Chronique de "Good Evening New York City" par Paul McCartney

Par Scred | le 20/11/2009 | Les autres articles sur le Rock

S'il n'en reste qu'un...
Allons bon, encore un album live de Paul McCartney ? C’est au moins le sixième depuis 1990 !
Chronique de "Good Evening New York City" par Paul McCartney On peut légitimement se demander en quoi cela vaut la peine de l’écouter, surtout si on a eu le courage de se fader les cinq précédents ! Certes, chacun de ces disques contenait un petit truc intéressant, un titre rare, mais les années passant la qualité interprétation de Macca venait un peu ternir l’expérience... Et oui, on vieillit tous mais lui plutôt plus que les autres à ce qu’il semblait. Du coup, la référence en la matière restait « Tripping the live fantastic », témoignage flamboyant de la tournée « Flowers in the dirt » qui nous ramène bien vingt ans en arrière, à une époque où les téléphones portables et la télé-réalité n’étaient que de la pure science fiction !

Bon, j’en rajoute un peu en chargeant l’Icône, mais c’est pour bien vous faire comprendre l’à quel point je n’attendais strictement RIEN de ce « Good Evening New York City » ! Et c’est toujours dans ces moments là qu’on se fait cueillir par surprise... Enregistré au Citi Field de New York (le nouveau stade des Mets) à l’occasion de son inauguration, ce concert semble boucler la boucle entamée un demi-siècle plus tôt au Shea Stadium où les Beatles furent l’un des derniers groupes à se produire. Est-ce le poids du symbole qui a transcendé Paul McCartney pendant ces trois nuits très particulières?

Toujours est-il que le résultat est là, indéniable.

Trente trois titres, rien que ça, qui couvrent toute la carrière de McCartney depuis les Beatles jusqu’à son dernier projet, The Fireman, en passant par les Wings et ce qu’il a enregistré en son nom propre. C’est sûr qu’il y a de la matière... Et comme l’artiste est bien conscient qu’on vient surtout voir l’ex-Beatles plutôt que l’ex-Wings, c’est pas moins de vingt chansons des Fab Fours qu’on retrouve sur cet album, avec des inattendues (« I’ve got a Feeling », « Helter Skelter »), des revues et corrigées (« Something », « A day in the life » mélangée au « Give Peace a Chance » de John Lennon en guise d’hommage au cher disparu), des bienvenues (« Blackbird », « I’m Down ») et bien sûr les classiques indémodables (« Let it be », « Hey Jude », « Get Back »...). Bon, comme d’hab’ quoi !

Sauf que cette fois-ci, la qualité de chant est au rendez-vous. McCartney n’a plus chanté aussi juste depuis... Depuis quand déjà ? Your mother should know... Sa voix est de nouveau limpide et puissante, vibrante d’émotion sur « Here today » ou « My Love », pleine de violence sur « Back in the USSR », à la hauteur de sa légende en somme, et quelle légende ! C’est ça le problème avec Macca... Contrairement aux autres (Lennon, Jimi Hendrix, Jim Morrison), il a survécu et a du coup l’obligation presque contractuelle de se montrer digne du bagage qu’il trimballe derrière lui... Un peu comme son vieux pote Mick Jagger qui s’en sort très bien merci ! Mais contrairement au chanteur de The Rolling Stones qui, même s’il est sérieusement esquinté reste fascinant à voir sur scène, je ne suis pas persuadé que le support DVD soit indispensable pour profiter de ce « Good Evening New York City »...

Comme je l’ai dit plus haut, Paul McCartney n’a pas été épargné par le temps qui passe et l’on a peine à retrouver derrière le gentil grand-père aux bajoues tombantes le fameux garçon dans le vent et ça fait un peu mal au coeur. Mais bon, we still need him now he’s 64 ! Ce disque sera donc un excellent cadeau de Noël pour tous ceux qui ont envie d’une petite prolongation du plaisir suscité par le coffret remasterisé des oeuvres des Beatles.
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