Black Country Communion - "Black Country"

Par Scred | le 18/09/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Retour de marteau
Voilà des années que l’on pleure en espérant le retour de Led Zeppelin, un espoir vain tant Robert Plant semble décidé à tourner la page, préférant se consacrer à ses albums solos relativement insipides (dont le dernier en date, « Band of Joy », ne déroge pas à la règle). Haut les cœurs cependant, l’esprit du marteau des Dieux n’est pas mort ! Il sommeillait quelque part, comme un feu de tourbe souterrain, attendant son heure pour être brandi de nouveau par des descendants dignes de sa puissance, et cette heure est arrivée.
Black Country Communion - "Black Country" Black Country Communion dispose en effet de toutes les armes pour prétendre à la succession, un guitariste virtuose vouant un culte à Jimmy Page en la personne de Joe Bonamassa, la « voix du rock » Glenn Hugues derrière le micro, Derek Sherinian (Dream Theater) aux claviers et cerise sur le dirigeable, Jason Bonham (le fils de John, ancien batteur de Led Zeppelin) derrière les fûts. Casting de rêve s’il en est, vous en conviendrez !

Alors, Black Country Communion, est-ce que ça sonne ? Mieux que cela, ça résonne ! L’album débute avec le morceau qui a donné son nom au groupe, « Black Country », sur un riff de basse ultra agressif épaulé par une cavalcade de guitare digne d’« Immigrant Song ». Le ton est donné, Glenn Hugues clame « I’m a messenger » d’une voix rageuse histoire de rappeler qui est le patron pendant que Joe Bonamassa ouvre les vannes et lâche un solo étourdissant aux intonations familières.

Car la filiation est parfaitement assumée… Black Country Communion a décidé de nous offrir l’album que Led Zeppelin aurait dû enregistrer avant de s’écraser en plein vol, ni plus ni moins. Des titres comme « Down Again », « No Time », « Sista Jane » ou « Beggarman » appliquent la méthode mise au point par le tandem Page/Plant une quarantaine d’années auparavant, des riffs lourds et efficaces, une voix haut perchée et puissante, des solos acérés et une force de frappe énorme pour lier le tout.

Cependant, loin de sentir le plagiat, la musique de Black Country Communion témoigne au contraire d’une grande indépendance par rapport à leur modèle de référence. Si l’esprit du Zeppelin est omniprésent, chaque composition possède sa propre identité et son originalité, surtout lorsque Joe Bonamassa remplace Glenn Hugues derrière le micro sur l’impressionnant « Song of Yesterday » ou « The Revolution in me », véritable rouleau compresseur de blues plombé qui vire au rock progressif en cours de route.

Toujours produit par le « Caveman » Kevin Shirley, jamais très loin lorsque Joe Bonamassa enregistre quelque chose, « Black Country » ressuscite l’âme du Zeppelin grâce à un son authentique, qui sent l’odeur des lampes des amplis encore chaudes et la sueur collée aux cordes de guitare. On a vraiment de hâte de voir ce que cela donne sur scène, en attendant nous avons notre disque du mois sans la moindre hésitation et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, vous pourrez retrouver dès la semaine prochaine une interview exclusive de Glenn Hugues dans ces pages !
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