Bruce Springsteen à Bercy - 04/07/12

Par Scred | le 05/07/2012 | Les autres articles sur le Rock

Merci Patron
Comment un artiste hérite-t-il de son surnom ? Comme tout un chacun, l’évidence s’impose, et si Bruce Springsteen est devenu « The Boss » c’est pour une raison fort simple, lors de ses concerts, le mec est le patron…
Bruce Springsteen à Bercy - 04/07/12 N’ayant jamais eu la chance de voir le bonhomme sur scène, c’est avec un mélange d’excitation et d’émotion que je m’installe dans un Bercy plein à craquer, faisant défiler dans ma tête les chansons composant ma setlist idéale, conscient que Springsteen fait évoluer ses concerts chaque soir, réagissant aux pancartes brandies par ses fans tel un jukebox humain. Combien d’artistes font cela, en sont même capables ? Lorsque l’on affiche modestement, à 63 ans, une quinzaine d’albums studio au compteur, c’est plus qu’un exploit !

Première surprise, en guise de première partie, c’est le premier fan français du Boss, Antoine De Caunes en personne qui s’avance sur scène pour faire une annonce dans son anglais à l’accent inimitable. Apparemment, il y aurait des risques de coupures de courant, prière de rester bien calmes, enfin aussi calme que l’on puisse être pendant un concert de Bruce Springsteen… Message reçu, mais les dieux du rock étant avec nous en ce 4 juillet, de coupure il n’y aura point.

4 juillet… Le jour de l’indépendance, voir Springsteen un jour pareil est un véritable délire et il semblerait que l’intéressé en ait conscience. Mais ne brûlons pas les étapes… S’emparant de la scène comme un contremaître passant en revue ses troupes sur un chantier, Bruce Springsteen impose sa présence comme personne à part lui ne sait le faire et ce dès les premières chansons, extraites du dernier chef œuvre « Wrecking Ball », « We Take Care Of Our Own » et le morceau titre, reprises avec enthousiasme par la foule.

Les mots me manquent pour décrire le charisme émanant de l’homme alors qu’il arpente la scène de long en large, tenant le public au creux de son poing, sa Telecaster en bandoulière au moment d’attaquer « Badlands »… Les classiques s’enchaînent (« Darkness On The Edge Of Town », « Johnny 99 », « The River ») en alternance avec les nouveaux titres et quelques raretés inattendues, de circonstance (« 4th Of Julyn Asbury Park (Sandy) », « Independance Day » joué seul au piano) ou pas (« Darlington County », « The Promised Land », « The E Street Shuffle »).

Étalant au grand jour ses racines noires, Springsteen se lance même dans un medley furieusement soul en reprenant « The Way You Do (The Things You Do ) » et « 6-3-4-5-7-8-9 » de Wilson Pickett, allant pour l’occasion faire un tour au cœur de la fosse… Comme dit la légende, si Elvis avait été noir, on aurait parlé que de Bruce Springsteen ! Formule stupide mais consacrée qui prend un peu de sens tant l’ombre du King enveloppe la silhouette du Boss…

Je regarde ma montre… Déjà deux heures et demi de concert ? Je n’ai pas vu le temps passer, ce qui ne semble pas être le cas du personnel de Bercy qui profite du rappel pour allumer toutes les lumières, histoire de dire que bon, on est en France, l’heure c’est l’heure et il faudrait peut être songer à conclure. Attends, tu sais à qui tu parles ? Un rappel traditionnel est composé de deux, voire trois chansons, Bruce Springsteen en alignera sept, dont « Born In The USA », « Born To Run », « Bobby Jean », « Dancing In The Dark » et l’inévitable « Tenth Avenue Freeze-Out ».

Que dire pour conclure ? Voir Bruce Springsteen en concert relève de quelque chose qui ressemble à une épiphanie… Exit les fioritures, les décors, les mises en scène, c’est le rock dans toute sa simplicité, sa pureté, sa sincérité. Probablement l’un des derniers à n’avoir pas besoin d’entretenir la flamme tant elle brûle toute seule dans les cordes de sa guitare… Merci patron !
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