Cascadeur - "The Human Octopus"

Par Scred | le 11/04/2011 | Les autres articles sur le Pop

Vol Planant
Curieux objet que cet album… « The Human Octopus » attire l’œil avant de faire du charme à l’oreille, grâce au concept proposé par son auteur, le mystérieux Cascadeur. Des artistes qui se dissimulent le visage, on connaît, de Daft Punk à Slipknot pour prendre les deux extrêmes du spectre musical (les rappeurs encagoulés de comptent pas), rien de nouveau sous la lune. Pour autant, Cascadeur se démarque de ses collègues par le décalage produit par la rencontre de son nom, de son image (un masque de catcheur mexicain sous un casque et une combinaison de pilote) et de sa musique. En effet, à défaut des acrobaties vertigineuses auxquelles on pourrait s’attendre, Cascadeur nous propose un vol planant…
Cascadeur - "The Human Octopus" Cascadeur définit son identité d’une manière simple : « Un cascadeur, c’est justement quelqu’un de très prudent, qui connaît les risques et qui dure ». De fait, le garçon n’en est pas à son coup d’essai. Après trois albums autoproduits et de nombreuses prestations scéniques remarquées, « The Human Octopus » arrive comme la conclusion logique d’un cycle. Toujours produit par l’artiste lui-même dans son home-studio rebaptisé « Cascadrome », ce premier album à bénéficier d’une distribution propre à toucher un public assez large est déjà un bilan de cinq années de carrière.

Et un bilan sacrément positif, si l’on en juge par la qualité des dix titres qui composent « The Human Octopus ». Le style de Cascadeur navigue dans des courants paisibles déjà empruntés avant lui par d’illustres aînés tels que Jeff Buckley (« Walker », « Into the Wild »), Anthony and the Johnsons (« Meaning », « Memories ») ou Coldplay (« Your Shadow», « Waitin’ »), allant parfois même taquiner le sillage du vaisseau fantôme des Pink Floyd au détour d’un arrangement (« The End », « Glam»).

Peu d’expérimentations dans tout cela, juste quelques mélodies harmonieuses servies par une production maison de grande qualité qui, si elle n’a rien de fondamentalement révolutionnaire, permet d’apprécier la délicatesse de la voix de Cascadeur et l’élégance de ses compositions qui n’a d’égale que l’inventivité de ses orchestrations (la chorale qui l’accompagne sur une bonne partie de l’album fait son petit effet, tout comme le choix de certaines sonorités analogiques bien vintages).

Cascadeur signe donc avec « The Human Octopus » un album aérien et inspiré qui ravira les amateurs de musique atmosphérique mais que l’on déconseillera fortement aux énervés de la double grosse caisse… Il en faut pour tous les goûts ! Seul ombre au tableau, si l’alliance du concept et de la musique fonctionne à merveille sur cet album, qu’en sera-t-il du suivant ? Sous peine de se répéter, Cascadeur se doit de trouver une nouvelle pirouette afin de ne pas tomber dans la redondance… C’est le moment ou jamais de prendre des risques amigo !
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