Beady Eye - "Different Gear, Still Speeding"

Par Scred | le 16/02/2011 | Les autres articles sur le Rock

Oasis Light
S’il est un disque qui est attendu au tournant cette année, c’est bien celui-ci. Quand le principal compositeur (et encore je minimise) et co-chanteur d’un groupe comme Oasis se fait la valise avec ses futurs « Wonderwall » sous le bras, il n’y a pas besoin d’être un grand rock critic pour prédire un avenir bien sombre aux membres restants, surtout quand la figure de proue des rescapés s’appelle Liam Gallagher et a une fâcheuse tendance à la destruction systématique de sa musique, son image, ses chambres d’hôtels, ses petites amies, sa famille, sa télévision, ses chaussures, sa voiture…
Beady Eye - "Different Gear, Still Speeding" Non, c’était pas gagné. Au final, ce n’est pas non plus une réussite grandiose que cet album de Beady Eye (nom opportun qui permettra au groupe d’être classé juste avant les Beatles dans les bacs, comment ça on l’a pas fait exprès ?) mais on peut cependant pousser un petit soupir de soulagement car on est loin de la bérézina annoncée, très loin même.

Enfin débarrassé du talent indéniable et légèrement envahissant de son frère, Liam Gallagher s’est taillé un album à sa mesure, centré autour de sa voix qui, au grand désespoir du frangin cité plus haut, reste l’une des principales raisons du succès d’Oasis. Fini les miettes de Noël, Liam peut manger tout le gâteau et ne se prive pas. Et ça commence plutôt bien avec « Four Letter Word », un titre remuant évoquant tout autant le « Live and Let Die » de Paul McCartney que le « Rock n’ Roll Star » qui inaugurait un certain « Definitly Maybe », paru il y a (déjà ?) 17 ans…

Oui, j’ai bien dit Paul Mc Cartney. Ah ça alors, quelle surprise ! Les influences de Beady Eye sont en effet encore plus évidentes (si c’était possible) que celles d’Oasis. Le mec qui a écrit « Millionaire » a dû faire une overdose de « Revolver » et « The Roller » sonne tellement le Lennon période « Instant Karma » que les oreilles des ayants droits doivent sacrément siffler ! Mais voilà, quand on veut écrire de bonnes chansons, il vaut mieux s’inspirer des quatre petits gars de Liverpool que de certains collègues Mancuniens (je pense aux Take That en l’occurrence si vous ne mordez pas l’allusion).

Du coup, à quelques exceptions près (l’indigeste « Beatles and Stones » qui démontre admirablement que l’érotisme est bien plus stimulant que la pornographie, « For Anyone », non mais franchement, ou encore le banalissime « Standing on the edge of noise »), on se retrouve avec une collection de chansons fort honnêtes avec même quelques petits diamants bruts comme « Bring the Light », le single évident, « The Beat goes on » qui malgré son titre nous renvoie plus au « Feels Flows » des Beach Boys qu’à un quelconque extrait de la discographie des Fab Four ou encore le très convainquant « Three Rings Circus » sans oublier « Wigwam », une ballade parfaitement construite qui permet à Liam Gallagher de prouver qu’il est encore un très grand chanteur, une chose que l’on avait oubliée depuis « D’you know what I mean » (et encore je suis large).

En résumé, « Different Gear, Still Speeding » porte assez bien son titre et plaira sans aucun doute aux amateurs de pop anglaise bien foutue qui, de toutes façons, n’en attendaient pas tant. Reste à savoir si Noël Gallagher saura faire mieux car dans le derby de Manchester, il est clair que l’une des équipes vient de marquer un but. Wait and see lads…
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