Bruce Springsteen - Working on a Dream
Bosser ou rêver...
Le Boss est heureux. Deux fois de suite qu'il s'était égosillé pour faire élire un candidat à la maison blanche avec le résultat que l'on sait, il y avait de quoi le maintenir dans un état de sainte colère, une colère rudement bien mise à profit sur son dernier opus Magic , le bien nommé.
Et puis voilà que cette fois ça y est, Barack Obama est élu et l'espoir renait ! Une route nouvelle s'ouvre pour l'Amérique malgré la crise économique et Bruce se prend à rêver, ou tout au moins à travailler sur son rêve d'après le titre de son nouvel album... et le moins qu'on puisse dire c'est qu'on le préfère quand il cauchemarde !Il est vrai qu'un an à peine après la sortie d'un chef d'oeuvre tel que Magic on pouvait craindre une certaine baisse de qualité, la foudre tombant rarement deux fois au même endroit, mais tout de même ! Working on a dream est un disque assez mou dans l'ensemble où pointe une certaine lassitude, presque un manque d'inspiration. Le Boss nous ressert des vieilles recettes aux refrains attendus, parfois répétés jusqu'à épuisement comme s'il avait peur que l'on n'ait pas compris le titre de la chanson (Working on a dream), des mélodies qui se traînent (Kingdom of Days, This Life) où l'on s'ennuie ferme et qui nous laissent partagés entre déception et indifférence.
Bon, nous parlons de Bruce Springsteen là et donc tout n'est pas bon à jeter dans les poubelles de l'Histoire, soyons clairs ! Good Eye par exemple et son boogie soutenu par une voix et un harmonica saturés font tendre l'oreille, What love can do même s'il nous rappelle des souvenirs fera merveille sur scène et au rayon frissons et chair de poule, The Last Carnival et The Wrestler nous emmènent sur ces sentiers détrempés que Bruce Springsteen aime tant nous faire arpenter...
La tendre cassure de sa voix chaude reste le meilleur ticket à destination de cette Amérique fantasmée où le temps s'arrête pendant les quelques minutes d'une chanson.
Et en parlant de temps qui s'arrête, le morceau Outlaw Pete qui ouvre l'album nous propose un retour en arrière saisissant ! Véritable western audio de huit minutes (une rareté chez Springsteen), traversé par un harmonica digne d'Ennio Morricone, ce titre surprend par ses accents héroïques et sa mélodie empruntée à I was made for loving you de Kiss ! Un petit OVNI qui sort du lot du fait de la faible qualité du lot en question, c'est bien dommage...
Vivement une nouvelle baisse de moral, le bonheur ne réussit décidément pas au Boss.
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