Chronique de l'album "Izia" par Izia

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

Izia Bon !
D'ordinaire je ne suis pas trop fan des " fils de ", avec quelques exceptions qui confirment la règle bien entendu (-M- ou Jeff Buckley par exemple).
Chronique de l'album "Izia" par Izia En effet, je ne vois aucune raison pour que le talent soit héréditaire...

Ce n'est pas parce qu'on grandit dans un milieu baigné de musique, sous l'influence de gens extrêmement doués que l'on va se mettre à pondre à son tour des mélodies imparables, soyons logiques !

La meilleure preuve à mon sens était Arthur H., le fils de Jacques Higelin. Tant la folie et la sensibilité du père m'ont toujours enchanté, tant le fils m'a toujours gonflé avec sa voix de pochtron et ses compositions bancales.

Y'en a qui aiment, pas moi.

Quelle ne fût pas ma surprise en lisant les notes de la pochette de l'album d'Izia de découvrir que la punkette déchaînée qui s'égosillait avec bonheur dans ma stéréo n'était autre que la soeœur de ce dernier ! Sacrée surprise, car si l'on pouvait aisément établir la filiation entre Arthur et Jacques, il faut se lever tôt pour trouver un point commun entre Izia et la famille Higelin. Pour commencer, Izia chante en anglais avec un accent parfait. Ensuite, si Izia devait être issue d'une union de célébrités, ce serait plutôt du mariage improbable entre Patti Smith et Pete Townsend (The Who, je le précise pour mes plus jeunes lecteurs !).

Je vous l'accorde, une telle progéniture n'aurait certainement pas le visage d'ange qu'affiche la jeune fille qui nous intéresse aujourd‘hui avec tout le respect que je dois à ces deux monstres sacrés du rock, et quand je dis monstres...

bref ! Parlons musique, il sonne comment le disque de la môme Higelin ?

Il vous ramone les étagères à mégots, il vous retourne les cages à miel, voilà comment il sonne le bougre ! Et ce n'est qu'un premier album ! Dès les premiers accords de " Back in Town ", le premier single évident, on sent que ça va être du brutal. Les guitares sont tranchantes et précises comme des coups de cutter, la voix est puissante, juste et pleine d'urgence et nous entraîne dans un mouvement de tête vertical bien connu qui est la marque de fabrique des chansons qui rockent dès la première écoute...

Certains critiques ont comparé Izia à Janis Joplin après avoir découvert ce titre, sans doute à cause de certaines vocalises écorchées qu'affectionnait particulièrement la reine de San Fransisco, mais pourtant rien n'est plus déplacé.

Chez Izia, ce n'est pas la paix et l'amour qui dominent le propos, mais bien la colère qui enflamme son vibrato sur " Hey Bitch ", " Let me alone " ou " The Light " (qui n'aurait pas déplu à Noir Désir dans leur jeune temps).

Premier album oblige, on retrouve de nombreuses autres influences éparpillées de ci de là (Pixies sur " Take me back ", Red Hot Chili Peppers sur " Blind " ou encore Blondie sur " Lola ") mais l'ensemble reste très cohérent dans un registre punk rock vintage balancé à cent à l'heure, le couteau entre les dents.

A ce propos, il faut rendre hommage au groupe qui accompagne Izia et qui est pour beaucoup dans la qualité du son général tant il est carré et sert magnifiquement la voix de la belle énervée, notamment sur les morceaux plus lents (" Life is going down ").

En résumé, cet album est une réussite complète et se confirme sur scène à chaque apparition d'Izia (qui écume les festivals pendant tout l'été, comme il se doit lorsqu'on cherche à se construire une crédibilité en dehors des plateaux de télévision).

Maintenant, feu de paille ou artiste émergente, seul l'avenir pourra nous le dire mais personnellement je mets un billet sur la miss...
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