Black Country Communion- "2"

Par Scred | le 16/05/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Communion Breakdown
A peine un an après la sortie du très remarquable (et remarqué) album de Black Country Communion, voici que débarque son petit frère, le bien nommé « 2 », clin d’œil supplémentaire aux aînés de Led Zeppelin dont l’ombre semble planer encore et toujours sur le groupe emmené par Glenn Hughes et Joe Bonamassa. Enfin, soyons honnêtes, le glorieux héritage du dirigeable de plomb a cette fois-ci tendance à prendre de l’altitude pour laisser la place à une musique à la fois plus dense, plus agressive et plus sombre, et ce pour notre plus grand bonheur.
Black Country Communion- "2" Composé en grande partie par un Glenn Hughes en pleine introspection suite aux diverses galères qui ont émaillé sa vie depuis quelques mois, « 2 » ressemble en effet autant à une catharsis salvatrice qu’à un bon coup de poing dans l’estomac. Onze titres affichant une belle moyenne de presque six minutes au compteur, il faut croire que « The Voice of Rock » avait des choses à sortir…

Et de fait, ça sort. « The Outsider » ouvre la charge sabre au clair et vise une zone bien précise située entre le plexus et les gonades ! Pas de quartiers moussaillons, le ton est donné, nous sommes dans des eaux troubles entre le hard rock vintage et les premiers frémissements du heavy metal anglais des années 70. Joe Bonamassa se fend d’une paire de solos étourdissants tout en assurant un riff aussi rapide que puissant pendant que Jason Bonham martèle ses fûts comme s’il avait le diable aux trousses, ça promet pour la suite…

Inutile de préciser que les promesses sont tenues, de « Man in the middle » à l’ambiance empruntée aux meilleurs moments d’un Aerosmith première période à « I can see your spirit » qui, pour le coup, nous la joue Zeppelin sans ambiguïté en passant par « Save Me » qui alterne riff en béton armé et envolées héroïques sur les refrains, le tout soutenu par des violons orientaux qui ajoutent à l’urgence des paroles une dimension presque mystique sans parler du solo inspiré d’un Bonamassa toujours bluffant de virtuosité, Black Country Communion aligne sur cet album une partition sans taches.

Sans taches, mais pas monochrome pour autant… Nous l’avons dit plus haut, Glenn Hughes a deux ou trois comptes à régler avec le destin et avec son passé, ce qu’il fait avec une élégante pudeur mêlée d’une sincérité indiscutable sur des titres comme « Little Secret », un blues plombé qui cloue au siège ou encore sur « Cold », une ballade poignante inspirée des récentes disparitions qui ont frappé le chanteur…

Ajoutons à cela les prestations vocales toujours impressionnantes de sensibilité de Joe Bonamassa sur « An Ordinary Son » et surtout le superbe « The Battle of Hadrian’s Wall », mêlant une atmosphère celtique avec quelques explosions de décibels distribuées avec parcimonie et vous aurez une petite idée de ce que donne ce second album d’une formation qui n’a décidément pas dit son dernier mot.

Toujours produit par Kevin « The Caveman » Shirley qui s’est encore plus impliqué que d’habitude dans les arrangements et la composition des morceaux au point qu’il figure aux crédits de certains, « 2 » impose Black Country Communion comme un groupe à part entière et non plus comme une formation de brillantes individualités, enfin libéré de l’étiquette Zeppelinienne qui caractérisait leur premier album. Rendez-vous en juillet pour affronter le monstre sur scène, ça va chauffer…
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.