Bruce Springsteen - "The Promise"

Par Scred | le 04/11/2010 | Les autres articles sur le Rock

Promesses dans le noir
Cela commence comme un air connu, une réédition (de plus) de chansons oubliées au moment de la conception d’un album passé à la postérité, le fameux « Darkness on the edge of town » de Bruce Springsteen. Cela commence même par une chanson familière, « Racing in the street », qui figurait déjà sur le chef d’œuvre du Boss lors de sa sortie en 1978. Et au final, cela n’a rien à voir…
Bruce Springsteen - "The Promise" Rien du tout même. Il émane de cette version de « Racing in the street » avec son harmonica déchirant une force et une émotion qui relègue celle choisie pour figurer sur l’album original aux oubliettes ! Sans exagérer. Dès le départ Springsteen tient à rassurer son monde, nous n’avons pas affaire ici à des chutes de studio à peine remixées mais bel et bien à une collection de perles restées enfouies jusqu’à aujourd’hui…

Il est toujours fascinant de se rendre compte à quel point un artiste peut en avoir sous le pied, et dans le cas de Bruce Springsteen, on parle d’un 45 fillette ! On trouve en effet très peu de déchet sur « The Promise » qui est pourtant un double album, qui dit mieux ?

Au rayon des futures indispensables, citons « Outside Looking In » et ses clins d’œil à Buddy Holly (vous avez dit « Peggy Sue » ?), « The Brokenhearted » transpirant le romantisme des slows joue contre joue du début des sixties, « Breakaway » avec son refrain imparable et la sublime errance de ses personnages, des personnages proches de ceux décrits dans « The Promise », un titre qui avait déjà fait surface sur une précédente compilation (18 tracks – 1999) et qui nous reparlait de la mythique « Thunder Road ».

Mais au-delà de la qualité évidente de ces chansons, le fan attentif pourra également pénétrer l’intimité de la création musicale de Springsteen au travers de titres comme « Spanish Eyes » (et son premier complet recyclé quelques années plus tard sur « I’m on fire »), « Come on (let’s go tonight) » (qui figurera sur « Darkness on the edge of town » sous le titre de « Factory », les violons irlandais en moins), « Candy’s Boy » (une version primitive et apaisée de « Candy’s Room » hantée par un orgue aérien ) ou encore « Because the night », le classique de Patti Smith présenté ici dans sa version originale qui donne une idée assez précise de la générosité du Boss au regard du hit en puissance dont il s’est volontairement privé !

Enfin, last but not least, parlons également de « Fire » ou encore « Rendezvous », des morceaux qui figuraient régulièrement au répertoire de Springsteen sur scène et qui trouvent enfin une place digne de leur qualité dans sa discographie dans leur version studio.

Si l’on compte les autres inédits issus de « Darkness on the edge of town » parus sur la compilation « Tracks » en 1998, on se rend compte que l’album aurait pu compter une trentaine de titres, un triple album rien que ça ! Mais voilà, Bruce Springsteen avait une vision de son disque, une idée bien précise de qu’il voulait offrir à l’Amérique, un miroir sincère d’elle-même à la fois direct et chaleureux, aussi tendre que mélancolique et en cela il a parfaitement réussi son entreprise.

Réjouissons-nous donc de la découverte de « The Promise », un magnifique album arraché aux griffes de l’oubli, à placer quelque part entre « Darkness… » et « The River » et à user sur sa platine au moins autant que ses deux frangins.
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