projecteur... Autre cadeau offert par les Crowes à leurs fans, une reprise langoureuse du " Torn and frayed " des Rolling Stones sublimée par un solo de slide très inspiré de Rich Robinson, ainsi qu'une version sur vitaminée du " Hey Grandma " de Moby Grape (autre gloire éphémère du mouvement psychédélique).

Au rayon des vieux titres ressortis du grenier, un classique (" Bad Luck blue eyes goodbye ") et un titre rare (" Darling of the underground press ") tiré des sessions de l'album " Southern Harmonies... ", un excellent choix pour le fans du groupe qui n'ont pas souvent eu l'occasion d'entendre cette dernière chanson en live ainsi que pour les autres qui vont pouvoir la découvrir. Seule petite déception, ne pas pouvoir découvrir ce " Warpaint Live ! " en vrai, tant The Black Crowes se font rares sur les scènes hexagonales...

Allez les gars, un petit effort, faites tourner !
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