Blink 182 - "Neighborhoods"

Par Scred | le 15/09/2011 | Les autres articles sur le Rock

Clowns Tristes
Blink 182, c’est un peu comme un gros paquet de bonbons Haribo, on sait que ce n’est pas bon mais on s’enfile le truc d’une traite avec délices ! J’exagère à peine… Le groupe pop punk californien possède en effet tous les ingrédients pour faire grincer des dents les puristes inrockuptibles qui ne voient généralement en eux qu’une vaste blague vaguement moins consommable qu’une canette de Coca Cola. Potaches, immatures, dépassant rarement les trois accords, Blink 182 était au rock n’ roll ce que la boisson gazeuse et sucrée citée plus haut est à la gastronomie en général, un machin un peu honteux à aimer.
Blink 182 - "Neighborhoods" Et pourtant, les trois adolescents attardés ne manquent pas d’arguments à faire valoir en leur faveur… Des mélodies simples et directes qui vous envoient du soleil plein le visage, un humour au premier degré aussi sympathique que défoulant et probablement l’un des meilleurs batteurs actuellement en activité en la personne de Travis Barker. Sauf que tout cela, c’était avant…

Depuis leur dernier album studio (« Blink 182 » - 2003), la vie de Tom Delonge, Mark Hoppus et Travis Barker a été tout sauf marrante. Après une séparation orageuse pour cause de choix de vie incompatibles, les membres du groupe ont dû affronter le décès de leur producteur et ami de longue date Jerry Finn, une épreuve suivie de près par l’accident d’avion dont réchappa miraculeusement Barker.

Les merdes volent en escadrille comme disait l’autre, et parfois elles s’écrasent. Il paraît que ça porte bonheur d’ailleurs, ce qui est peut-être le cas puisque ce dernier événement fût à l’origine des retrouvailles des trois garnements qui, considérant sans doute que la vie est trop courte pour se faire la tronche après 17 ans de carrière, se sont remis au boulot pour accoucher de ce « Neighborhoods ».

Et comme cela était prévisible, le ton de l’album est beaucoup plus sombre que d’ordinaire. Même si la musique de Blink 182 reste sautillante, fourmillant de mélodies accrocheuses et de cavalcades propres à illustrer des vidéos de skate, il est désormais loin le temps des fêtes bourrées de filles en bikini au bord d’une piscine remplie de bières, des histoires de teenagers en goguette et des blagues de collégiens.

Des titres comme « Ghost on the dance floor », « Up all night », « Wishing Well » ou encore « Heart’s all gone » illustrent parfaitement cette évolution. Sur des riffs toujours aussi énergiques, les Blink 182 nous parlent d’autre chose, du temps qui passe pour tout le monde, des amis laissés sur le bord de la route, des démons qui vous réveillent au milieu de la nuit, le tout sans tomber pour autant dans le pathos.

On constatera également la prise de pouvoir au micro de Tom Delonge qui faisait jeu égal avec Mark Hoppus jusque là et qui monopolise la quasi totalité des parties vocales de ce « Neighborhoods », ce qui rend les titres interprétés par le bassiste d’autant plus intéressants (« Kaleidoscope », « MH 4.14.2011 »). Dernière curiosité, l’influence désormais parfaitement assumée de The Cure (Robert Smith est très ami avec le groupe, aussi inattendu que cela puisse paraître) sur des morceaux comme « Love is dangerous » et surtout « Snake Charmer » avec son intro en forme d’hommage à « Disintegration ».

Au final, « Neighborhoods » nous montre un groupe marqué par la vie qui a choisi le bon moment pour grandir et offrir à son public qui a vieilli en même temps qu’eux une excellente raison de ne pas renier ses amours adolescentes et d’être fiers d’afficher leur amour pour ce punk rock californien, injustement considéré comme la cinquième roue du carrosse. Ouais, on aime Blink 182, et on vous emm… !
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