Chris Duarte & Bluestone Company - "396"

Par Scred | le 11/01/2010 | Les autres articles sur le Blues

Blues au soleil levant
Lors de la sortie de « Blood Sugar Strat Magik » en 1994...
Chris Duarte & Bluestone Company - "396" Lors de la sortie de « Blood Sugar Strat Magik » en 1994, Chris Duarte s’est immédiatement imposé comme le fils naturel de Stevie Ray Vaughan avec son blues nerveux et agressif à tendance funky (d’où la référence explicite aux Red Hot Chili Peppers dans le titre de son album). Depuis, le guitariste virtuose nous a offert un album tous les trois ans en moyenne, de même facture. Rien de révolutionnaire, du blues texan qui groove méchamment exécuté à coups de Stratocaster usée jusqu’aux cordes, mais qui sonne faut voir comment !

Or aujourd’hui, il y a quelque chose de nouveau sous le soleil levant... Oh, rien de décisif au niveau du son rassurez-vous, « 396 » est un album qui suit la recette de ses grands frères ! La petite innovation réside dans le groupe qui accompagne Chris Duarte dans son entreprise, Bluestone Company, un Blues Band... japonais ! Et oui, on peut jouer tout aussi bien la musique du diable à Austin TX qu’à Yokohama !

Le résultat est édifiant : douze titres impeccables où l’Occident et l’Orient se rencontrent dans un jam mémorable faisant fi des différences culturelles afin de rendre hommage à toute cette musique qu’on aime, qui vient de là... Chris Duarte a d’ailleurs laissé une très grande marge de manœuvre à son vis à vis nippon, Toshihiro Sumimoto, qui assure toutes les parties de slide guitar sur l’album avec un talent incontestable. Les deux hommes se livrent même à un duel épique sur le blues lent « Mad as I can be » dont on ne ressort pas indemne.

On s’attardera en priorité sur des morceaux comme « Angela » et son riff lourd et très rock, « Give it back to me » où Chris Duarte se la joue Carlos Santana l’espace d’un solo, le très dansant « Back in town » ou encore « The Ballad of Kohima Ridge » où le groupe flirte allègrement avec le rock sudiste à la Lynrd Skynrd. On retrouvera également avec bonheur l’ombre du « Let me love you babe » de Stevie Ray Vaughan sur « Still I think of you », qui pourrait fort bien être la suite logique du titre de SRV : elle a dit oui, puis elle est partie, air connu.

En résumé, « 396 » est un très bon album sans prétention, pour public averti, qui nous rappelle s’il en était besoin qu’à un an de l’anniversaire des cent ans de la naissance de Robert Johnson, le blues est toujours vivace et n’a pas peur d’aller explorer de nouveaux horizons, même lointains !
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