Chronique "Give me that slow knowing smile" par Lisa Ekdahl
Confiserie scandinave
Pour ceux qui ne connaissent pas encore la belle suédoise, Lisa Ekdahl est à l'origine une chanteuse de jazz au répertoire orienté vers les grands standards tels que " Cry me a river " ou " It had to be you ".
Dotée d'une voix sucrée d'une pureté de cristal, elle a fait ses débuts accompagnée du Peter Nordhal Trio, une formation piano/contrebasse/batterie classique et a enregistré une dizaine d'albums, en suédois et en anglais, dont les très réussi " When did you leave heaven " et surtout " Back to earth ". Sa rencontre avec Salvador Poe (un musicien sud-américain qui deviendra par la suite son mari) l'amène sur les terres ensoleillées de la bossa nova le temps d'un album en 2000, " Lisa Ekdahl sings Salvador Poe ", qui rencontrera un certain succès dans notre beau pays, lui permettant de remplir trois Olympia, ce qui n'est pas rien.
" Give me that slow knowing smile " arrive donc aujourd'hui comme une délicieuse surprise, huit ans après son dernier album international (elle a tout de même sorti deux disques en suédois ainsi qu'une compilation entre temps), une surprise à plus d'un titre puisque la douce Lisa a décidé une fois de plus de changer de registre ! Après le jazz tendance Cotton Club, après la bossa épicée, Lisa Ekdahl nous offre un album digne de l'enfant illégitime d'un Chris Isaak et d'une Aimee Mann qui auraient écouté le Velvet Underground et les Rolling Stones pendant leur lune de miel !
Ni rock, ni complètement pop, ni vraiment bluesy mais un petit peu de tout cela à la fois, ce disque est un ravissement pour les oreilles de par la qualité de ses compositions (toutes signées par la chanteuse) et par la variété des ambiances proposées.Neuf titres à écouter le soleil dans le visage, un verre bien frais à la main, tant la musique de Lisa Ekdahl invite à la détente et au farniente...
Du titre d'ouverture qui donne son nom à l'album à " Beautiful Boy " qui le clôt, ça sent les vacances ! Entre les deux, quelques perles telles que " I don't mind " que Mick Jagger aurait très bien pu reprendre à son compte, " Don't Stop " plus proche des goûts de son compère Keith Richards, " When did you leave heaven " qui sonne franchement Lou Reed période " That Magic Moment ", ou encore ce " One Life " aux ambiances méditerranéennes. Une belle réussite donc pour cet ange fragile venu du froid qui sait pourtant si bien nous réchauffer avec ses mélodies simples et sa voix limpide.
On attend avec impatience son retour sur la scène de l'Olympia le 19 juin prochain pour un concert qui risque bien d'être unique à plus d'un titre.
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