Black Country Communion au Bataclan - 19/07/11
La messe est dite
Si vous êtes des lecteurs assidus de ces pages, alors vous savez tout le bien que nous pensons de Black Country Communion, ce jeune groupe composé des brillants vétérans que sont Glenn Hughes (Deep Purple), Joe Bonamassa, Derek Sherinian (Dream Theater) et Jason Bonham (le fils de vous savez qui, non, pas Voldemort, l’autre). Deux albums en un an et autant de rencontres avec « The Voice of Rock » nous ont confirmé que les mecs étaient sérieux dans leur affaire, il ne me manquait plus que l’expérience du live pour compléter le tableau.
Bon, question chaleur, je rêvais un peu. Le Bataclan, même à moitié plein, ça reste une cocotte minute et ce même sans avoir besoin de chauffer la salle avec une fastidieuse première partie puisque Black Country Communion a la bonne idée de débarquer sur scène directement, annoncés en toute simplicité par une version à rallonge de « La chevauchée des Walkyries » histoire de poser l’ambiance, on va assister à un truc épique !
Et de fait, ça commence par un uppercut à l’estomac avec le furieux « Black Country », le titre qui ouvrait le premier album et donna son nom au groupe, du rock n’roll pur et dur ressorti des cartons qui trainaient depuis la fin des sixties dans le grenier de Glenn Hughes. Une ligne de basse incendiaire, un riff de guitare assassin, le tout soutenu par une batterie qui tabasse, la messe est dite avant même le début du sermon ! Il faut dire que le curé en a sous le pied…
En effet, Glenn Hughes caracole sur scène comme s’il avait toujours vingt ans, chante tout pareil en multipliant les envolées vers des aigus que Robert Plant n’arrive plus a atteindre depuis des lustres et affiche une attitude de dandy gesticulant que ne renierait pas Mick Jagger ! Il a quel âge déjà le gars ? Aucun importance, il ne les fait pas.
A l’inverse, Joe Bonamassa dissimule bien sa jeunesse derrière un costume sobre, une casquette et une paire de lunettes noires… Avoir une telle maturité et un son de cette intensité et de cette qualité à cet âge, c’est proprement indécent ! Et encore, je ne vous parle pas de sa voix, suave et gorgée de blues, qu’il met à profit sur « The Battle for Hadrian’s Wall », « The Ballad of John Henry » (offerte au public dans une version longue et étourdissante) ou encore sur un « Song of Yesterday » chargé d’émotion, sublimé par un solo où le jeune homme nous démontre comment une Les Paul doit sonner.
Black Country Communion jouera presque deux heures, des titres piochés indifféremment sur chacun de leurs albums, passant d’une ambiance apaisée (« The Great Divide », « Cold ») à un déferlement de décibels furieux (« I can see your spirit », « The Outsider ») en faisant quelques crochets par un rock n’ roll vintage semblant avoir traversé le temps sans s’en rendre compte (« Save Me », « Sista Jane »), tout en insérant subtilement quelques airs connus dans la sauce, un peu de Led Zeppelin par ci, un poil de Who par là, une pincée de Jeff Beck pour relever le tout, c’est prêt, vous pouvez envoyer !
Et puis, cerise sur le gâteau, le groupe terminera son concert par une reprise du « Burn » de Deep Purple, témoignage du passage de Glenn Hughes au sein du pourpre profond dont le riff mythique n’a pas pris une ride et que le chanteur interprète toujours avec la même fougue, la même classe et la même puissance de feu, justement.
On ressort donc de ce concert éblouis, vidés et sacrément heureux, sans la moindre petite critique à formuler, ce qui a tendance à se faire rare ces derniers temps. Black Country Communion a offert à son public un petit moment d’anthologie ce soir, gageons que ce n’est que le début de l’histoire. Glenn Hughes nous avait confié récemment qu’il se donnait encore une dizaine d’années avant de raccrocher le micro… Chiche !
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