Birdy - "Birdy"

Par Scred | le 14/05/2012 | Les autres articles sur le Pop

Oiseau Rare
Normalement, je ne devrais même pas parler de cet album… Parce que je suis allergique aux chanteuses « à voix ». Parce que j’ai beaucoup de mal avec les artistes qui ne sont qu’interprètes. Parce que je préfère la guitare au piano. Parce que j’ai horreur des enfants stars. Parce que Birdy est un nom tout pourri. Tout plein de bonnes raisons parfaitement valables en somme…
Birdy - "Birdy" Sauf que voilà, après avoir entrevu l’oiseau rare le temps d’un battement d’ailes, après avoir constaté qu’elle était plébiscitée sur la plus grande plateforme de téléchargement légale (ce qui, en soi, n’est pas une garantie de qualité, je vous l’accorde), j’ai décidé de jeter une oreille distraite sur le fameux album éponyme de la jeune anglaise, juste au cas où. Après tout, hein, après s’être enquillé le dernier album de Moonspell et de Cannibal Corpse, un peu de douceur, tout ça…

« Damn it » comme ils disent de l’autre côté de la Manche, c’est comme ça que l’on se fait avoir. Comme ça qu’on se sent con au cœur de la nuit, scotché tout seul devant son ordinateur alors que la rue est déserte et que tout le monde dort en se disant que, franchement, une môme de quinze piges ne peut pas vous faire cet effet là, qu’on en a vu d’autres, des velues, des méchantes bien tatouées comme il faut et bien fume…

Il semblerait que la plus que jamais perfide Albion ait trouvé un vivier de chanteuses au charme vocal suffisamment fort pour vous faire oublier toute notion du temps, toute dignité de rocker, et je ne vous parle pas de la pénible Adèle là… Amy Winehouse avait ouvert la voie, suivie par la passionnante Florence + The Machine, et maintenant Birdy, de son vrai nom Jasmine Van Den Bogaerde. Et le chroniqueur métalleux d’être obligé de constater l’évidence, cette fille a un petit quelque chose en plus.

Ni vraiment pop, ni rock, ni électro, ni même bluesy ou soul, l’album de Birdy décline en onze titres la playlist idéale d’une jeune anglaise à la fois romantique et moderne, revisitée par l’intéressée que l’on imagine aisément assise derrière son piano, seule dans une salle de musique de son pensionnat modèle. Aucun hit dans son petit panthéon intime, aucun tube de Lady Gaga adapté en version piano/voix, aucun standard des sixties si l’on excepte le « Fire And Rain » de James Taylor et encore… Tu te souvenais de l’originale toi ?

Jasmine, elle, en avait un souvenir très vivace visiblement. Sinon, comment expliquer l’incroyable conviction avec laquelle elle reprend à son compte ces titres issus d’artistes aussi divers que The XX (« Shelter »), Phoenix (« 1901 »), The National (« Terrible Love ») ou encore Bon Iver (« Skinny Love », single gorgé d’émotion, époustouflant de précision et d’intensité qui a mis le feu aux poudres).

Seule composition originale, « Without A Word » fait mieux que soutenir la comparaison avec le reste de l’album, musicalement du moins… Au niveau, des paroles, disons que l’adolescence est un champ de mines ! Mais Birdy est très, très jeune. Elle a le temps de vivre et de mettre sa voix au service de mots écrits de sa main qui ne sentiront pas l’eau précieuse. Avec les goûts très sûrs qu’elle entretient déjà, nul doute que l’inspiration viendra au bon moment…

D’ici là, on ne pourra que l’encourager à nous faire profiter du top 10 de son iPod en venant gazouiller à nos oreilles ces chansons simples et simplement chantées, jusqu’à ce que jeunesse se passe. Mais pas trop vite, s’il te plait.
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