Blackrain - "Lethal dose of..."

Par Scred | le 09/03/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Chambre à Hair
Si Blackrain avait vu le jour à Los Angeles au beau milieu des années 80, on n’en aurait probablement jamais entendu parler… Oui mais voilà, Blackrain est né en France au début du deuxième millénaire, défiant toutes les lois de la logique et de l’esthétique. La plupart de mes collègues parisiens les connaissent déjà puisqu’ils écument tous les concerts de métal de la capitale, promenant dans le public leur look improbable, coincé entre les New York Dolls et Mötley Crüe, laissant dans leur sillage une rumeur mi amusée, mi admirative, du style « t’as vu ces mecs » ?
Blackrain - "Lethal dose of..." Faut oser, c’est certain. Et quand on regarde la pochette du nouvel album du combo ainsi que les titres des chansons, on est en droit de se demander si tout ça n’est pas un peu « too much » ! Affalés au milieu de cadavres de bouteilles de bière, des cendriers savamment remplis à leurs pieds, l’inévitable bouteille de Jack Daniel’s (débouchée, mais encore pleine !) à portée de main, les mecs de Blackrain ont plus l’air de poseurs que de dangereux rockers.

C’est donc avec une certaine réticence que je pose la galette sur la platine, ne le faisant que par respect devant tant d’efforts pour ressusciter une période dont je reste infiniment nostalgique… Et là, boum, la claque ! Loin de pratiquer un glam rock caricatural, Blackrain sonne diablement bien et s’avère réellement crédible dans le rôle du petit fils caché de WASP et de Skid Row… Et dire que ça a été élevé au camembert !

« Get A Gun » met le feu à la mèche en moins de temps qu’il n’en faut à Sebastian Bach pour sortir son flacon de shampooing, un riff nerveux accompagne la voix malsaine à souhait de Swan et nous propulse directement trente ans en arrière. C’est pourtant vrai qu’elle était bonne cette musique… « I Need My Doctor » ressemble au cri du cœur d’un gars en manque d’un album du calibre de « Dr Feelgood » et qui décide d’essayer de le faire lui-même.

Il serait fastidieux d’énumérer toutes les influences de Blackrain, disons seulement que les mecs ont du goût et que l’on navigue allègrement autour des Twisted Sisters (« She’s in love »), d’Alice Cooper (« Overloaded ») et de Mötley Crüe (« My Young Star », « Rock n’ Jive ») avec quelques envolées immédiatement accrocheuses qui renvoient au bon temps où le hard FM trustait les ondes (l’excellent « Baby Shoot Me Down », « Into the Groove »).

L’habit ne fait pas toujours le moine, sauf quand le moine a les cheveux roses, une veste en jean recouverte de patches et des santiags par dessus son futal moule burnes, c’est la leçon que l’on peut tirer de « Lethal dose of… », un album fort réjouissant qui mérite un peu plus qu’une écoute distraite. D’ailleurs, je vais en reprendre une petite dose, il en reste ?
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.