Carton rouge au Grand Journal de Canal +

Par Scred | le 14/05/2010 | Les autres articles sur le Pop

Gorillaz dans la brume
Mercredi 12 mai, Michel Denisot et son équipe recevaient Gorillaz sur le plateau du Grand Journal pour un concert exceptionnel, exceptionnel car le groupe le plus rare de la planète sélectionne minutieusement ses apparitions en chair et en os…
Carton rouge au Grand Journal de Canal + Deux certitudes sortiront de cet évènement… La première, c’est que la nouvelle incarnation de Gorillaz avec les ex The Clash Paul Simonon à la basse et Mick Jones à la guitare est sans doute la meilleure du groupe à ce jour. Damon Albarn pose avec beaucoup d’humilité au milieu de la photo de famille, sagement assis derrière sa guitare pendant qu’il chante « On Melancholy Hill », l’un des meilleurs titres de l’album « Plastic Beach ». Chose étonnante, le morceau sonne mieux en live que sur le disque, faut le faire !

La seconde certitude, c’est que Gorillaz ne remettra jamais plus les pieds à Canal +…

Passons sur les maladresses techniques de la part du réalisateur de l’émission qui a sabordé le prologue de l’interview, une intervention de Murdoc (l’alter-ego maléfique virtuel de Jamie Hewlett) se moquant de Damon Albarn, ou encore sur Michel Denisot appelant le groupe « Godzillaz » (sic !), car le pire était encore à venir…

En effet, comment peut-on être à la tête d’une émission aussi prestigieuse, se prétendre journalistes et poser des questions aussi nulles et hors sujets à l’un des meilleurs musiciens du moment ? Savaient-ils seulement qui ils avaient en face d’eux ?

Dès la deuxième question, Elise Chassaing effectue une magnifique sortie de route en comparant le graphisme de Gorillaz avec l’univers de Tim Burton en citant « Mars Attack ». Regard incrédule de Damon Albarn… En gentleman, il évite de relever et se contente de dire qu’il adore le cinéma de Burton. Mlle Chassaing connait-elle le travail de Jamie Hewlett, auteur des personnages de Gorillaz et papa de la célèbre Tank Girl ? J’en doute fortement. Une interview, ça se prépare jeune fille !

En grand professionnel, Michel Denisot sent la gêne de son invité et enchaîne sur une série de citations attribuée à Albarn afin de le faire réagir sur un autre sujet et là, re-bide ! Le chanteur esquisse un sourire et déclare ne pas se souvenir de ces déclarations ! C’est le moment que choisit Ariane Massenet pour nous sortir la question d’intérêt général, à savoir la passion que voue Paris Hilton à Damon Albarn. Visiblement épuisé par tant de platitude, ce dernier ne prend même pas la peine de répondre et regarde ailleurs. Au moins, Massenet ne lui aura pas demandé de chanter « Clint Eastwood » a cappella, c’est déjà ça…

Au final, Gorillaz était censé chanter deux titres à la fin de l’émission, ils n’en feront qu’un (« Rhinestone Eyes »), il ne faut pas en chercher la raison bien loin. Voici donc quelques pistes pour ces pseudo-journalistes payés une fortune pour brasser du vent : essayer de parler du rapport de Damon Albarn avec les légendes du rock que sont Paul Simonon et Mick Jones, le fait de travailler avec Simonon augure-t-il d'un nouvel album de leur projet commun "The good, the bad and the queen", comment explique-t-il le succès de Gorillaz par rapport à celui de Blur, le fait qu’une icône de la pop comme lui ait choisi de vivre caché derrière un cartoon pour enregistrer ses meilleures chansons, etc.

Manifestement, lorsque le Grand Journal est à Cannes, il se croit en vacances… Moi, j’appelle ça du gâchis. Carton rouge !
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