Buffalo Summer : "Second Sun"

Par Scred | le 16/05/2016 | Les autres articles sur le Hard Rock

Fils Prodiges
Je ne vais pas recommencer mon petit laïus sur les groupes qui débarquent de nulle part avec en bandoulière l’ambition (et les moyens) de réveiller ce grand corps malade qu’est le rock n’ roll en ce début de XXIème siècle… En attendant, ça fait un bien fou de constater que les kids sont toujours alright et pas prêts à brader l’héritage des pères fondateurs ! Ils sont un paquet à avoir tenté l’aventure ces dernières années, fers de lance de ce fameux « classic rock revival », The Answer, Airbourne, The Parlor Mob, Blackberry Smoke, j’en oublie et à chaque fois, on se prend à rêver…
Buffalo Summer : "Second Sun" Rêver d’un club obscur et enfumé qui vit les débuts d’un Skynyrd prompt à déclencher bagarres et jets de bouteilles, d’une salle bruissante d’excitation à l’idée de découvrir le nouveau projet de l’ex gratteux des Yardbirds, un truc appelé Led Zeppelin (tu connais ?), des premiers pas d’une bande de chevelus d’Atlanta emmenés par deux frangins emplumés, grands amateurs de substances prohibées et d’un rock d’un autre âge…

T’étais où quand ces mecs là ont commencé à changer le monde ? Le leur en tous cas ? Fort à parier que, comme ma pomme, tu n’étais pas né ou trop loin. Du coup, cette nouvelle vague de rockers, c’est un peu notre chance de se rattraper, de faire comme si, pour peu que les mecs assurent tu vois ? Et là les enfants, laissez-moi vous dire que je tiens des candidats parfaits !

Buffalo Summer, ça t’évoque quoi ? Un soleil écrasant finissant de polir un crâne de vache dans le désert du Nevada peut être, ou bien un arrière goût de Southern Comfort au volant d’un pick up sur une route de Georgie, la radio à fond envoyant un truc des Allman Brothers ? Pas mal. Pas loin. Mais complètement à côté de la plaque !

Nos p’tits gars débarquent du Pays De Galles, « Southern Wales » comme ils disent avec malice, eux qui confessent n’avoir jamais foulé le sol américain ! Tu déconnes ? Ben non. Les deux musiciens qui me regardent avec un air amusé à ce moment précis sont contents de leur effet ! Andrew Hunt (chant) et Jonny Williams (guitare) ont encore cette candeur propre aux mecs qui font « ça » pour le plaisir plus que pour la gloire.

Et quel plaisir… Une semaine déjà que le premier single de leur futur album tourne en boucle sur ma platine, « Make You Mine » que ça s’appelle, un riff qui ferait pâlir d’envie Warren Haynes, un refrain imparable, un rythmique en mode Caterpillar, la totale, du coup je ne peux pas m’empêcher de faire le mariole.

-« Hey les gars, pourquoi pas mettre ce titre en ouverture de l’album ? J’ai tendance à passer les deux premières chansons du coup, c’est pas dommage ? »

- « Ben non, t’as pas remarqué que souvent, les meilleurs singles sont en troisième position sur les tracklists ? » Et de me citer les Black Crowes, Deep Purple, les Beatles… « Y’a qu’AC/DC qui fait ça systématiquement ! » Pan dans les dents.

Simplicité, c’est le maître mot. En essayant de creuser un peu, tout en parlant plus de la musique des autres que de la leur au final, je réalise que Buffalo Summer ne planifie pas, ne réfléchit pas trop, les mecs veulent juste JOUER ! Jouer juste, jouer bien et jouer fort tout en distillant ici et là quelques surprises…

Comme ce « Light Of The Sun » inspiré par la visite d’Andrew à un cimetière militaire en Normandie, « Neverend » qui n’aurait pas dépareillé sur un album des Queens Of The Stone Age, l’incroyable riff de « Priscilla » et son break acoustique qui vous prend en traître, ou encore le génial « Water To Wine » à la mélodie aussi subtile et accrocheuse que l’ensemble du truc vous donne l’impression d’un bulldozer qui aurait perdu ses freins !

« Sympa ton t-shirt des Black Crowes ! Tu les as vu en concert, incroyable non ?» que me dit Jonny. Sérieux bonhomme, tu préfères pas parler de ta musique ? Ben non. Parce que c’est pour ça qu’ils sont là avec ce second album, le sourire aux lèvres et une sacrée envie de faire résonner leur rock sudiste du mauvais côté de l’atlantique… Révélation ? Tu parles Charles, confirmation.
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