Chris Robinson Brotherhood - "Big Moon Rising"

Par Scred | le 05/06/2012 | Les autres articles sur le Rock

Grateful Crow
Après l’envol très convainquant du petit frère Rich qui nous avait offert l’excellent « Through A Crooked Sun » l’an passé, c’est au tour de Chris Robinson de profiter de l’abandon provisoire du nid des Black Crowes pour nous proposer un album reflétant sa vision intime d’un rock que l’on croyait disparu dans les microsillons de l’histoire.
Chris Robinson Brotherhood - "Big Moon Rising" Si Rich Robinson assume sans complexe ses influences country folk héritées de Crosby, Stills, Nash and Young et des Rolling Stones, Chris quant à lui n’a jamais caché son attirance vers un rock psychédélique plus pur, dans la grande tradition du Grateful Dead et de Quicksilver Messenger Service… Amis des riffs basiques et de la simplicité d’un rock épuré, passez votre chemin, « Big Moon Ritual » nous invite à un voyage complexe et délirant aux effluves de shilom bien garni !

On a tendance à oublier l’importance cruciale du rôle joué par Jerry Garcia et sa bande à l’orée des années 70 dans l’évolution du blues et du rock vers une musique hybride, libre de toutes contraintes, où la part belle était faite aux musiciens, se rapprochant presque des jazzmen dans l’esprit d’improvisation qui présidait aux prestations live du Grateful Dead… C’est cette âme que Chris Robinson tente de ressusciter au travers des sept titres qui composent cet album.

Seulement sept ? Il faut dire qu’avec huit minutes de moyenne au compteur pour chaque chanson, le groupe aurait eu du mal à en caser plus pour atteindre l’heure de musique ! Et quelle musique… Embarquant dans l’aventure George Sluppick, l’ex-batteur de Sha Na Na, le clavier des Black Crowes Adam MacDougall, Mark Dutton des Burning Tree et son vieux compère Neal Casal à la guitare, le corbak en chef lâche la bride à ses envies et réalise l’album que les Black Crowes ne pouvaient pas enregistrer.

« Tulsa Yesterday » met les choses au point d’entrée de jeu, guitares claires et tournoyantes, clavier guilleret et mélodie made in San Francisco de rigueur, on se croirait de retour au cœur de Haight Ashbury à la grande époque ! Ménageant des plages de calme succédant à quelques envolées de saturation à fort pouvoir hallucinogène, la chanson transporte l’auditeur tout au long de ses onze minutes, hypnotisé par la voix de Chris Robinson qui conserve tout son potentiel soul et semble heureux comme jamais….

« Rosalee » enfonce le clou encore plus profondément, on est à la limite du mimétisme avec le Dead jusqu’à la moitié du titre qui part dans un tourbillon de sons étranges et presque Floydiens avant de tomber dans le gospel, expérience fascinante ! « Star Or Stone » joue par opposition la carte de la simplicité, une ballade californienne aérienne qui s’étire en longueur au gré des improvisations de Neal Casal, une respiration bienvenue avant « Tomorrow Blues » et son clavier littéralement extra-terrestre, que l’on retrouvera sur « Reflections On A Broken Mirror » dans une version plus country, mais toujours aussi planante.

C’est d’ailleurs cette ambiance qui perdurera jusqu’à la fin de l’album, « Beware Oh Take Care » et « One Hundred Days Of Rain » mettant avant tout en valeur la voix de Chris Robinson dans son registre de prédilection, une soul matinée de country si chère au rock sudiste en général qui contraste avec les montées lysergiques des premiers titres mais après tout, il faut bien une descente et si elle peut être douce, ce n’est que meilleur…

Au final, si l’on reste persuadé que Chris Robinson n’est jamais si bon que lorsqu’il officie au sein des Black Crowes, cet album est un excellent moyen de patienter avec le retour aux affaires des plumitifs, à consommer sans modération aucune tant qu’il est en vente libre !
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