Band-Aids Tribute

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

Reines de stars
Les tremplins sont au rock ce que le grainetier hollandais est au cultivateur d'intérieur français : une source de créativité, un vivier de nouvelles sensations dans l'anticipation d'un plaisir futur...
Band-Aids Tribute ... et paradoxalement, ils sont souvent désertés par les journalistes !!!

Faut les comprendre. C'est pas pour défendre les copains mais quand on voit le nombre d'excellents concerts programmés chaque soir dans notre belle capitale, c'est dur d'être partout ! Sans compter les disques à écouter qui s'empilent, la chronique de cette émission à la con qui sert plus à rien tellement elle est obsolète, les derniers épisodes de "24", bref, tout un paquet de raisons qui font que les gens qui causent aux autres de musiques sont rarement là au moment où elle éclot...

Mais voilà, il y a la band-aid.

Les mauvaises plumes l'appellent parfois "groupie" ou plus vaguement "fan" sur un ton de mépris qui omet toujours qu'elle ou il va forcément lire ces lignes parlant de son artiste fétiche... Ce qui importe assez peu en fin de compte puisque la band-aid s'en fout.

La band-aid s'épanouit backstage, dans la loge de la salle de concert comme dans la loge de la vie du musicien... Elle inspire une chanson comme elle va chercher de quoi manger une fois le concert terminé. Elle amène toujours des copines qui sont tout sauf décoratives car elles irradient la pièce et font oublier aux zicos écroulés sur les sofas hors d'âge qu'ils ne sont encore qu'une poussière sous les grolles de Kurt Cobain...

La band-aid pourrait n'être qu'une muse mais ce serait bien mal la connaître car elle dispose d'un sens pratique dont ses légendaires ainées étaient dépourvues, elle appelle toujours un journaliste.

Chose que j'ai passé sous silence allègrement en m'installant avec ma Kro chaude dans les loges de "l'ancien studio d'enregistrement de Luc Besson et Eric Serra" à côté de ce petit gars dont le visage s'illumine à l'évocation du père Cobain cité plus haut ! C'est effarant l'empreinte qu'aura laissée ce mec... Le nombre de vocations... Le petit gars joue dans un groupe pop-punk qui doit passer sur scène un quart d'heure plus tard, son bassiste est bourré, le chanteur flippe léger, et lui me parle de "Kurt" et de son rapport au public.

Le public qui l'attend est clairsemé et en cela il va pouvoir expérimenter les premières sensations du petit prince de Seattle tant tellement la foule ne se précipitait pas pour applaudir Nirvana à leurs débuts... Le tremplin de ce soir se joue à main levée et selon l'organisateur il n'y a même pas assez de monde pour valider une qualification pour le tour suivant.Le groupe que ma band-aid soutient apprend ça cinq minutes avant de monter sur scène. Ambiance. Heureusement, pas prise au dépourvu ne seconde, la miss allume une clope (prenant un gros risque vis à vis de la loi républicaine c'est pourquoi elle restera anonyme) et change de sujet en délirant sur le prix du matériel vidéo digne d'un musée qui nous entoure ! On passe à autre chose, à savoir le set... On est venu pour ça nan?

Les brumes de Seattle refont surface lorsque Ko Koon entame son concert de 40 minutes-pas-plus... Yann, le guitariste, évoque immédiatement un autre guitariste noir gaucher de surcroit, dans la rage du riff jusqu'au sourire réjoui !!! Gaucher contrarié qui joue sur une guitare de droitier sans changer les cordes de place, avec les graves en bas... en BAS !!! C'est tout simplement génial à voir et impossible à suivre. J'aimerais pouvoir en dire autant de sa voix, encore faut-il pour cela entendre quelque chose !!! La batterie n'étant pas avare de crashes divers et répétés et le son naze à moins d'un mètre cinquante du sol, on n'a pas vraiment pu se faire une idée... Mais c'est la magie du tremplin.

On sent bien que le mec est en train de sortir un truc et il faut bien commencer quelque part... Ko Koon est composé de trois membres comme l'Experience et chacun va trouver de mieux en mieux sa place au fil du temps... Cette place qu'ils occupent sur scène étant d'ailleurs, consciemment ou pas, la même qu'occupaient Jimi Hendrix et ses musiciens les uns par rapport aux autres. Marrant hmmm?

Mais arrêtons les analogies deux secondes car le deuxième morceau commence et on change complètement d'univers !!!

Autre grand intérêt d'un "work in progress", c'est que la variété des influences peut encore s'exprimer assez librement et là on plonge avec délice tantôt dans un folk électrique nerveux, tantôt dans une soul ronflante et tout ça en français m'sieur dames !!! Avec un petit clin d'oeil à Kool Shen de nulle part en cerise sur le gâteau, on se dit qu'on a bien fait de braver le froid du boulversement climatique pour venir !!!

La lumière se rallume, les mains se lèvent. En jeu un concert au Trabendo et 10 jours d'enregistrement en studio... Un petit bonheur pour un groupe qui débute à n'en pas douter ! Mais pas forcément un cadeau.On ne saura pas le résultat ce soir mais le groupe ne semble pas se bercer d'illusions !!! Va savoir... A quoi ça sert un concert au Trabendo? Est-ce que dix concerts dans des salles plus modestes ça vous forge pas mieux un public? Un groupe? Une musique?Et après seulement, les autres viendront leur baiser les pieds pour les faire enregistrer chez eux ! Bah oui, c'est toujours comme ça que ça se passe normalement ou je me goure?

Yann y pense pas encore trop à l'album en prenant le verre de champagne que sa copine lui tend avec un sourire communicatif et confiant... "Il y avait au moins cinquante personnes à la fin non?"C'est un boulot à plein temps band-aid... Merci à elles !
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