Chronique de « Horehound » par The Dead Weather

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Barnum
Jack White collectionne les groupes comme Amy Winehouse les annulations de concerts!
Chronique de « Horehound » par The Dead Weather Etonnant petit lutin au talent bien plus éclatant que son rival Pete Doherty qui, en faisant la même chose n'arrive qu'à enchaîner les " side projects "...

L'ami White pourrait enregistrer des albums sous son propre nom et aligner les invités prestigieux mais non ! Il lui faut une nouvelle entité à chaque fois, et après les White Stripes et les Raconteurs, voici venir The Dead Weather au casting encore plus alléchant...

En effet, on y retrouve au chant Alison Mosshart (égérie féminine de The Kills à la voix venimeuse), Dean Fertita (guitariste stoner des Queens of the Stone Age) et Jack Lawrence (transfuge binoclard des Raconteurs). En résumé, quatre artistes aux styles bien différents qui unissent leurs forces pour donner naissance à une créature digne de Barnum et produire une musique proprement inclassable mais néanmoins très accessible.

On manque d'étiquette pour déterminer le style musical de The Dead Weather, et c'est tant mieux...

Le critique rock prudent parlera d'Alternative Rock, de Noisy Pop, sans pour autant réussir à s'approcher du (des ?) son étrange et dense de ce groupe qui a tout compris à l'époque dans laquelle il évolue. Et le plus malin de tous, c'est bien sûr Jack White qui a laissé carte blanche créative à ses partenaires de crime, se retranchant derrière sa batterie (son premier amour bien avant la guitare) afin de laisser s'exprimer les sensibilités très différentes qui existent chez chacun de ses musiciens.

Le résultat, c'est une collection de chansons hétéroclites et pourtant cohérentes les unes avec les autres, avec comme point commun une ambiance hypnotique d'un bout à l'autre de l'album, presque psychédélique sur certains morceaux comme " 60 Feet Tall " et sa guitare Hendrixienne, très proche d'un " If 6 was 9 ", ou encore surf sous acide avec " Rocking Horse " qui pourrait figurer sur la B.O. d'un Tarantino particulièrement en verve !

The Dead Weather ne se fixe pas de barrières et a choisi comme premier single extrait de " Horehound " un morceau lourd comme le marteau des Dieux (" Hang you from the Heavens "), de loin l'un des moins diffusables en radio, sachant que les radios le diffuseront quand même au regard du buzz qu'a produit l'album au moment de sa sortie, et ça c'est sacrément bien joué de leur part...

D'autres auraient pu choisir " I cut like a buffalo ", sorte de reggae passé à la moulinette de Link Wray et de Deep Purple, ou encore " Bone House " aux sonorités hésitantes entre électro déjanté et stoner sous amphétamines mais non ! L'instrumental " 3 Birds " aurait pu être un choix encore plus ambitieux avec son ambiance proche des dernières productions de KoRn (si si !) ou encore " Will there be enough water " très Dylanien sous influence Ry Cooder...

Bref, on pourrait étendre la liste à l'infini tant cet album est un disque de musique totale, réunissant une foule de trouvailles qui ne sont, en définitive, que des mises au goût du jour de ce que la pop music au sens noble du terme a produit de meilleur depuis quarante ans ! Un disque à écouter très fort et en boucle, à classer parmi les excellentes surprises de cette année 2009 mais en est-ce vraiment une ?

C'est en tout cas la confirmation éclatante du talent de Jack White, très certainement l'une des futures icônes du rock du XXIème siècle.
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