Chronique "The High End of Low" par Marilyn Manson

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Métal | Soyez le 1er à réagir sur cet article
Sympathy for the Devil
On peut penser plein de choses de Marilyn Manson, qu'il est un clown pathétique ou un génie visionnaire, un provocateur tout ce qu'il y a de consensuel ou un dangereux psychopathe dont le but est de pervertir son public, toujours est-il que le personnage ne peut pas laisser indifférent.
Chronique "The High End of Low" par Marilyn Manson Cependant, une fois l'effet de surprise passé, peut-on trouver un quelconque intérêt artistique derrière le masque blafard et les uniformes crypto fascistes ?

La réponse est oui bien entendu !

Car Marilyn Manson est un garçon non seulement très intelligent et très fin mais également doté d'une connaissance précise de son public et de l'époque dans laquelle il évolue. Après un album presque intimiste (" Eat me, drink me ") où l'homme qui se cache derrière le démon avait tenté de s'exprimer, dans l'indifférence générale des fans mais pour le plus grand plaisir des critiques dont votre serviteur qui y avait vu là son meilleur album depuis le légendaire " Antichrist Superstar ", Marilyn Manson a laissé ressortir la bête avec qui il partage sa vie pour délivrer un disque à la fois sauvage et étrangement pop... Des mélodies sacrément bien troussées, où se côtoient Nine Inch Nails et... David Bowie !

Quand Manson s'aventure sur les terres de Ziggy Stardust, cela donne des titres comme " Running to the Edge of the world " ou " Into the Fire ", à la fois romantiques et prêts à exploser à chaque mesure, du grand art ! Des morceaux qui contrastent à l'extrême avec " Arma-Goddam-Motherfucking-Geddon " (ouf !), le premier single extrait du brûlot qui quant à lui ne fait pas dans la dentelle.

On notera avec bonheur le retour de Twiggy Ramirez aux affaires qui rajoute une densité certaine au son de l'ensemble et qui renvoie aux ambiances du " Golden Age of Grotesque ", l'un des plus grands succès commerciaux du groupe.

Marilyn Manson revisite sa légende avec des passages lourds et sombres (" Devour ", " I want to kill you like they do I "), des explosions de violence (" Pretty as a ($) ", " We're from America ") et quelques trouvailles étonnantes comme ce " Four rusted horses " aux consonances proches d'un " Personal Jesus " vampirisé ou encore " Leave a scar " qui lorgne de manière inattendue du côté du dernier album des Stereophonics !

Une belle réussite donc de la part d'un artiste qu'on pensait, à tort, un peu poussé vers la sortie par la horde de ses enfants naturels, tant la mode du gothic rock a fait des émules depuis les premiers hurlements synthétiques du prince des ténèbres, alors accompagné par un Trent Reznor qui avait vu en lui le parfait vecteur de ses plus sombres ambitions. Trent Reznor est parti faire souffrir d'autres machines depuis mais Marilyn Manson n'en a pas encore terminé avec ses propres démons, et il le confirme avec une grande classe dans ce nouvel album.
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