Black Francis - "Nonstoperotik"

Par Scred | le 07/04/2010 | Les autres articles sur le Rock Indépendant | Soyez le 1er à réagir sur cet article
Inarrêtable
Je suis bien embêté moi... Au rythme d’un album par an en moyenne en comptant les projets annexes (Grand Duchy) sans parler de la résurrection des Pixies, Black Francis affole les compteurs et use les chroniqueurs en panne de qualificatifs pour parler de sa musique sans se répéter !
Black Francis - "Nonstoperotik" Car il faut bien l’avouer, rien ne ressemble plus à un album de Black Francis qu’un autre album de Black Francis... ou de Frank Black !

Le thème général de « Nonstoperotik » est (comme son nom l’indique) la luxure, abordée sous un angle d’une sensibilité rare chez le colosse de Boston. C’est ce qui frappe à la première écoute de ce disque, Black Francis nous parle de sexe avec délicatesse et une franchise qui traduit la parfaite innocence de son propos. Ici point de provocation de pacotille pour faire vendre en choquant le bourgeois, pas plus que de métaphore alambiquée, tout est au premier degré.

« When I go down on you » par exemple fait l’apologie du cunnilingus sur une mélodie délicate qui sonne comme une correspondance amoureuse entre deux amants, tout comme le morceau titre « Nonstoperotik », une ballade qui nous renvoie à John Lennon dans sa période « Confessions Intimes à Yoko » où la pudeur s’efface devant la force des sentiments et nous dévoile une facette encore inconnue de Black Francis.

Mais bon, l’homme étant ce qu’il est, il y a aussi du bruit sur cet album ! L’ombre des Pixies flotte sur des morceaux comme « Dead Man’s Curve », « Cinema Star » ou encore le génial « Six Legged Man » avec son intro à la basse très « Surfer Rosa » et sa ligne de chant distordue qui nous renvoie immédiatement à un certain « Subbacultcha ». Autre évocation des fantômes du passé, « Wild Son » étonne par son piano incongru venant taquiner un thème assez proche du « When the music’s over » des Doors... Hommage au « Wild Child » Jim Morrison peut être ? Qui peut savoir ce qui se passe dans la tête de l’homme qui a écrit « Wave of Mutilation » !

Black Francis en solo n’arrivera jamais à égaler la qualité de n’importe lequel des albums des Pixies, ceci est un fait établi, mais il parvient une fois de plus à nous offrir une petite madeleine de Proust à nous mettre sous la dent, en réussissant l’exploit de surprendre son monde une fois de plus avec quelques chansons inattendues révélant une part encore méconnue de sa personnalité.

Rendez-vous l’an prochain pour la suite, comme d’habitude !
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