"Chorus" présenté par Antoine de Caunes

Par Scred | le 26/12/2010 | Les autres articles sur le Rock

Enfant du rock
Si comme moi vous vous prélassez dans une trentaine confortable, vos premiers souvenirs rock à la télévision française doivent s’appeler « Rapido » ou pour les plus anciens « Les enfants du rock ». Point commun de ces deux programmes d’exception, un certain Antoine de Caunes, pas encore trublion aux mille visages sur Canal+.
"Chorus" présenté par Antoine de Caunes Ahhh, « les enfants du rock », émission mythique diffusée tard le samedi soir qui m’a collé une paire de baffes mémorable une nuit où mes parents avaient déserté la baraque avec pour consigne « te couches pas trop tard surtout ! ». Ce soir-là, c’était une spéciale punk et j’ai mangé sans trop comprendre ce qui m’arrivait les Sex Pistols et The Clash en plein dans les dents. Séquelles irréversibles…

A partir de là, je devais déjà une fière chandelle à Antoine de Caunes, sans savoir que le garçon avait déjà sévi quelques années auparavant avec une émission intitulée « Chorus » à la programmation tout aussi brillante et déjantée, dont la qualité devait beaucoup à l’explosion de groupes incroyables dont a été témoin la fin des années 70. Et fort heureusement, comme il existe une bonne fée (électricité ?) pour les rockeurs, l’INA vient de rééditer un coffret luxueux de trois DVD regroupant le meilleur des années « Chorus », histoire de raccrocher les wagons !

Au programme, une foultitude d’extraits live d’artistes aussi divers que Téléphone, Trust, Magma ou Jacques Higelin (pour les français) accompagnés de pointures telles que les Ramones, The Jam, Dire Straits ou encore Peter Gabriel. Pas mal déjà mmh ? Et encore, j’en oublie. The Cure par exemple, qui interprète une version préhistorique de « A Forest » encore intitulée « In the Night » à l’époque, version qui met en avant les racines punk d’un groupe qui imposera sa marque sur la future New-Wave encore au stade embryonnaire, ou encore Link Wray qui livre une version enfiévrée de son légendaire « Rumble »… Images rares pour moments inoubliables.

Mais le plus beau, le meilleur, le à peine croyable se trouve dans les trois longs formats de ce coffret, un par DVD, qui nous proposent de découvrir des lives inédits de The Police, ZZ Top et The Clash. Là, on ne touche plus terre… Voir ZZ Top à la fin des années 70 au pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne est en soi un truc assez surréaliste ! Billy Gibbons n’est pas encore le Révérend, il sautille d’un bout à l’autre de la scène, maltraitant sa chère Les Paul Pearly Gates que l’on n’a pas si souvent l’occasion de voir en pleine action et offre au public une prestation éblouissante avec des titres comme « Cheap Sunglasses », « A fool for your stockings » ou encore « El Diablo » pour finir sur un « Tush » brûlant comme le désert texan… Culte !

Et puis il y a The Clash. Le groupe punk le plus inventif de sa génération était invité par « Chorus » en exclusivité à se produire sur la scène du Palace, à peine quelques semaines après la sortie de « London Calling », l’une des dix merveilles du rock (dixit Antoine de Caunes). La période est idéale, le public est prêt à bouffer du décibel et le résultat est tout simplement magique… De « Jimmy Jazz » à « Garageland » en passant par « Tommy Gun », « Janie Jones », les indispensables « London Calling » et « Spanish Bombs », l’héroïque « Complete Control » ou encore « Train in Vain », le groupe de Joe Strummer nous remplit d’une énergie contagieuse et nous fait regretter une fois encore la disparition du chanteur, du showman et surtout du bonhomme extraordinaire au sens littéral du terme qu’il était…

Rien que pour ce concert, l’achat du coffret vaut le coup et si c’est trop cher, rien ne vous empêche d’aller sur le site officiel de l’INA pour y retrouver tous ces documents avec en prime la bouille juvénile d’un Antoine de Caunes d’à peine vingt printemps, rouflaquettes au vent. Alors les mecs, vous êtes encore là, vous attendez quoi ?






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