Beth Hart - Showcase au Virgin Megastore des Champs Elysées - 20/02/12
Plaisir Partagé
En prélude à son concert parisien du 6 mars prochain, Beth Hart n’a pas l’intention de faire la touriste en visite à la capitale. Enchaînant les émissions de radio après avoir récemment fait le tour des plateaux de télévision, la belle ne chôme pas et a même trouvé le temps de venir offrir à un public conquis d’avance une session acoustique au Virgin Megastore des Champs Elysées, une adresse bien connue qui mérite d’être citée puisqu’ils ont contribué en partie à la reconnaissance de la chanteuse en martelant son dernier album enregistré avec Joe Bonamassa, « Don’t Explain », plusieurs fois par jour pendant des semaines.`
Bonne pioche donc, car la mayonnaise à pris et le concert du New Morning a affiché complet en un temps record, pas mal pour une chanteuse californienne complètement inconnue par chez nous il n’y a pas si longtemps ! C’est donc pour écouter du blues qu’une bonne partie des spectateurs étaient venus braver le froid persistant qui sévit ces derniers jours, histoire de se réchauffer un peu le corps et l’âme (« soul » en anglais, et pour cause) et du blues, il y a eu.Au sens propre, pour commencer. Accompagnée par son guitariste, Beth Hart entame son set par une version épurée jusqu’à l’os de « Delicious Surprise », une ballade californienne datant de 1999 que la plupart de ses nouveaux fans découvraient pour la première fois, transformant un titre somme toute assez banal en petite pépite soul. Une voix rauque et précise, pas la moindre fausse note, une énergie débordante renforcée par un plaisir évident d’être là, voilà les ingrédients qui composent le personnage.
Enchaînant avec quelques titres du dernier chef d’œuvre cité plus haut, alternant piano et guitare, Beth Hart se promène avec aisance entre Tom Waits (« Chocolate Jesus ») et Etta James (« Something’s Got A Hold On Me ») avant de revenir sur ses propres compositions, avec la très émouvante « Sister Heroïn », une chanson écrite en hommage à sa sœur disparue il y a quelques années pour des raisons malheureusement assez évidentes… Car Beth Hart est une survivante et si l’on peut trouver sa pop un peu trop légère parfois, les paroles sont là pour nous rappeler que derrière la sensation sucrée se cache une femme amère qui n’a pas été épargnée par la vie.
Maintenant, on aurait aimé profiter un peu plus de la soul furieuse de « Don’t Explain » (réédité ce jour avec quatre morceaux acoustiques en bonus) plutôt que d’écouter sagement une série de ballades qui, malgré des qualités évidentes, sont loin d’être à la source du succès de Beth Hart dans nos contrées… Mais ne faisons pas trop les difficiles. C’est devenu suffisamment rare de pouvoir applaudir une artiste aussi sincère, talentueuse et enthousiaste, gratuitement par dessus le marché, pour commencer à pinailler.
D’autant plus que la belle, qui vient de souffler ses quarante bougies, entame une seconde carrière, la première ayant été marquée par une série d’épreuves qui en aurait laissé plus d’une sur le carreau. Après une bonne heure de concert, une durée record pour ce genre d’événement, rien n’y paraît. Beth Hart respire le plaisir de jouer sa musique, une vraie générosité et l’envie de prouver au monde entier qu’il faut compter avec elle… Gageons qu’ils seront nombreux à avoir entendu le message.
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