Chris Isaak - "Beyond The Sun"

Par Scred | le 15/12/2011 | Les autres articles sur le Rock

Le soleil dans les yeux
On ne présente plus Chris Isaak, surtout auprès de ces dames, mais ce serait un peu réducteur d’enfermer le langoureux auteur de « Wicked Game » et de « Blue Hotel » dans la case de chanteur de charme, même s’il excelle dans le genre. Chris Isaak est avant tout un amoureux de l’Amérique des années 50, d’un rock n’ roll à la pureté virginale, celui qui a vu le jour dans l’intimité des studios Sun de Memphis sous l’impulsion d’un jeune gars pas encore roi qui avait refusé de choisir entre blues et country.
Chris Isaak - "Beyond The Sun" Après une carrière passée à rendre hommage à Elvis dans l’ombre, Chris Isaak a décidé de franchir le pas et d’aller poser sa guitare dans les mythiques studios Sun histoire de se confronter à la légende. Il n’est certes pas le premier à tenter le coup et nombreux sont ceux qui s’y sont cassé la banane, de Bruce Springsteen à Bono, mais c’est presque un passage obligé, comme un sacrifice rituel au dieu du rock que de ployer un genou au sol et de passer pour un bleu en reprenant un titre du King.

Sauf que cette fois-ci, Chris Isaak s’est glissé dans les cuirs de l’idole, a pris place dans la même cabine d’enregistrement et n’a pas cherché à faire son original en enregistrant ce « Beyond The Sun », compilation initialement prévue pour être uniquement composé de reprises de Presley qui a finalement dévié de sa route pour s’ouvrir à d’autres titres légendaires qui ont vu le jour entre les murs des studios Sun. Et comme l’ambiance des lieux est propice à réveiller la créativité, quelques fantômes aidant, Chris Isaak a fini par ajouter au mélange quelques chansons de son propre cru.

Le résultat est donc aussi homogène que varié, l’auditeur naviguant dans des eaux familières au rythme des chansons choisies avec soin par Chris Isaak, un choix éclairé puisque l’on évite soigneusement les poncifs « That’s Alright » et autres « Hound Dog » pour se concentrer sur des titres bien connus des amateurs d’Elvis Presley mais peut-être un peu moins du grand public qui ne connaît la musique du King qu’au travers de compilations de ses plus grands hits.

« Trying to Get to You » par exemple, « I’m Gonna Sit Down and Cry (Over You)» ou encore « I Forgot to Remember to Forget » sont des morceaux qui méritaient amplement ce petit coup de projecteur, un coup de projecteur que Chris Isaak donne sans se mettre en avant, tant le mimétisme avec les versions originales de Presley est saisissant. Mais le bonhomme ne s’arrête pas là… Dans la foulée, il s’attaque à d’autres chansons nées entre les murs de Sun, « Ring Of Fire » et « I Walk The Line » de Johnny Cash, « Great Balls Of Fire » de Jerry Lee Lewis ou encore « Oh, Pretty Woman » de Roy Orbinson qu’il interprète à la façon d’Elvis d’une manière assez jouissive.

Du coup, les titres originaux que sont « Live It Up » ou « Miss Pearl », petites réminiscences rockabilly non dénuées d’intérêt, font pâle figure à côté des monstres sacrés évoqués plus haut… Emporté par son élan, Chris Isaak a voulu se mesurer au mythe et le mythe a gagné, forcément. Mais peu importe, l’essentiel est d’avoir essayé ! Au final, les fans du beau gosse à la voix de velours seront ravis du cadeau car c’en est un, tant le plaisir qu’a pris Chris Isaak à enregistrer ces chansons est manifeste et contagieux. Les adorateurs d’Elvis, eux, crieront au scandale, c’est une évidence…
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