Chronique de "Far" par Regina Spektor

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Pop

Glasnost
Il y a des disques qui vous rendent heureux sans raison particulière, par leur légèreté, l'évidence de leurs mélodies, la vibration toute particulière qu'ils vous donnent au creux de l'estomac et " Far " fait partie de ceux là.
Chronique de "Far" par Regina Spektor Regina Spektor a ce don assez rare. Elle l'avait déjà exploité avec grâce et malice sur son précédent album, " Begin to Hope ", et elle remet le couvert avec la même facilité et la même élégance en nous offrant treize nouveaux titres échappés du jardin d'Eden de la pop music, ni plus ni moins.

J'exagère ?

Entendre la voix de Regina Spektor c'est entendre ce qui se rapproche le plus de la voix d'un ange... La douceur alliée à la virtuosité.

Les ingrédients restent les mêmes : un piano aérien emprunté à son aînée Tori Amos, accompagné par une voix à l'accent délicieusement sucré, héritage de ses origines moscovites, le tout au service de chansons joyeuses tantôt douces comme des comptines ou endiablées, et ce quelque soit les paroles qu'elle choisit de poser dessus. Preuve en est ce " Laughing with " délicieux qui reprend le thème du " Blasphemous Rumours " de Depeche Mode, soit la question de savoir si Dieu a le sens de l'humour.

Un texte dramatique servi sur un plateau débordant de fleurs multicolores, du pur génie !

On retiendra également quelques morceaux enjoués (" Eet " qui fait passer Coldplay pour une bande d'amateurs, " Folding Chair " à la frontière du ska et de " Grease ", " The Calculation " très proche de l'univers de Kate Bush), ainsi que d'autres plus romantiques pour pas dire mieux (" Human of the year ", " Genius next door ", " Man of a thousand faces ") et puis tout le reste, inclassables diamants dans un écrin de nuages à l'image de la pochette très réussie évoquant Tim Burton.

Que dire de " Dance Anthem of the 80's ", ou " One more time with feelings " par exemple?

C'est là que le critique s'efface et laisse la place à la musique tant cette dernière laisse sans voix et rêveur... On se pose pendant une petite demi-heure de sa vie et on plonge dans les histoires que nous raconte Regina Spektor avec une maturité éblouissante du haut de ses 29 ans (et déjà six albums !) en attendant de la voir en chair et en os !

Quand on pense qu'elle a squatté un café parisien pendant plusieurs semaines au début de sa carrière, toute seule derrière son piano, j'étais où à ce moment là moi ? C'était avant de faire les premières parties de ses amis les Strokes ou les Kings of Leon qui pourtant ne lui arrivent pas à la cheville...

En tous cas, elle n'aura pas volé son petit médaillon de disque du mois !
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