Cage The Elephant - "Thank You Happy Birthday"

Par Scred | le 18/07/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Trompe la mode
Depuis quelques années, la plupart de ce qui se faisait d’excitant dans le rock indé nous venait d’Angleterre, nos amis américains se retranchant prudemment dans une célébration de l’héritage des glorieuses sixties et/ou du retour à la réalité brutal des seventies. Cela s’appelle un revival, ça arrive tout le temps, rien de bien nouveau sous le soleil. Sauf que voilà, le rock n’aime pas les mecs trop prudents.
Cage The Elephant - "Thank You Happy Birthday" Cage The Elephant aime prendre des risques, cela saute aux oreilles. Plutôt que de surfer sur la vague, les guitares millésimées et les références à « Led Zeppelin-plus-grand-groupe-du-monde » ou aux « Stones-on-a-pas-fait-mieux-depuis », ils ont décidé d’assumer des références plus contemporaines, des trucs cradingues oubliés dans le fond du panier à linge depuis un bon moment, depuis que le shampooing est redevenu de rigueur et que le larsen en dérapage incontrôlé a été taxé d’amateur.

En interview, Cage The Elephant a du mal à répondre à une question sans citer les Pixies une phrase sur deux… Comme on les comprend ! C’est d’autant plus logique que leur musique respire la folie mélodique et le délire ultrasonique du groupe emmené par Black Francis… Tiens, écoute donc cette guitare surfisante mêlée de hurlements libérateurs annonçant un break à la « Subbacultcha » sur « Indy Kidz » le bien nommé ! Elle n’aurait pas pu figurer sur « Trompe Le Monde » celle-là ? Bien sûr que si.

Tout comme le titre suivant d’ailleurs, « Shake me down », même si la mélodie légère et accrocheuse qui sert de base au morceau évoque plutôt un groupe comme Pavement, Pavement qui s’est reformé il n’y a pas très longtemps, tout comme les Pixies quand on y pense… Qu’est-ce à dire, est-ce un signe ? L’ère du T-shirt déchiré et de la chemise à carreaux est-elle en train de refaire surface ?

Aucune importance, c’est de musique dont on parle, pas de mode. Et en ce qui concerne la musique, avec des trucs comme « Aberdeen », mariage parfait entre garage négligé et mélodie efficace, on est servi. Même punition sur « Rubber Ball », ça sent le truc enregistré à la maison, une clope encore fumante mal écrasée dans le cendrier, la bière tiède posée à côté du magnétophone et un p’tit gars visité par la grâce de l’inspiration qui fait s’arrêter le temps en trois accords.

Ou l’accélérer, c’est selon. Entre lâchages punk (« Japanese Buffalo », « Sell Yourself ») et fulgurances pop à haut rendement (« Around my head », « Rught before your eyes »), on ne peut qu’être ébloui par la qualité des chansons présentes sur ce « Thank you happy birthday » (vraiment pas de quoi les mecs), deuxième album d’un groupe à surveiller de très près tant il promet de nous étonner dans les années à venir.

Et pourquoi pas ? Ils sont jeunes, pas vraiment beaux, ont bâti leur culture musicale en téléchargeant avec gourmandise tout ce qui se faisait de mieux entre « Surfer Rosa » et « In Utero » et donnent l’impression salutaire de se foutre complètement de ce qui leur arrive ! Autant de raisons d’y croire…
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