Le cas Orelsan

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Hip Hop

Explicit Lyrics
J'adore quand des gens " bien pensants " se mettent à penser à la place des autres...
Le cas Orelsan Le dernier sujet à la mode, c'est bien sûr le " Sale Pute " d'Orelsan, sujet un peu frelaté qui revient sur la table régulièrement tant il permet aux " spécialistes " de s'écouter parler. Est-il besoin de rappeler le fond de l'affaire ?

Allons-y, tant qu'on y est...

Le rappeur Orelsan a écrit un morceau où il personnifie un homme trompé par sa petite amie, qui réagit très violemment en lui souhaitant un calvaire insoutenable. Là-dessus, la tempête médiatique s'est emballée avec son cortège de sociologues, de psychologues, de gens qui n'y connaissent rien pour dire les choses autrement, rien en ce qui concerne la musique. Et oui, car nous parlons de musique en l'occurrence !

Et d'expression artistique, ne l'oublions pas. Qu'est ce donc que l'expression artistique ? D'après la majorité des commentateurs, il semblerait qu'en 2009 il s'agisse d'un discours à prendre au premier degré et que la notion de licence poétique appartienne à une époque révolue. Orelsan le rappelle très bien d'ailleurs... Lorsque Georges Brassens parle d'un gorille qui sodomise un juge ou d'une foule vengeresse qui émascule des gendarmes, nous sommes dans la culture ! Par contre, si un jeune rappeur parle des violences faites aux femmes (et les dénonce par la même occasion, chose que peu de gens ont semblé comprendre), c'est un appel au meurtre !

C'est curieux, pourtant je l'ai compris tout de suite qu'il s'agissait d'une caricature, d'une critique virulente des mœurs de certaines personnes de sa génération, d'un diagnostic impitoyable sur le fossé qui commence à séparer les sexes dans certaines couches de la population ! Est-ce à dire que je suis plus intelligent que tous ces messieurs-dames bardés de diplômes ? J'en serais flatté, mais je pense plutôt qu'il s'agit d'une question d'oeœillères. Et ce n'est pas nouveau !

Vous souvenez-vous de " One in a Million " de Guns n' Roses, un titre où Axl Rose incarnait un américain raciste qui crachait sa haine des noirs, des latinos, des homosexuels, dans le but de ridiculiser ces mêmes racistes ? Et bien le résultat fût à peu près le même, levée de boucliers, cris des associations, etc. Gros déficit de cerveaux déjà à l'époque. Et que dire de certains titres de Marilyn Manson censés provoquer des suicides, ou d'AC/DC qui seraient à l'origine de meurtres sanglants et/ou de dévotion satanique (ils furent interdits de séjour en Espagne pour ce motif pendant plusieurs années) ?

Pour rester dans le rap, Eminem y avait eu droit également avec " Kill You " où il réglait ses comptes avec une mère abusive, mais de manière plus mesurée parce que vous comprenez, une mère toxicomane et à moitié prostituée, elle devait un peu le mériter... Gerbant.

Au final, c'est évidemment beaucoup de bruit pour rien et le résultat est bien souvent un coup de pub inespéré pour les artistes en question, sauf que pour Orelsan, il en va autrement. En effet, du fait de sa déprogrammation de nombreux festivals, de son bannissement des médias en termes de promotion et de la campagne de dénigrement qui l'entoure, ce garçon est en train de voir sa carrière s'effondrer avant même qu'elle ait commencée.

Bon, soyons honnêtes, le fait qu'il y ait un rappeur français de moins pour nous casser les oreilles (entre autres) ne m'empêchera pas de dormir, bien au contraire ! Mais voilà, il y a des principes dans la vie et l'un des plus forts nous vient de Mr de Voltaire, qui disait " Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ". Dans mon langage, cela pourrait se traduire par " je n'aime pas ta musique mais je me battrai pour que tu puisses la faire ".

Non mais...
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