Chronique The Beatles Remastered Box Set Stéréo

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

Dans le vent
J'aurai adoré vous parler du coffret regroupant l'intégrale des enregistrements studio des Beatles, sorti aujourd'hui mercredi 9 septembre 2009...
Chronique The Beatles Remastered Box Set Stéréo Oui, j'aurai vraiment aimé vous dire à quel point des chansons mythiques comme "Twist and shout" ou "I saw her standing there" ont retrouvé une nouvelle jeunesse grâce au travail des p'tits gars de chez Apple, combien le passage du mono à la stéréo des premiers enregistrements des Beatles changent la manière de les écouter, tout ça...

J'aurai adoré mais je ne peux pas, pour la bonne raison qu'à peine les portes des disquaires ouvertes, le bon peuple de Paris s'était déjà rué sur les fameuses "Black Boxes", ne me laissant que les yeux pour pleurer ! Ce qui donne un indice très concrêt sur la popularité toujours intacte de ce groupe dissous depuis près de 40 ans... Les Beatles sont toujours aussi importants dans le coeur du public, prêt à poser une demi-journée de congé pour se procurer coûte que coûte un nouvel objet du culte et quel objet ! Quatorze disques (dont la compilation Past Masters) dans une boîte de Pandore où se cache la formule magique grâce à laquelle quatre gamins de Liverpool inventèrent la Pop Music, quelque part entre 1962 et 1971...

Alors quoi ? On arrête là ?? Course we don't ! Chez Apple, on fait bien les choses dès qu'il s'agit de vendre des disques et à l'instar de Rolling Stones, chaque album des Beatles est également disponible au détail (vous reprendrez bien un peu de "Rubber Soul" madame ? Il y a un peu de "Revolver" en plus, je laisse ?). Je me suis donc permis une sélection plus que partiale du catalogue des Fab Four, histoire de voir si ces remasterisations attendues comme le messie tiennent vraiment leurs promesses. Chronique chronologique.

Premier album à se retrouver dans ma besace, "Help !". Paru en 1965, il n'est à l'origine qu'une bande originale pour le film du même nom augmenté d'une poignée d'inédits. Il sera pourtant l'album de la mutation pour les Beatles, le dernier où l'on pourra trouver quelques reprises au milieu des compositions signées Lennon-McCartney. En ouvrant le somptueux digipack (photos originales, livret inédit, que du bonheur), un prospectus tombe barré d'un slogan accrocheur, "Hearing is believing" ("Entendre c'est croire"). Et pour une fois, rien n'est plus vrai ! Dès la première écoute, "Help !" explose dans les enceintes comme si le groupe venait de débarquer dans votre salon ! "The Night before", "I need you", "You're gonna lose that girl" , le son impressionne surtout sur les morceaux électriques où la batterie de Ringo Starr retrouve enfin la place qui lui est dûe...

Et puis il y a "Yesterday", le chef d'oeuvre de Paul McCartney souvent copiée mais jamais égalée qui déploie ses violons dans une harmonie parfaite avec la voix d'un Macca touché par la grâce et sublimé par une reverb désormais limpide.

L'album suivant, "Rubber Soul", paru en décembre 1965 (quatre mois après "Help !") achève la période de transition des Beatles. Pour la première fois, ils proposent au public un véritable album cohérent, composé exclusivement de titres originaux et teinté d'une douce euphorie propre à cette période... Une nouvelle fois, la remasterisation apporte son lot de surprises (le solo de George Harrison sur "Nowhere Man" scintille comme jamais, John Lennon sussure " Girl " directement dans le creux de l'oreille et la basse ronfle avec bonheur sur " I'm looking through you ") Mais le meilleur reste encore à venir...

Le travail effectué sur le tandem psychédélique "Revolver"/ "Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band" vous transporte sans escale dans un paradis artificiel sans avoir besoin d'autre chose que de vos oreilles ! Ces deux albums sont depuis longtemps sujets à controverse. En effet, on dit souvent que "Sgt. Pepper" est le meilleur album des Beatles et "Revolver" le meilleur album de tous les temps ! Cherchez l'erreur... D'erreur en tous cas, il n'y a pas trace sur ces versions remasterisées. De la guitare déchirée de "Taxman" au sitar de "Love you to" en passant par les choeurs aériens de "Here, There and Everywhere" ou la batterie étourdissante de "She said she said", "Revolver" remise le pressage CD original aux oubliettes des mixages sans relief.

Même la pochette signée Klaus Voorman semble s'animer au gré des délires tourmentés de "Tomorrow never knows"... Pour " Sgt. Pepper's Lonely Heart Club Band ", le résultat est encore plus probant. Dès le titre d'ouverture, la musique prend une ampleur encore inédite sauf pour les possesseurs du vinyl original et d'une bonne platine ! La basse de Paul McCartney retrouve une chaleur longtemps oubliée, les guitares ont récupéré leur mordant et les expérimentations des Beatles peuvent enfin délivrer toute leur puissance et leur originalité. "Fixing a Hole", "Lucy in the Sky with Diamonds", "Getting Better", chaque chanson renait véritablement de ses cendres et ouvre sur une toute nouvelle expérience musicale, le point d'orgue étant bien sûr "A day in the life" et son orgasme auditif final.

L'album "The Beatles" (mieux connu sous le nom de "Double Blanc") et le testament "Abbey Road" viennent clore cette sélection. Tout sépare pourtant ces deux albums... Le premier est un fouilli génial où les Beatles encore au sommet de leur créativité livrent une partition époustouflante, mélange d'idées révolutionnaires pour l'époque alliées aux progrès des techniques d'enregistrement (désormais sur huit pistes) tandis que le second est un chant du cygne vibrant, où chaque Beatle apporte sa pierre à l'édifice successivment sans croiser les autres... C'est "Abbey Road" qui ressort le mieux du travail de remasterisation, avec des morceaux comme "I want you (she's so heavy) ", " Come Together " ou " Here comes the sun " qui montrent plus de profondeur et font ressortir leurs arrangements complexes de manière inédite... Et que dire du medley final ? Dernier leg de Paul McCartney aux Beatles qui annonce le son des futurs Jets, il a retrouvé sur cette nouvelle version la chaleur qui lui manquait depuis trop longtemps.La grande question qui se pose après l'écoute de cette collection de trésors est bien "What now ?" Que reste-t-il des Beatles que le public ignore encore ? Combien de morceaux inédits, de chutes de studio, de "Real Love" qui dorment encore au fond des tiroirs des bureaux de la pomme verte ?

Seul l'avenir nous le dira, et par pitié que les expériences navrantes de type "Love" nous soient épargnées...
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