Black Stone Cherry - "Between the devil and the deep blue sea"

Par Scred | le 08/06/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Southern Rock(s)
J’ai toujours un peu de mal à comprendre lorsqu’on me parle de métal « sudiste »… Désolé les mecs, je n’arrive toujours pas à trouver quoi que ce soit de bluesy dans la musique de Down ! Par contre, chez les petits gars de Black Stone Cherry, pas de problème, ça sent la terre humide après l’orage, le foin dans la grange et le parfum d’une fille de ferme qui se rhabille à la hâte !
Black Stone Cherry - "Between the devil and the deep blue sea" Trois ans après le très remarqué « Folklore and Superstition » (2008), le gang du Kentucky est donc de retour avec un album peaufiné faut voir comment… Trois ans de travail, de tournées et d’expériences diverses, ça vous soude un groupe et vous donne quelques histoires à raconter aux copains, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Black Stone Cherry fait partie de cette grande tradition de rockers américains qui ne conçoivent une bonne chanson qu’au travers d’une histoire avec un début et une fin, une aventure à partager avec le public, débarrassée des métaphores obscures et de la poésie à deux balles trop souvent utilisée comme cache misère lorsque l’inspiration vient à manquer au moment d’écrire des paroles…

Et dans le rôle du conteur, on pourrait trouver pire que Chris Robertson, chanteur et guitariste principal d’un combo qui ne compte que quatre membres parce que, hé, pour faire du rock n’ roll, t’as pas besoin d’autre chose qu’une paire de guitares, une basse et une batterie, vu que depuis les Beatles on a jamais fait mieux.

Chris Robertson donc… Une voix comme on en fait plus assez, gorgée de chaleur et de sincérité, aussi juste et limpide qu’une ballade de Lynyrd Skynyrd devant un coucher de soleil sur le désert avec une bière à la main ! Quoi, tu trouves que j’abuse avec les images ?

Pas de ma faute, c’est textuellement ce que l’on ressent en écoutant des chansons comme « Like I Roll », « In my Blood » ou encore « Stay », cette impression d’être à la maison même si on a jamais contemplé les paysages qu’évoquent ces chansons… Black Stone Cherry a ça dans le sang, dans les tripes, dans le moindre solo, dans chaque riff, ça transpire les grands espaces et c’est sacrément bon !

Mais attention, ne pas se laisser enivrer trop vite par les sirènes d’un blues rock sudiste tout prêt à faire fondre les cowgirls parce qu’à côté de ça, Black Stone Cherry a de quoi faire trembler les murs… Mange donc ce « White Trash Millionaire » dans les gencives, la cavalcade effrénée de « Change » ou la rythmique enivrante de « Blame it on the Boom Boom » le bien nommé ou de ce « Let me see you shake » qui sonne comme un ordre plus que comme un conseil ! On a vite fait de remiser le cheval à l’écurie et d’enfourcher sa Triumph histoire d’aller gober des mouches à fond les ballons sur une highway poussiéreuse !

Mais bon, comme les mecs sont des durs au cœur tendre (et que l’essence est de plus en plus chère en ce moment), l’histoire se termine en douceur avec « All I’m dreamin’ of », le genre de bluette country rock à faire chialer n’importe quel biker tatoué, comme lorsqu’il repense à sa chère vieille maman, restée là bas, dans le Kentucky…

De notre côté en tous cas, on espère très fort que les Black Stone Cherry reviendront très vite défendre cet album sur nos routes à nous, parce qu’on a de très belles mouches aussi, des canassons tout le tour du ventre et plein de cowgirls à faire danser… Howdy !
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