Black Stone Cherry / Alter Bridge au Zénith - 04/11/11

Par Scred | le 06/11/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Un pont trop loin
Lorsque l’on ferme des tribunes et que l’on avance la scène, cela ne trompe pas… Si Alter Bridge dispose d’un public conséquent aux Etats-Unis, ce n’est vraisemblablement pas le cas en France et le choix du Zénith de Paris comme théâtre des opérations pour le groupe de Myles Kennedy était sans doute un peu gourmand ! Le principal intéressé a d’ailleurs dû s’en rendre compte, lui qui était déjà venu il y a quelques mois accompagner Slash dans cette même salle, alors pleine à craquer.
Black Stone Cherry / Alter Bridge au Zénith - 04/11/11 Ceci dit, qu’importe le flocon pourvu qu’on ait l’Everest pas vrai ? Et en parlant de sommets, Black Stone Cherry qui s’est vu confier la mission de chauffer le public semble planer à des kilomètres au dessus du camp de base. Dès le premier titre, « Change », les p’tits gars du Kentucky affichent clairement leurs intentions ! Du rock n’ roll efficace et sévèrement burné joué avec conviction par un groupe qui prend son pied sur scène, une énergie communicative qui enthousiasme la foule dont une partie respectable semble être venue pour applaudir les Black Stone Cherry comme en témoigne le nombre de T-Shirts à leur effigie que l’on croise ça et là.

Loin de se contenter de faire leur boulot de première partie, Black Stone Cherry nous a offert un véritable concert, douze titres dont les très remuants « Blind Man », « White Trash Millionaire », « Blame it on the boom boom » et quelques ballades bien senties telles que « In my Blood » et la superbe « Peace is Free » dans une version minimaliste, mettant en valeur la voix gorgée de blues du chanteur Chris Robertson. Black Stone Cherry nous reviendra en tête d’affiche en 2012, inutile de vous dire qu’on a hâte…

Du coup, le contraste est saisissant lorsque Alter Bridge monte sur scène pour aligner une prestation à peine plus longue que leur supporting act… Quinze chansons interprétées d’une manière presque machinale par un groupe qui semble faire son job sans trop se fouler, voilà l’impression générale qui se dégage du spectacle donné par Myles Kennedy et ses acolytes. L’homme n’est cependant pas à blâmer et le public venu pour passer un bon moment ne boude pas son plaisir, alors qu’est-ce qui me gêne autant ?

Le manque d’âme probablement. Alter Bridge en concert offre une image lisse, carrée, pas un poil qui ne dépasse. Autant ce genre d’attitude en studio permet d’accoucher d’albums tout à fait intéressants, autant sur scène cela va avoir tendance à rapidement lasser le spectateur qui n’est plus un simple auditeur. Quelques moments vont toutefois contredire cette analyse, comme l’émouvante version acoustique de « Wonderful Life » (malgré un guitare fort mal sonorisée) ou la belle énergie déployée sur des titres comme « All hope is gone » ou « Ties that binds »…

De la même façon, comment ne pas reconnaître la beauté de la voix de Myles Kennedy, sa puissance, sa justesse et ce même si l’effet d’écho appliqué à son micro a eu tendance à nous gâcher son timbre en lui donnant un aspect artificiel assez désagréable ? Au final, on aurait souhaité un peu plus de spontanéité, d’improvisation, de rock n’ roll ai-je envie de dire de la part de ce groupe qui pourtant possède l’arsenal nécessaire pour faire vibrer les foules. Une salle de taille plus modeste, un peu plus de sueur, peut-être était-ce qui manquait à Alter Bridge ce soir… Partie remise, n’en doutons pas.
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.