Blink 182 - "California"

Par Scred | le 12/07/2016 | Les autres articles sur le Rock

Adulte Ère
Pourquoi aime-t-on Blink 182 autant ? Et ce sans même avoir la moindre honte à l’avouer ? Mystère digne des affaires non classées, pop culture oblige, tant tellement les mecs ont tout du repoussoir à connaisseurs éclairés que nous sommes tous à défaut d’êtres sélectionneurs nationaux pas vrai ? Probablement parce que le trio californien nous fait du bien, comme une bonne rasade de soda abominablement chimique et caféiné plus que de raison lorsqu’il fait chaud… Tu as beau savoir que c’est pas bon, comme par miracle, cela n’en est que meilleur.
Blink 182 - "California" Sauf que voilà, un album de Blink 182 sans Tom Delonge ? Est-ce que la boisson citée plus haut n’aurait pas perdu une bonne partie de son attrait en se voyant affublée de l’adjectif « Light » sur son emballage ? En partie certes, mais plus dans l’esprit d’un changement de marque, passant du rouge et blanc au glorieux bleu et rouge…

« California » donc, nouvel Hoppus qui Mark la fin de la mue entamée avec « Neighborhoods », une musique plus mature même si toujours aussi accessible et immédiatement identifiable, renforcée par l’arrivée d’un élément de poids, l’excellent Matt Skiba exfiltré des non moins sympathiques Alkaline Trio (à découvrir d’urgence si ce nom vous est encore inconnu)… Première constatation à l’écoute du combo en live, Skiba chante juste, très juste, beaucoup plus juste que Delonge si l’on y prête attention ! De là à dire que cela se reflète sur l’album…

Disons-le sans attendre, « California » est un excellent album, rempli à raz bords de très bonnes chansons, mais ce n’est pas (plus ?) un album de Blink 182. Mark Hoppus nous avait de toutes manières habitué a divers « side projects », tout comme Travis Barker, explorant chacun ou en tandem le spectre du punk de la côte ouest (+44, Transplants). Avec l’arrivée de Matt Skiba, il n’était que logique que les mélodies vocales un poil plus élaborées d’Alkaline Trio se retrouvent incluses dans le mélange, pour le meilleur ou le pire. Question de point de vue.

Moins sombre que « Neighborhoods », « California » renoue avec la fougue habituelle de Blink 182, laissant de côté l’aspect « sales gosses » (même si on retrouve quelques moments « Jackass » avec « Brohemian Rhapsody » ou « Built This Pool », grosse blague de 17 secondes que le groupe s’est amusé à publier dans une boucle de 10h pour teaser l’album sur Youtube).

Au programme, du pop punk millésimé joué à cent à l’heure (« Cynical », « The Only Thing That Matters »), des réminiscences d’hymnes du passé sous perfusion du sang neuf apporté par le récent transfuge (« Kings Of The Weekend », « Bored To Death », « She’s Out Of Her Mind » où Travis Barker s’éclate comme jamais, l’excellent et introspectif « Sober »), et quelques ballades plus ou moins réussies si l’on excepte le génial « Left Alone » qui ouvre des perspectives plus qu’enthousiasmantes pour la suite des évènements !

Parce qu’après une première écoute a priori décevante, on a envie d’y revenir à cause d’un refrain accrocheur, d’un break vous ayant fait saigner les gencives, parce qu’après tout, Blink c’est censé être du fun avant tout même quand le groupe balance un « No Future » qui n’a de nihiliste que le titre, parce que « Home Is Such A Lonely Place » est probablement l’une des meilleures chansons qu’ils aient écrite depuis « Story Of A Lonely Guy »…

Parce que l’été arrive aussi, qu’il fait chaud et qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, « all (these) small things » tu te souviens ?
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